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Full text of "Manuel de l'amateur d'estampes"

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MANUEL 



DE 



L'AMATEUR D'ESTAMPES 



TOME I 

DEUXIEME PARTIE 



IMPRIMERIE D. DUMOULIN ET G^* 

rue des Grands-AuffusiioB, 5, à Paris, 



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MANUEL 



DE 



L'AMATEUR D'ESTAMPES 



PAB 



M. EUGÈNE DUTUIT 



ODVRAGE CONTENANT 

1* Ud aperça sur les plus anciennes gravures et sur les estampes en manière criblée, 
Un Essai sur les livres xylographiquos, et un Catalogue des Nielles ou gravures d'orfèvres, 
Une Etude sur les Cartes à jouer, les Livres à figures du quinzième siècle, les Danses des morts, les Livres d'heures, etc< 

2« Les Écoles italienne, allemande, flamande et hollandaise, française et anglaise. 

ET ENRICHI 

OB PAC-8IMILK8 DBS B8TAMPBS LB8 PLUS RARK8 BBPRODDITBS PAR L^HBLIGORAVURB. 

Pnblloatlon oontinnée sons les auspices de H. Auguste Dutult. 



INTRODUCTION GÉNÉRALE 

DEUXlèHE PARTIE 

NIELLES 



PARIS 
A. LÉYY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

ADR LAF&TBTTB, 13, PRftS L'OPÉRA 



LONDRES 
DULAU ET C>S LIBRAIRES 



sono SQ. w. 



1888 

Tous droits réservés. 






HARVARD 

UNiVfcRSITY 

LIBRARY 



L 



M. EUGÈNE DUTUIT 



Deux ans vont bientôt s'écouler depuis le décès de celui que 
les iconophiles de l'avenir désigneront sous le nom de l'au- 
teur du Manuel de Vamateur d'estampes. Devant sa dépouille 
mortelle, deux hommes autorisés, M. Gaston Le Breton, direc- 
teur du Musée céramique de Rouen, parlant au nom de l'Aca- 
démie de la capitale normande et de la Société libre d'Emulation, 
et M. H. Vermont, président de la Société de bienfaisance 
l'Emulation chrétienne, ont fait valoir ses titres à la reconnais- 
sance de ses concitoyens et au souvenir de la postérité. Ils ont 
retracé avec éloquence la vie du défunt si bien remplie, partagée 
entre le culte du beau et l'habitude du bien; ils ont fait connaître 
ses nobles passions, la droiture et la fermeté de son caractère ; 
ils ont proclamé l'étendue de son dévouement à la chose pu- 
blique, et son indifférence complète pour des satisfactions 
d'amour-propre vulgaire ; ils ont parlé de ses admirables collec- 
tions et de ses excellents travaux dans le domaine de l'icono- 
graphie. 

La publication, depuis cette date douloureuse, de ce premier 
volume de la suite de son Manuel de Vamateur d'estampes^ 
nous impose le devoir de faire revivre une fois de plus cette 
personnalité aussi grande par ses aspirations et par ses œuvres 
que modeste par son existence, et d'assurer ainsi une transmis- 
sion plus certaine des beaux éloges décernés à un des plus 
célèbres collectionneurs français* 

M. Eugène Dutuit était issu d'une vieille famille normande, 
dont on possède des sceaux et des actes remontant au quinzième 



NIELLES. 



Il M. EUGÈiNE DUTUIT 

siècle. On Ta cru Roucnnais de naissartce, mais il a vu le jour 
à Marseille, le 7 avril 1807. 

Doué d'un esprit vif et formé par une solide éducation 
classique, comme la recevaient les hommes de sa génération 
(il fit son droit et appartint nominalement au barreau de Rouen), 
il était, par ses goûts et par sa position sociale, désigné à jouer 
un rôle important dans la reprise des traditions glorieuses d'une 
longue série d'amateurs français, interrompue par la tourmente 
révolutionnaire. Jeune homme, il collectionnait déjà des livres, 
non pas en érudit, mais en dilettante de tous les arts, ce qu'il fut 
toute sa vie. La bibliophilie ainsi comprise l'amena tout naturel- 
lement à aimer les estampes, et lorsqu'il fut rentré en posses- 
sion de son riche patrimoine, sa passion de collectionner s'étendit 
successivement à toutes les manifestations de l'art. Il fut effi- 
cacement secondé par son frère cadet, M. Auguste Dutuit, peintre 
d'histoire, élève de T. Couture. A eux deux, ils se parta- 
gèrent le domaine des préciosités de tous les âges. Tandis 
que celui-ci, l'hôte assidu de la Ville éternelle, si pleine des 
souvenirs de l'antiquité, porta ses goûts d'amateur éclairé sur le 
terrain classique, et s'attacha de préférence à former une collec- 
tion de produits artistiques des Grecs, des Etrusques et des 
Romains : en orfèvrerie, en travaux de bronze, en terres cuites, 
en vases peints, en monuments de verre, en monnaies et mé- 
dailles, etc., ce qui ne l'empêcha nullement de fixer dans la 
suite son attention sur les objets analogues du Moyen Age et de la 
Renaissance ; le frère aîné prit le reste pour son lot. De ces efforts 
communs naquit un musée incomparable, où toutes les branches 
des beaux-arts et des arts décoratifs sont représentées de la 
manière la plus brillante. S'attachant non pas à la quantité, mais 
à la qualité et à l'intérêt réel des objets, MM. Dutuit n'en 
admirent que d'un choix irréprochable et ayant une place dé- 
terminé dans l'ensemble. Toutes les ventes célèbres y appor- 
tèrent un tribut plus ou moins large, et il n'y eut jamais de 



M. EUGENE DUTUIT m 

concurrents plus redoutables qu'eux dès que l'un ou Tautre eut 
jeté son dévolu sur un article. 

La bibliothèque formée par M. Eugène Dutuit est en elle- 
même une histoire séduisante du livre et de la reliure. Tout 
s'y trouve en abondance : manuscrits à miniatures, monuments 
de la typographie, tous les beaux livres à figures, et surtout les 
chefs-d'œuvre de la gravure sur bois française et allemande aux 
quinzième et seizième siècles; enfin nombre de curiosités histo- 
riques et littéraires. Ces livres, il les voulait en condition parfaite, 
et il les eut souvent en condition exceptionnelle. Il s'attachait sur- 
tout à les avoir avec leur reliure primitive, estimant que rien ne 
saurait remplacer cette robe de baptême, qu'elle fût riche ou pauvre- 
Son éclectisme judicieux ne l'entraîna jamais à se laisser départir 
des principes sévères de la haute bibliophilie, et à glisser sur la 
pente des engouements irréfléchis et éphémères. 11 ne fallait point 
songer à le faire dévier des règles de l'esthétique, et toutes 
les trompettes d'airain des idolâtres sincères ou fantaisistes ne 
surent à aucun moment entamer son jugement solide sur le beau 
et le laid. Aussi sa collection de livres rayonne-t-elle d'un éclat 
durable; elle a le caractère de grandeur des choses immor- 
telles. 

Un des promoteurs des expositions rétrospectives, il y ap- 
porta toujours un large concours. Il n'y cherchait nullement une 
satisfaction de vanité; son mobile était d'un ordre élevé : il 
voulait être utile et contribuera l'éducation artistique des masses. 
En 1865, on admira à l'Exposition de l'Union centrale des 
beaux-arts appliqués à l'industrie un certain nombre des plus 
beaux articles de sa collection d'objets d'art : des triptyques 
émaillés du moyen âge allemand, des émaux de L. Pénicaud, 
des faïences de Pierre Raymond, de ravissants échantillons de 
la céramique italienne, de précieux morceaux d'orfèvrerie, etc. 
MM. Ch. Blanc, Jacquemart, Paul Mantz et Darcel en ont lon- 
guement parle dans leurs articles de la Gazette des Beaux^Arts^ 



» 



t 



IV M. EUGÈNE DUTUIT 

OÙ quelques-uns de ses objets ont été reproduits *. A l'Expo- 
sition rétrospective de 1866, M. E. Dutuit envoya trois beaux 
tableaux de l'Ecole hollandaise : un Ruysdaël, un Hobbema, un 
J. Both. A l'Exposition universelle de 1867, il prêta des émaux 
du moyen âge, des bronzes de la Renaissance, quelques merveilles 
de la céramique, etc^ A l'Exposition du Havre de l'année sui- 
vante il fit connaître des objets nouveaux en orfèvrerie, en émaux, 
en céramique orientale, en meubles, et un tableau de J. Weenix, 
C'est en 1869 qu'il organisa, en faveur de l'Union centrale des 
beaux-arts appliqués à l'industrie, la première exposition de 
gravures que l'on vit en France, et cela exclusivement avec les 
estampes de sa merveilleuse collection. Le public qui n'a pas la 
coutume de fréquenter les cabinets des estampes put ainsi admirer 
pour la première fois un choix de près de cinq cents pièces, des 
plus belles, empruntées à toutes les écoles de gravure depuis 
l'origine de cet art. Il s'y trouvait déjà neuf nielles des plus rares. 
M. E. Dutuit joignit à cette exposition soixante-huit volumes 
de sa bibliothèque, remarquables surtout par la beauté de leurs 
reliures, dans le but a d'offrir des modèles aux artistes qui, de 
îios jours, ont porté au plus haut degré un art dans lequel la 
France n'a pas de rivaux » . On y vit alors nombre d'élégantes 
reliures aux armes et aux chiffres des rois de France, dix mer- 
veilles de décoration provenant de la célèbre bibliothèque de 
Grolier, trois superbes volumes de celle de Maioli, deux de celle 
de Canevarius, huit aux armes du grand bibliophile J. -A. deThou, 
enfin une série de belles reliures françaises anonymes du seizième 
siècle, et une autre des deux siècles suivants, exécutées par des 
artistes tels que Le Gascon, du Seuil, Padeloup et Derome. Ces en- 
veloppes séduisantes recouvrent généralement des livres précieux 
par eux-mêmes; il s'y est trouvé de cette façon deux Temar- 



1. Voyez t. XIX (1865), pp. 202, 471 et 525, ei passim, et aussi le l. XX. 

2. Voir les articles de M. Darcel dans la Gazette des Beaux-Arts, t. XXIII (1867), et t. XXI V 
(1868). 



M. EUGÈNE DUTUIT v 

quables spécimens des manuscrits de cette collection : un ///r- 
viaire du quinzième siècle, enrichi de miniatures d'une 
grande beauté, et revêtu d'une reliure à mosaïque de Pade- 
loup; puis la première rédaction du poème d^AdoniSy par La 
Fontaine, volume écrit et enluminé par le célèbre Jarry (1658), 
orné d'un beau dessin deFr. Chauveau, et relié par Le Gascon, avec 
des ravissants compartiments à petits fers au pointillé, l'exem- 
plaire même exécuté pour le ministre Fouquet, avec une dédicace, 
ses armes, ainsi que les initiales G D M D G, que les possesseurs 
de ce volume n'ont pas su déchiffrer, et qui s'appliquent à la 
secondé femme de Fouquet, à Marie-Madeleine de Gastille. Ge 
manuscrit, par son élégance et sa richesse, se place immédiate- 
ment après la célèbre Guirlande de Julie, œuvre du même calli- 
graphe» 

M. E. Dutuit y offrit encore aux yeux ravis des visiteurs 
d'admirables vases grecs et des statuettes en terre cuite, des 
porcelaines de Ghine et du Japon, des laques, des jades, et aussi 
quelques faïences de Perse. Il eut l'heureuse idée de vouloir 
perpétuer la mémoire de sa belle exposition, et il en publia 
un catalogue illustré*. L'une et l'autre témoignent que les 
estampes avait pris la première place dans ses préoccupations, 
et il avoue lui-même que son exposition était déterminée avant 
tout par le désir de contribuer à activer les progrès de la 
gravure en France. D'ailleurs, déjà en 1846, lors de son 
entrée à l'Académie de Rouen, son discours avait été un Essai 
sur les graveurs de VEcole française^ où il s'attacha à faire 
ressortir l'impulsion incessante que l'art de la calligraphie a 
donnée aux sciences, aux lettres et aux arts. G'étaient les pré- 
ludes de ses futurs travaux iconographiques. 

A l'Exposition universelle de 1878, tandis que M. Eugène Dutuit 
montra une fois encore un riche choix de ses vieilles reliures d'art, 

1. Souvenir de fexposition de M, Dutuit (extrait de se^ collection), Paris, 4869, iQ4, de 
107 pages, avea 34 planches. 



VI M. EUGÈNE DUTUIT 

M. Auguste Dutuit fit connaître d'une façon plus large sa magistrale 
collection d'antiquités, dont les merveilles firent sensation parmi 
les visiteurs du palais du Trocadéro, car il s'y trouvait, à l'opinion 
d'un juge compétent, M. Fr. Lenormaut, a des monuments du 
premier ordre qui pourraient prendre place dans les galeries les 
plus célèbres et dans les musées des plus grands Etats ». Leur 
heureux possesseur voulut, à son tour, rendre durable le sou- 
venir de cette exposition dans le but d'être utile à la science 
et aux artistes, et il en publia un beau catalogue raisonné, 
rédigé par MM. Fr. Lenormant, Feuardent et Eugène Dutuit, et 
orné de trente-six planches reproduisant les objets les plus im- 
portants*. Cette exposition extraordinaire comprenait cinq cent 
quatre-vingt-douze pièces. A côté des antiques proprement dits, 
s'étalait une riche série de médailles grecques (106 pièces), de 
médailles romaines et byzantines (214 pièces), des monnaies 
royales de France, des médailles artistiques françaises et ita- 
liennes du quinzième au dix-septième siècle; puis des terres 
émaillées de Luca délia Robbia, des terres cuites de Jean Bo- 
logne, des faïences italiennes et persanes, des émaux de Limoges, 
des verres de Venise, des pièces d'orfèvrerie et des bijoux du 
seizième siècle, des bronzes d'art du seizième et du dix-sep- 
tième siècle, enfin plusieurs brillants échantillons de l'argenterie 
des règnes de Louis XV et de Louis XVL 

En 1881, M. E. Dutuit s'empressa d'ouvrir ses cartons en 
faveur d'une exposition d'estampes au Cercle de la librairie, 
organisée par M. Georges Duplessis, dans le but d'offrir au public 
pour la seconde fois une histoire vivante de la gravure. Lui et 
M. le baron Edmond de Rothschild fournirent tous les éléments 
de cette exposition d'un éclat particulier, avec un léger appoint 
de la part de M. L. Galichon et de MM. Danlos et Delisle-, 



1. Collection Auguste Dutuit, Antiquités, médailles et monnaies. Objets divers. Exposés au 
Palais du Tt'ocadéro en 187S; Paris, A. Lévy, éditeur, 1879, iii-4, de 191 pages et plancheB. 

2. Catalogue de VEocposition des gravures anciennes et modernes, 4 juillet I88i; Paris, Cer- 



M. EUGÈNE DUTUIT vii 

On ne s'adressait jamais en vain à MM. Dutuit en vue des 
expositions rétrospectives, et celles de l'Union des Arts décoratifs 
leur furent redevables de l'accroissement de leur intérêt. C'est 
ainsi que M. Auguste Dutuit avait largement participé à celle de 
1880, consacrée aux objets d'art en métal *, et que M. Eugène 
Dutuit apporta un précieux concours à l'exposition suivante (1882), 
où l'on vit pour la dernière fois nombre de ses plus beaux livres 
à figures, de ses reliures artistiques et un choix remarquable de 
ses précieuses estampes, y compris la célèbre eau-forte de Rem- 
brandt, dite la Pièce aux cent florins^ en épreuve du premier 
état 2. 

Si le public eut à contempler maintes fois les principaux 
trésors de ce musée célèbre dans le monde entier, il ne put se 
faire qu'une idée incomplète de son ensemble imposant. C'est 
pourquoi M. Eugène Dutuit, à l'exemple de son frère, se proposait 
de publier des catalogues raisonnes et illustrés de ses livres, de 
ses dessins, de ses tableaux, de ses meubles d'art, etc., toujours 
dans le but d'instruire et de contribuer à fortifier l'amour des 
belles choses. Le catalogue de sa superbe collection de gravures 
devait nécessairement être englobé dans les différentes parties 
de son Manuel de l'amateur d'estampes. Ce qu'on connaît en- 
core le moins, c'est sa galerie de tableaux. On en a vu à peine 
quatre ou cinq aux différentes expositions, tandis que le nombre 
total en est de soixante-sept. La très grande majorité de ces tableaux 

r 

appartient à l'Ecole hollandaise, dont les maîtres peintres ou 
graveurs occupaient une place privilégiée dans les affections 



cle de la Librairie, 1881, in-4. ^ Ce catalogue a été rédigé par M. G. Duplessis^ qui l'a fait précé- 
der d'un Coup d'œil sur Vhistoire de la gravure (32 pages). 

1. Germain Bapst, Le Musée rétroftpectif du métal (extrait de la Revue des Arts décoratifs); 
Paris, 1881, in-8, planches. — J.-B. Giraud, Les Arts du métal, recueil descriptif et raisonné des 
principaux objets d*art ayant figuré à la sixième exposition de V Union centrale des beaux-arts 
appliqués à l'industrie; Paris, Quentin, 1881, in-fol., planches. 

2. Consulter les chapitres : Imprimerie et Reliure^ par M. Germain Bapst, et Gravure, par 
M. Georges Duplessis, dans l'ouvrage illustré : Les Arts du bois, des tissus et du papier, à la septième 
exposition de l'Union centrale des Arts décoratifs ] Paris, Quantin, 1883, gr. ia-4. 



vin M. EUGÈNE DUTUIT 

de M. E. Dutuit. On y trouve six Teniers, trois A. van Ostade, 
deux J. Steen, deux Hobbema, trois A. Van de Velde, deux Metzu, 
deux Wouverman, deux Ruysdaël, un Karel Dujardin, un Guyp, 
un Terburg, un J. Both, un Weenix père, un Weenix fils, 
deux Van der Meulen, deux Moucheron, etc., et par-dessus tout 
un portrait de Rembrandt, en pied, peint par lui-même, signé 
et daté de 1631, acheté au prix de 15,190 francs à la vente Schamp 
d'Aveschoot, à Gand (1840), par M. Auguste Dutuit; portrait 
demeuré inconnu aux historiens modernes du grand artiste, et 
appartenant à sa première manière, pendant qu'il résidait en- 
core à Leyde. L'Ecole française est représentée par un Poussin, 
un Séb. Bourdon, un superbe Claude Lorrain, de la galerie Bar- 
berini-Sciarra; un Pater, deux Robert Hubert et un Géricault. 

Nous avons dit que c'est l'iconophile qui dominait chez 
M. Eugène Dutuit. Il avait compris que la gravure est le plus 
intime de tous les arts, et aussi celui dont la jouissance est la plus 
accessible à tout le monde, d'où provient sa haute portée sociale; 
et il eut encore à constater que c'était alors le moins étudié dans 
son passé, malgré d'importants jalons qui avaient été plantés sur 
ce terrain. Aussi formait-il sa collection d'estampes moins pour 
satisfaire à ses goûts personnels, que dans un but d'utilité géné- 
rale, comme il l'a prouvé plus tard. La devise de Grolier, qui ne 
s'étendait pas au delà du cercle de ses amis, ne lui suffisait pas. 
C'est mû par un sentiment élevé qu'il avait fait don, en 1845, à la 
bibliothèque publique de la ville de Rouen, sa résidence habituelle, 
d'une remarquable collection de gravures offrant l'histoire de cet 
art jusqu'à nos jours. M. André Pottier, bibliothécaire, fit con- 
naître cette généreuse initiative en ces termes : « Tout ce qu'il est 
permis de dire, sans violer de délicates convenances, c'est que 
jamais avec les ressources ordinaires que la libéralité de l'adminis- 
tration municipale met à sa disposition, la bibliothèque publique 
n'aurait pu prétendre à réaliser d'emblée et d'un seul coup une 
aussi splendide acquisition. » 



M. EUGÈNE DUTUIT ix. 

Dès que sa propre collection fut devenue d'une importance capi- 
tale, il conçut ridée du grand ouvrage qui suffirait pour trans- 
mettre son nom à la postérité. Ce que Brunet avait fait pour les 
livres, il voulut le faire pour les estampes, c'est-à-dire fondre 
ensemble, en les complétant et en les coordonnant mieux, toutes 
les connaissances acquises en matière de haute iconophilie. 
L'entreprise était colossale, mais nullement au-dessus de son 
ardeur et de son activité, qui s'étendaient à bien d'autres choses 
encore. Tout d'abord il fit l'esquisse de l'ouvrage entier, se 
réservant d'en parachever successivement les différentes par- 
ties. Il commença l'impression de son Manuel de l'Amateur 
d'estampes par les Ecoles Hollandaise et Flamande, auxquelles il 
s'intéressait le plus et qui étaient le mieux représentées dans sa 
collection. Ce nouveau guide à l'usage des iconophiles fut accueilli 
avec une faveur marquée. 

Cependant M. Eugène Dutuit dut à un moment ralentir la marche 
de sa publication. L'éditeur qui en était chargé, M. A. Lévy, le 
pressa vivement de développer son catalogue de l'œuvre gravé de 
Rembrandt, et d'en faire l'objet d'un ouvrage à part, accompagné 
de la reproduction de toutes les estampes du maître. Le projet 
était hardi, audacieux même. En effet, il venait de paraître un 
ouvrage semblable, avec le texte de M. Charles Blanc, regardé 
jusqu'alors comme l'historiographe officiel du grand chef des aqua- 
fortistes. M. Eugène Dutuit, l'homme modeste par excellence, ne 
voulait point entrer en concurrence avec ie brillant académicien. 
Pourtant, à vrai dire, l'ouvrage de ce dernier n'est qu'un livre de 
salon, où l'auteur avait cherché de séduire les gens du monde par 
la description des pièces dans un style imagé, éblouissant, à effets 
calculés, dont il avait le secret, mais où l'iconophile était loin de 
trouver pleine satisfaction. A la longue, M. Dutuit reconnut 
qu'il était utile, nécessaire même, de reprendre ce sujet à un point 
de vue tout autre, et de faire un livre à l'usage des véritables rem- 
brandtophiles, qui nesesoucient guère des belles phrases, et pré- 



X M. EUGÈNE DUTUIT ^ 

fèrent une étude iconographique bien fouillée et aussi complète 
que possible. L'accueil fait à son Œiwre complet de Rembrandt 
(1883-1885, 3 vol. gr. in -4) a prouvé qu'il avait raison, et la supério- 
rité de son illustration héliographique, jointe au caractère sérieux 
du texte, assure à cette publication magistrale une valeur dura- 
ble. Dans le pays de Rembrandt même, où l'on a le droit de se 
montrer susceptible à cet égard, elle a obtenu une médaille d'or à 
l'exposition d'Amsterdam. EnFrance, à défaut d'un grand concours 
international, elle a valu à son éditeur le diplôme d'honneur à l'ex- 
position de Bordeaux. 

Dans l'espace de six années, M. Eugène Dutuit fit ainsi paraître 
sept gros volumes, représentant un labeur immense et offrant un 
ensemble qui fait honneur au pays, car dans le passé les ouvrages 
iconographiques les plus indispensables étaient dus à des étran- 
gers. Néanmoins, le monde officiel auquel incombe la mission de 
reconnaître les services rendus ne parut pas s'en douter, et ne 
sut servir d'interprète à la reconnaissance d'un grand nombre 
pour toute une existence vouée à Tutilité publique. 

Le défunt, en effet, ne fut pas seulement un amateur illustre et 
un iconographe laborieux. Pendant plus de trente années, il avait 
joué un rôle bienfaisant dans la vie municipale de la ville de Rouen, 
en qualité d'adjoint, de conseiller d'arrondissement, de secré- 
taire du conseil municipal *. Il avait mis au service des intérêts de 
la vieille cité, selon les paroles de M. Vermont, «une intelligence 
éclairée et pleine de vivacité, des connaissances non moins variées 
qu'étendues, une droiture que toute injustice irritait et qu aucune 
pression ne put jamais influencer, une puissance de travail et une 
fermeté de caractère que ni les années ni les maladies ne purent 
jamais abattre d. 

Admirateur respectueux des vieux monuments du passé, der- 

i. Élu membre du CooBeil municipal de Rouen le 18 juillet 1843; nommé adjoint au maire par 
ordonnance royale du 19 septembre Buivant; réélu successivemeat membre du Conseil ju8qu*à la guerre 
de 1870, et renommé adjoint à plusieurs reprises. 



M. EUGÈNE DUTUIT xi 

niers témoins de la vie sociale d'autrefois, et qui faisaient la gloire 
de la capitale normande, <( le plus beau fleuron archéologique de 
notre vieille France», comme dit M. Le Breton, il contribua plus 
que tout autre à en arracher quelques-uns aux Vandales contem- 
porains, notamment la Grosse-Horloge, et à en préserver d'autres 
delà ruine, par des sacrifices personnels. 

Ce fut aussi un philanthrope. En 1847, il fonda à Rouen, avec le 
concours de cinq autres hommes de bien, l'Œuvre des Crèches; 
plus tard, il assura le développement et la prospérité de la Société 
des secours mutuels VEmulation chrétienne^ à laquelle il ne fut 
pas moins utile par ses conseils que par ses dons, ce Je ne puis, 
sans indiscrétion, a dit M. Vermont, indiquer les secours indivi- 
duels que souvent il fit distribuer par des mains discrètes et sans 
même vouloir que son nom fût connu, et mon énumération serait 
fastidieuse s'il fallait rappeler tous les vitraux dont il a doté nos 
églises et toutes les souscriptions qu'il donnait chaque année aux 
œuvres charitables et philanthropiques. Pénétré de la supériorité 
de l'assistance préventive sur l'assistance publique, à une époque 
où cette vérité était à peine soupçonnée en France, il a depuis 
quarante ans contribué puissamment à créer ou à développer dans 
notre ville les institutions les plus utiles aux ouvriers prévoyants 
et laborieux. » 

Mais, comme tout change ici-bas, quelques indices lui avaient 
fait croire qu'il pouvait bien ne plus être au diapason des exi- 
gences nouvelles, et devenir importun. Pénétré de cette idée, il 
crut qu'il valait mieux choisir une retraite honorable que de la 
subir d'une façon plus fâcheuse. Il renonça donc à ses fonctions 
municipales, et il se consola «des injustes rigueurs de la politique » 
en se vouant entièrement à ses propres travaux. 

Malheureusement il avait commencé son Manuel de t Amateur 
(V estampes à un âge où il ne lui était plus permis d'espérer voir 
la fin d une publication aussi étendue. 11 éprouva une grande 
joie d'avoir pu au moins en achever la partie qui lui tenait le plus 



xit M. KUGÈNE DUTUIT 

au cœur, et aussi d'avoir démontré Tabsence des titres en faveur 
de Maso Finiguerra à la paternité de la Paix du Couronnement de 
la Vierge * . 

Il laissa à l'état d'ébauche son travail sur les nielles, ainsi que la 
partie suivante, consacrée également aux prolégomènes de ses 
Ecoles des graveurs; mais M. Auguste Dutuit, obéissant à un 
pieux devoir, ne voulut point que l'œuvre de son frère fût morte 
avec lui, et il me fit l'honneur, en raison de ma collaboration aux 
travaux du défunt, de me confier l'achèvement des volumes 
commencés. 

Terrassé par une longue maladie, M. Eugène Dutuit s'éteignit à 
Rouen le 25 juin 1886. Son corps repose au cimetière du Père- 
Lachaise, à Paris, et l'on pourrait graver sur son tombeau: Ci-gît 
un homme de bien! 

S'il s'est toujours inquiété de laisser un souvenir durable de son 
passage sur cette terre, il n'eut jamais l'idée, par pure modestie, 
de faire faire son portrait d'une manière quelconque. C'est donc 
seulement grâce au hasard, à un rapide croquis pris par M. Vidal 
de la physionomie du défunt, et à son insu, pendant une séance 
au Cabinet des estampes, que nous pouvons faire connaître les 
traits de celui qui laisse un exemple éclatant d'un noble emploi 
d'une grande fortune et d une longue existence. 

GUSTAVE PAWLOWSKI. 

Paris, le 15 juin i888. 



1. A?ant la publicatioo du volume oii cette question est traitée longuement, il avait fait msérer 
ce chapitre dans le journal VAri (1884). 



INTRODUCTION 



I. — HISTOIRE DU NIELLE AU MOYEN AGE 

Qu'est-ce qu'un nielle? Si ce mot, dans sa forme actuelle, 
est relativement nouveau en France, la chose est bien ancienne, 
puisqu'elle remonte tout ar. moins aux premiers siècles du 
moyen âge. On désignait alors, sous le nom latin de nigeU 
lum^ un émail noir (niger)^ composé d'argent, de cuivre, de 
plomb et de soufre noir, qu'on introduisait dans des creux 
gravés sur des métaux, dans un but décoratif. L'origine de 
cette invention est inconnue, mais elle dérive nécessairement de 
l'emploi des émaux, qui déjà dans l'antiquité étaient en usage. De 
par la loi des oppositions des couleurs, un émail noir était tout 
indiqué pour faire ressortir le mieux l'éclat de l'or, et surtout pour 
rehausser la pâleur de l'argent. Cet émail tantôt figurait lui-même 
différents dessins, tantôt, et le plus souvent, il servait de fond, 
de repoussoir et d'ombres à des sujets gravés. Les objets ainsi 
émaillés étaient désignés en latin à l'aide des adjectifs nouveaux 
nigellatus ou niellatus. Tous ces mots eurent en vieux français 
leurs correspondants : riéeli noel^ noiely ncelé^ noelé, noilet y 
neelure, dont l'emploi disparut presque complètement dès le 
quinzième siècle. A l'époque de la renaissance des arts, les 
orfèvres italiens ont formé, du latin nigellum^ par voie de con- 
traction, le mot niello^ qui a été francisé au commencement de 
ce siècle, et dont l'acception a été étendue de la matière à l'objet 
émaillé lui-même et à ses dérivés- 

Le plus ancien document que nous ayons sur les travaux niellés 
nous est fourni par Helgaud, moine de l'abbaye de Saint-Benoît- 



XIV INTRODUCTION 

sur-Loire, mort en 1048. Dans son ouvrage consacré au roi Robert, 
il rapporte que Léodebode, abbé de Saint-Aignan d'Orléans, sous 
Clotaire II, au septième siècle, légua à ce monastère ce deux petites 
coupes dorées de Marseille qui ont des croix niellées au milieu * » . 
Lessing, le premier des écrivains modernes qui aient parlé des 
nielles, ne veut voir dans cette expression qu'un terme de blason : 
croix nillees ou ancrées , oubliant que les signes héraldiques 
n'existaient pas encore à l'époque mérovingienne. Le fait que ces 
coupes niellées venaient de Marseille semble prouver que l'art de 
nieller y avait été importé de Byzance, qui, à une époque bien 
postérieure, le transmit aussi à d'autres pays. Nous voyons, en 
efi'et, qu'en 811, Nicéphore, le patriarche de Constantinoplc, 
envoya au pape Léon III une croix pectorale d'or dont un côté 
était décoré de cristal enchâssé, et dont l'autre èid\t niellé^. Plus 
tard, les portes de bronze de la basilique Saint-Paul hors les Murs 
à Rome, ornées de nielles assez grossiers, ont aussi été exécu- 
tées à Constantinoplc, en 1070. 

Nous apprenons dans la Vie de saint Odon, abbé de Cluny de 
1)27 à 942, que cet illustre prélat fit revêtir d'argent et décorer d'un 
beau travail de nielle les colonnes du sanctuaire de cette abbaye^. 

Le Trésor de Conques (Aveyron) possède un autel portatif en 
porphyre rouge, orné de plaques à figures en argent niellé et 
d'une inscription, également niellée sur deux bandes d'argent, qui 
nous fait connaître que cet autel a été exécuté en 1106 par ordre 
de Ponce, évêque de Barbastro en Aragon, et offert par lui à 
Régon, abbé de Conques. On estime que c'est un travail fran- 
cais4 

• 

• Les œuvres des trouvères du douzième et du treizième siècle 
témoignent que les travaux niellés étaient alors fort abondants 

1. « Scutellas II miaores inassilienses deauratas qua3 habent in mudio crnces niellaleis, » Ce 
passage a été relevé par Dticauge dans son Gloswiire, au mot Sieliatus, 

2. « Eucolpium aureum^ ciyus una faciee crystallum ioclusum, altéra puta niyello est. » Baroniuï', 
Annales^ année 811^ n» 58. 

S. « Ciijus columnas vestivit argento, cum ntgeilo pulcro opère decoratas. » 



INTRODUCTION XY 

en France, et que déjà à cette époque la niellure était appliquée 
à des objets d'orfèvrerie civile, tels que poignées d'épées, coupes, 
bagnes, etc. 

Voici quelques citations : 

n trait l'espée au poing d'or noilet. 

(Raoul de Cambrai.) 

D'or avait [la coupe] deseure un oisel 

A trifoïre et à néel. 

(Flore et Blan ch e fleur.) 

A grant mervelle [une coupe] fut bien faite 
Et moult soutiument por traite 
Par néelure menue. 

(Ibidem.) 

Li estrier valent un castel 
D'or fin sont ovrc à noiel, 

(Ibidem.) 

Toute est la tombe néelée. 
De l'or d'Arabe bien letrée. 

(Ibidem.) 

Fors qu'on le [la coupe] al damoisel 
N'a or, ne argent, ne noel. 

(Partonopeus de Blois.) 

Sor un faudestuef d'or à boutons noelé, 

(Chanson dAntioche.) 

Les travaux niellés ont aussi été en usage en Allemagne de très 
bonne heure. Au trésor de l'église du château de Quedlinbourg, 
on conserve un reliquaire de l'empereur Othon (93()-973), où, sur 
des plaques d'argent niellées, on voit le buste du Christ et ceux de 
dix-huit saints. Dans le trésor de l'église du château à Hanovre, se 
trouve une patène en argent niellé, représentant au milieu le 
Sauveur assis sur l'arc-en-ciel, les bras étendus, entouré des 
symboles des quatre évangélistes et des quati'e vertus cardinales. 
Cette patène est l'œuvre de saint Bernward, évèque de Hildesheini, 
mort eu I0'2*2, à qui on doit encore une seconde patène, un calice 



XVI INTRODUCTION 

d'argent doré et d'autres objets niellés, tort beaux, que possède le 
trésor de la cathédrale de Hildesheim* 

Cet art devait être très florissant à cette époque en Italie, puisque 
le moine Théophile, qui a vécu probablement au douzième siècle, 
en parle longuement dans son précieux traité : Dhersarum artiuni 
schedula, ouvrage technique où tous les procédés alors en usage 
sont minutieusement décrits. Voici comment il s'exprime dans le 
prologue de son ouvrage : « Saisis avec des regards avides cet 
Essai sur divers arts ; lis-le avec une mémoire fidèle ; embrasse-le 
avec un amour ardent. Si tu l'approfondis attentivement, tu trou- 
veras là tout ce que possède la Grèce sur les espèces et les mélanges 
des diverses couleurs; toute la science des Toscans dans les 
incrustations et dans la variété du nielle ; toutes les sortes d'orne- 
ments que l'Arabie emploie dans les ouvrages faits au moyen de la 
malléabilité, de la fusion ou de la ciselure ; tout l'art de la glorieuse 
Italie dans l'application de l'or et de l'argent à la décoration des 
différentes espèces de vases, ou au travail des pierreries ou de 
l'ivoire ; ce que la France recherche dans l'agencement des précieux 
vitraux ; les ouvrages délicats d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de 
bois et de pierre, qu'honore l'industrieuse Germanie*. » Cependant 
nous ne connaissons aucun travail italien niellé remontant sûre- 
ment au onzième ou au douzième siècle, bien qu'il en existe sans 
doute dans les vieux sanctuaires de ce pays. 

On a conservé un bon nombre de travaux niellés exécutés dans 
les divers pays de l'Occident à la fin du douzième ou au treizième 
siècle. Duchesne (n**" 421-424) a signalé, comme appartenant à la 
famille Buckingham, un manuscrit de l'évangile de saint Jean et 
du rituel de l'Irlande avant l'arrivée des Normands, dont la 
couverture en métal oflre quatre sujets niellés et des inscriptions 

1 . Cet ou^rag(i, d^à cité par quelques auteurs du seizième siècle^ n'a été mis en lumière que par 
Leesinp, dans sa Bisiçertation sur Forigine de ]a peinture à Thuile (1774). La publication de Toeuvre 
entière qu'il avait préparée ne fut faite qu'après sa mort, en 1781, par les soins de Ch. Leiste. EnGn, 

la meilleure édition de V Essai du moine Théophile a été donnée par le comte Charles de TEscalopier^ 

ayec une traduction française (Paris, 1843; in-4o)» 



INTRODUCTION xvii 

gravées en irlandais, œuvre dont l'exécution remonte peut-être 
même au onzième siècle. M. Germeau possédait un reliquaire orné 
de nielles représentant des scènes de la vie de saint Thomas de 
Cantorbéry , œuvre attribuée à la fin du douzième siècle, et offrant 
un caractère allemand croisé de byzantin*. 

A la vente de la collection d'objets d'art de Debruge-Duménil 
(1850) a figuré (n* 952) une plaque de cuivre gravée en intaille, 
niellée d'émail et dorée, ayant dû servir à Tornementation de la 
couverture d'un livre ou déporte à un reliquaire. Les compositions 
principales ont trait au sacrifice du Christ et à son triomphe par 
la mort. Autour d'elles sont rangés, au milieu de rinceaux élégants, 
seize personnages de l'Ancien Testament qui ont annoncé ou 
symbolisé par avance la venue du Christ et sa passion. L'encadre- 
ment de tous ces sujets se compose d'une large bande de 
feuillages, burinée en creux et niellée, aux angles de laquelle 
sont placés les symboles des évangélistes. Cette œuvre était attri- 
buée à la fin du douzième ou au commencement du treizième 
siècle. 

Dans le trésor de l'église du château de Quedlinbourg, est 
un reliquaire d'ivoire décoré d'une plaque niellée sur acier, et 
l'inscription porte que cet objet fut fait au temps de l'abbesse 
Agnès, morte en 1203. Deux reliquaires du trésor de l'église 
Saint-Géron à Cologne, exécutés dans le premier quart du 
treizième siècle par Arnold de Burne, prévôt de Saint-Géron, 
sont aussi ornés de nielles ^. 

C'est probablement des contrées rhénanes, si célèbres dans 
l'histoire de l'émaillerie, que l'art de la niellure avait pénétré 
en Belgique où il fut pratiqué d'une façon marquante. Parmi 
les niellcurs de ce pays, le plus éminent était le frère Hugo, 
moine augustin du prieuré d'Oignies, sur les bords de la Sambre- 

1. Sur ces deux œuvres et quelques autres niellei du moyen âge, on troaYera de plos amples dé- 
tails dans l'Appendice qui suit cette introduction. 

2. Ces reliquaires tic Cologne sont leproduits dans l'ouvrage de Fr, Bock, Vas heilige Kôln; 
Leipzig, 1858. 

NIELLES. 6 



xvMi INTRODUCTION 

Il vécut à la fin du douzième et dans le premier quart du trei- 
zième siècle, et plusieurs de ses remarquables travaux niellés 
sont gardés précieusement dans le trésor des Sœurs de Notre- 
Dame à Namur. On y remarque un petit gobelet -reliquaire, 
où les bandes niellées alternent avec des bandes dorées, ram- 
pant en spirale autour de l'objet. Un de ses chefs-d'œuvre 
est une couverture d'évangéliaire, dont un des ais contient, 
dans la bordure, six plaques niellées, dont quatre de figures 
et deux d'ornements. Sur deux de ces plaques le frère Hugo 
se représente lui-même offrant son évangéliaire à saint Nicolas, 
patron de l'abbaye d'Oignies. 

Dans le trésor du chapitre de l'église collégiale à Civîdale, 
dans le Prioul, on admire la reliure en ivoire ornée de nielles, 
exécutée en 1205, recouvrant un manuscrit donné à ce chapitre 
en 1231 par sainte Elisabeth, landgravine de Thuringe, fille 
d'André II, roi de Hongrie. On y voit aussi un autel portatif 
orné de nielles *• 

Le bienheureux frère Facio, de Vérone, mort en 1271, était 
un éminent orfèvre et nielleur, selon le témoignage des écrits 
du temps; mais on ne possède de ses travaux authentiques 
qu'une croix processionnelle en relief, de l'an 1260, conservée 
dans la cathédrale de Crémone. 

Le moine Théophile nous renseigne très exactement sur les 
procédés de niellure au moyen âge. Voici les règles qu'il donne 
d'abord pour la préparation du nielle : « Prenez de l'argent 
pur et divisez-le en deux à poids égal, y ajoutant un tiers de 
cuivre pur. Quand vous aurez mis le tout dans un creuset à 
fondre, pesez autant de plomb que pèse la moitié du cuivre 
mêlé à l'argent ; prenant du soufre jaune, cassez-le menu, jetez 
le plomb et une partie de ce soufre sur un petit vase de 
cuivre et le reste du soufre dans l'autre creuset à fondre. 



1. Gicogaarai Afemorie^p. 40. 



INTRODUCTION xix 

Lorsque vous aurez fondu Targent avec le cuivre, remuez éga- 
lement avec un charbon; aussitôt versez-y le plomb et le 
soufre du petit vase de cuivre, derechef mêlez fortement avec 
le charbon et transvasez en hâte dans l'autre creuset à fondre 
sur le soufre que vous y avez mis. Déposant le petit vase avec 
lequel vous aviez versé, prenez celui dans lequel vous avez 
versé et mettez au feu jusqu'à liquéfaction; remuant de nou- 
veau, coulez dans un moule en fer. Avant que cela ne se refroidisse, 
battez un peu^ chauffez modérément, battez encore; vous 
continuerez jusqu'à ce qu'il s'amincisse tout à fait. Car la nature 
du nielle est telle, que si on le bat à froid, il se liquéfie 
bientôt, se brise et se réduit; il ne doit pas être chauffé au 
rouge, parce qu'aussitôt il se liquéfie et coule en cendres. 
Quand vous avez aminci le nielle, mettez dans un vase profond 
et épais, l'arrosant d'eau et le broyant avec un marteau rond, 
jusqu'à ce qu'il devienne très menu ; ôtez-le, faites sécher ; 
mettez dans une plume d'oie ce qui est broyé, et bouchez. 
Quand à ce qui est plus gros, mettez-le dans le vase et écrasez ; 
ayant fait sécher de nouveau, mettez dans une autre plume. » 
Le nielle étant ainsi préparé à l'état de poudre, voici la manière 
dont on l'appliquait sur le métal : « Lorsque vous aurez rem- 
pli plusieurs plumes, ayez de la gomme appelée barabas, 
broyez-en une parcelle avec de l'eau dans le même vase, de 
manière que l'eau en devienne à peine trouble ; avec cette eau 
humectez d'abord la place que vous voudrez nieller ; et, prenant 
une des plumes, à l'aide d'un fer léger, faites-y tomber avec soin 
le nielle broyé jusqu'à ce que vous couvriez entièrement : vous 
ferez ainsi partout. Réunissez en abondance des charbons allu- 
més, et, après y avoir mis le vase avec précaution, couvrez-le 
de sorte qu'aucun charbon ne touche le nielle qu'il ferait 
tomber. Lorsqu'il sera liquéfié, tenez le vase avec des tenailles 
et tournez de tous les côtés où vous verrez couler, mais en 
tournant ainsi prenez garde que le nielle ne tombe à terre* 



XX INTRODUCTION 

Si après ce premier teu tout n'est pas rempli, humectez de 
nouveau, replacez comme auparavant, et prenez bien garde 
qu'il n'y ait plus besoin de recommencer. » 

Plus tard, ces procédés ont été perfectionnés, mais le 
principe en est toujours resté le même. 

Au quatorzième siècle, l'art de nieller parait avoir été un 
peu négligé. Si Ton n'en rencontre pas de nombreux échan- 
tillons en France, où nous n'avons à citer que la reliure d'un 
évangéliaire donné par Charles V à la Sainte-Chapelle en 
1379, et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, en 
revanche il était encore en vogue en Italie, où nous pouvons 
citer nominalement plusieurs nielleurs célèbres. De Tan 1326 
est un ostensoir en bronze doré, orné de plaques niellées, et 
dont une inscription révèle l'auteur de cette œuvre commandée 
par frère François de Bonore ; c'est Girardo, fils de Jacques 
Cavalca de Bologne. Cet ostensoir appartient à l'église de 
Santa-Maria di Mercato à Sanseverino. Vasari cite, parmi les 
meilleurs orfèvres -nielleurs, Forzore Spînelli, d'Arezzo, qui 
florissait vers 1350 et qui exécuta plusieurs beaux travaux pour 
la cathédrale de sa patrie. A Cividale on voit un buste d'argent 
orné de nielles avec figures de saints, exécuté en 1374 pour 
l'église de San Donato, par un orfèvre local, nommé : Maestro Dona- 
dino quondam Brimorio. A Osimo, est une croix ornée de nielles, 
œuvre de Pietro Vanini, d'Ascola, datant de 1379 environ. 

Duchesne, on le voit, s'est donc singulièrement mépris en 
affirmant « qu'on ne connaît plus rien des nielles antérieurs 
à la Renaissance »; et il y aurait assurément à citer encore 
de nombreux objets niellés de la même période, mais cela 
appartient à l'histoire de l'orfèvrerie et excéderait le cadre 
de notre travail. Ce qui précède n'a pour but que de mon- 
trer l'ancienneté et la continuité de cet art à travers les 
siècles. Pour en olïrir quelques exemples typiques du moyen 
âge, nous avons décrit avec détails, dans un appendice qui 



IMTRODUCTION xxi 

suit cette introduction , plusieurs spécimens importants , em- 
pruntés à des contrées et à des époques différentes. 

IL — RENAISSANCE 

L'époque la plus brillante dans l'histoire du nielle est le 
quinzième siècle. Tandis que cet art avait cessé de fleurir 
dans les contrées de l'Occident où il avait brillé d'un si vif 
éclat, il fut repris avec ardeur en Italie. On affirme, et non 
sans raison, que les orfèvres de ce pays y furent stimulés 
par la vue des superbes travaux en ce genre rapportés de 
la Grèce par le célèbre cardinal Bessarion, lequel, après l'in- 
succès de sa mission au concile de Florence (1439), réuni 
pour tenter d'opérer l'union de l'Église grecque avec l'Eglise 
latine, se fixa en Italie. Cet éminent prélat, un des plus 
zélés promoteurs de la Renaissance des lettres, s'intéressait 
11 tous les progrès, et son palais était le rendez-vouà de tous 
ceux qui aimaient et cultivaient les sciences et les arts. Pen- 
dant son séjour à Florence et à Bologne, il fit certainement 
admirer à des artistes de ces cités, devenues ensuite" deux 
grands centres d'orfèvrerie niellée , tous les trésors d'art 
décoratif qu'il avait rapportés de Constantinople , et qu'il 
déposa plus tard au monastère de Sainte-Marie de l'Avellana, 
dans la marche d'Ancône, pendant qu'il en était l'abbé commenda- 
taire. A cette date, l'Italie était toute frémissante de passion 
pour l'hellénisme, de sorte que même les travaux niellés de 
la Grèce durent naturellement bénéficier de cet enthousiasme, 
et lui être redevables de la rapide propagation de cet art 
dans toute la péninsule. En effet, sans l'intervention de cette 
circonstance fortuite, on ne s'expliquerait guère l'engouement 
subit qui s'empara des Italiens pour ce genre d'orfèvrerie, 
dont le succès dura près d'un siècle et demi. 

Au moyen âge, la nîellure était appliquée principalement 



xxn INTRODUCTION 

aux objets du culte : aux autels portatifs, aux vases sacrés, aux 
croix processionnelles, aux reliquaires, aux reliures des livres de 
liturgie ; et à cet égard, au quinzième siècle, on employa cet 
émail surtout pour rehausser les compositions des baisers 
de paix. Puis on en étendit l'usage aux objets profanes : on 
décora de plaques niellées les poignées et les fourreaux 
d'épées, les gaines de poignards, les boucles de ceinturons, 
les bracelets, les bagues et autres ornements féminins , les 
boîtes à bijoux, les coffrets de mariage, l'argenterie de table 
et une foule de petits objets de la vie intime. Les sujets 
niellés étaient appropriés à la nature , à la forme et à la 
destination de ceux-ci ; mais le goût classique des Italiens 
se complaisait surtout dans la représentation des scènes my- 
thologiques et dans les allégories plus ou moins transpa- 
rentes. Une inscription venait souvent suppléer au défaut du 
sens allégorique du sujet. Ainsi, sur un manche d'épée on 
n'a représenté que la figure d'une femme sans aucun attri- 
but, mais elle tient une banderole avec les mots : Salira me 
Domine! Sur un autre, l'inscription est : Sol in Dio spero! 
ou bien : Soli Deo futura prescire! Sur un manche de poi- 
gnard, son propriétaire, moins pieux ou plus audacieux, fit 
graver, à côté de trois figures d'hommes méditant, cette fière 
devise : Sola spes in ipsa! Dans ce siècle de luttes conti- 
nuelles en Italie, les jeunes fiancés étaient souvent mis à de 
cruelles épreuves ; un jeune gentilhomme, au moment de partir 
pour la guerre , envoie à sa promise son propre portrait 
exécuté en nielle et entouré de l'inscription mélancolique : 
La Speranza me conforta! Réciproquement la jeune fille lui 
fait parvenir le sien , dans un médaillon à porter au cou , 
dont l'inscription : Mémento! n'a pas besoin de commentaire, 
ou bien elle renferme une tendre assurance : Solo la fede ! 
Les sujets symbolisant l'amour ou le mariage sont les plus 
nombreux, et on y remarque une étonnante variété d'inter- 



INTRODUCTION xxm 

prétation. D^autres objets offrent des portraits d'Italiens cé- 
lèbres , tels que Dante, Pétrarque, Boccace, Savonarole, Ma- 
chiavelli , ou bien ceux des papes et des souverains de ce 
pays. Les nielles purement décoratifs abondent aussi et leur 
intérêt n^est pas le moindre. 

Les uns et les autres, en raison de cette variété d'appli- 
cation, se présentent sous des formes très variées, im- 
posées par la fantaisie de Tartiste , ou bien par la nature 
et les dimensions des objets dont ils étaient destinés à re- 
hausser le luxe 

Bien que les historiens de l'art nous aient transmis les 
noms d'un bon nombre de nielleurs renommés de la Renais- 
sance italienne , nous ignorons leurs œuvres , et la presque 
totalité des nielles qui nous sont parvenus n'ont pas de 
paternité certaine. L'honneur de la rénovation de cet art en 
Italie, vers la fin du second quart du quinzième siècle, 
appartient aux orfèvres florentins. Le plus illustre parmi 
eux fut Maso Finiguerra , dont nous reparlerons plus longue- 
ment. A côté de lui se placent ses émules : Antonio PoUa- 
juolo et Matteo Dei; puis viennent Amerighi, Michel-Ange 
Bandinelli, Philippe Brunelleschi , etc. D'autres centres artis- 
tiques de l'Italie suivirent le mouvement. Bologne conquit la 
seconde place, grâce au talent de Francesco Francia , et de 
ses élèves. Milan fut illustré par Ambrogio Foppa, dit Cara- 
dosso, et par Daniel Arcioni ; Sienne eut Giovanni Turino, 
l'un des élèves d'Antonio PoUajuolo; Gènes cite son Giacomo 
Tagliacarne. A Crémone a fleuri maître Tomaso Fodri, dont 
plusieurs travaux niellés ayant appartenu au chapitre de la 
cathédrale portaient ses initiales T. F., et une châsse, avec 
l'effigie de l'apôtre Barnabe, cette inscription : Opus Thome 
Fodri anno 1465. En 1479, Galeazzo de Ponzono fit présent 
à la même cathédrale d'un calice en argent doré, œuvre 
d'Innocent Bronzetti, orfèvre crémonais; un ancien inventaire 



XXIV INTRODUCTION 

nous informe que le nœud de ce calice offrait les bustes des 
saints protecteurs.de cette cité: Oraobono, IinerîOy Marcelin 
et Pierre, et que dans le pied était enchâssée la représentation 
de la Mort de la Vierge, « faite dans le genre le plus nou- 
veau, c'est-à-dire en nielle » {opère novissimo, videlicet iimîel- 
lato). Dans la cathédrale de Modène est conservée une Paix 
niellée, portant la signature de l'artiste, qui était Giacomo 
Porta, Modenais, et la date 1486. 

Au clébut du siècle suivant la vogue de cette orfèvrerie 
commença à décliner, et elle ne fut plus pratiquée par de véri- 
tables maîtres, à de rares exceptions près. « Lorsque, dit Benvenuto 
Cellini, je commençai en 1515 à apprendre Part de l'orfèvrerie, 
celui de graver en nielle était tout à fait abandonné. Aujour- 
d'hui, dans Florence, parmi nos orfèvres, il est à peu près 
entièrement éteint*. » Cependant, il y avait encore, en dehors 
de Florence, quelques adeptes de cet art. En 1550, J.-P. Maltari 
donna à la cathédrale de Crémone une croix en argent doré, 
ornée d'émaux et de nielles (cum smaltho et niella)^ œuvre 
de Girolamo da Prato; en 1564, le même sanctuaire reçut en 
présent, de l'évêque Nicolas Sfondrate, natif de cette ville 
(depuis pape Grégoire XIV), une croix patriarcale en argent 
doré et niellé, exécutée par Francesco da Prato, éminent or- 
fèvre, sculpteur et peintre. Cicognara nous informe encore qu'en 
1591, après son élévation au pontificat, Grégoire XIV envoya 
au chapitre cathédral de sa ville natale un missel revêtu d'une 
riche reliure en or et en argent, exécutée à Rome même, cl 
portant sur les plats deux superbes plaques niellées, dont Tune 
représentait l'Assomption de la Vierge, et l'autre la Lapidation 
de saint Etienne. Le même collectionneur possédait une croix 
datée de 1589 et provenant du monastère de Saint-Cyprien à 
Murano, ornée de trois nielles gravés à Venise (voir nos n^' 98-100) 

4. B. Cellinî, Trattafo deWoreficeria ; Firenze, 1568, etc. 



INTRODUCTION my 

Même à Florence, on faisait encore des travaux niellés jus- 
qu'en 1574 pour le grand-duc Cosme (voir nos n®* 5i9-562). 
Mais c'étaient déjà les dernières lueurs d'un astre qui allait 
disparaître, et dont Benvenuto Cellini avait en vain essayé do 
faire reluire l'ancienne splendeur, prêchant d'exemple lui-même 
et consignant dans le livre publié de son vivant la manière 
de faire le nielle et de l'appliquer*. 

A partir du dix-septième siècle cet art tomba en désué- 
tude. Il y a cependant des personnes qui croient à sa conti- 
nuité non interrompue jusqu'à nos jours; mais, le marquis de 
Malaspina, qui était bien au courant des choses de l'art de 
son pays, affirme, dans son catalogue de 1824, que « Fart de 
nieller était depuis longtemps abandonné et perdu en Italie ». 

En France, il n'était point cultivé à l'époque de la Re- 
naissance, cab nous n'en trouvons aucun exemple. Cicognara 
possédait une boîte niellée dont le dessin des sujets, à en 
juger par ses fac-similés, était d'un grand charme; il en at- 
tribuait l'exécution à l'école fondée en France par Cellini et 
Rosso. Le travail en était un peu différent de l'ordinaire, en 
ce que les ornements et les figures offraient un certain relief, 
le fond étant tant soit peu abaissé (voir nos n®* 68-70). Toujours 
est-il que ce n'était qu'une oeuvre d'importation italienne qui 
ne trouva pas d'imitateurs. Cependant le mot nellure fut 
encore employé, en 1578, par Biaise de Vigenère, dans les notes 
de sa traduction des Images ou tableaux de platte peinture 
des Deux Philostrate ^ d'où Ménage l'a tiré pour le mettre 
dans son Dictionnaire (1694), tout en avouant ne pas en con- 
naître positivement la signification, bien qu'il en donne une 
définition exacte et qu'il le fasse dériver de niger et de ni- 
gellus. 

En Allemagne, il ne paraît pas y avoir eu d'interruption 

i . Voir plus loin le texte do procédé décrit par lui . 



XXVI INTRODUCTION 

dans la pratique des travaux niellés entre le moyen âge et la 
Renaissance. Seulement au quatorzième et surtout au quinzième 
siècle on parait s'être contenté de remplir les plaques gravées 
avec un peu de noir pour servir de fond, tandis qu'au siècle 
suivant on se remit au nielle avec ardeur, sans doute grâce à 
l'impulsion venue d'Italie. On y appliqua ce genre de décora- 
tion aussi bien à l'orfèvrerie religieuse qu'aux objets profanes; 
mais tandis que pour ces derniers les artistes italiens empruntaient 
de préférence les sujets de leurs compositions à la mythologie 
et au symbolisme classique, les orfèvres allemands choisissaient 
souvent les leurs dans la vie ordinaire, ne dédaignant pas 
parfois de descendre à un réalisme grossier. Pendant la même 
période, l'art flamand ne s'est appliqué aux nielles que dans 
une mesure restreinte. 

Il y a cependant un pays où l'art de nieller a survécu : 
c'est la Russie. Importé avec la civilisation byzantine, il n'a 
jamais cessé d'y être cultivé, et souvent d'une manière heureuse, 
et c'est bien certainement de cette contrée qu'il est venu 
reprendre une petite place dans l'orfèvrerie contemporaine en 
Occident 

Les historiens constatent qu'au seizième siècle, époque des 
grandes perturbations politiques en Italie, un nombre considé- 
rable d'objets d'or et d'argent furent transformés en monnaie 
pour subvenir aux frais des guerres. Beaucoup de nielles périrent 
à cette occasion, et cependant leur production était si abon- 
dante, qu'il en subsiste encore une quantité respectable. Nous 
avons pu ainsi décrire plusieurs centaines de plaques niellées 
du quinzième et du seizième siècles, dont la majeure partie 
est sortie des mains des artistes italiens. Nous nous sommes 
renfermé dans cette période, en raison de sa connexité avec 
les origines et les progrès de la gravure en creux proprement 
dite. Il est hors de doute qu'un très grand nombre de plaques 
niellées de la Renaissance ont échappé à nos -recherches ; d'autres 



INTRODUCTION xxvh 

qui avaient cependant été signalées n'ont pas pu prendre place 
dans notre Catalogne faute de renseignements suffisants. C'est 
ainsi, par exemple, que Cicognara nous informe que le duc 
de Hamilton possédait deux grands plats niellés qui formaient 
la reliure d'un épistolaire du pape Paul II, dans le genre de 
ceux, de même provenance, dont nous donnons la reproduction 
(n*** 213-232); mais comme il n'indique pas les sujets des com- 
positions de ces nielles, il ne nous a pas été possible d'en 
parler. Il en est de même de plusieurs objets niellés de la vente 
Castellani faite à Rome en 1880, parmi lesquels il y en avait 
de très importants, à en juger par les prix d'adjudication; 
mais les indications du catalogue sont si sommaires que nous 
n'avons pu en faire notre profit*. L'avenir comblera toutes 
ces lacunes. 

III. — MASO FINIGUERRA 
KT L'INVENTION DE LA GRAVURE EN TAILLE-DOUCE 

Nous avons dit que le plus illustre des nielleurs florentins 
du quinzième siècle était Maso Finiguerra. Son talent extraor- 
dinaire nous est attesté de la manière suivante par Vasari : 
« Il n'avait pa^ son pareil dans le maniement du burin et 
dans l'exécution des nielles, pour faire, dans un petit ou grand 
espace, un aussi grand nombre de figures, comme le montrent 
encore certaines Paix exécutées par lui qui se trouvent à 



1 . Les voici pour mémoire : 

N* 629. Grand Reliquaire, avec six nielles décorant les fbords et le nœud du piédouche. 25500 fr. 

No 632. Grand Galice sur piédouche^ avec de petits médaillons niellés au culot, sur le nœud et sur 
le pied. 1600 fr. 

No 636. Petite Croix formant reliquaire, enrichi de médaillons niellés. 910 fr. 

No 641. Pied de Calice enrichi de nielles sur argent. 510 fr. 

N* 657. Croix processionnelle avec six nielles sur argent. 450 fr. 

N* 675. Calice avee coupe en vermeil, le nœud orné de six petits médaillons en argent niellé. 
705 fr. 

No 682. Couronne de vierge, avec petits médaillons niellés sur argent. 150 fr. 



xxviH IWTRODUCTiON 

Saint-Jean, à Florence, et représentent, en très petit, des scènes 
de la Passion*. » 

Le célèbre orfèvre Benvenuto Cellini, Florentin, contempo- 
rain de Vasari, s'exprime en ces termes : oc En même temps 
s'était répandue dans le monde la renommée de Maso Fini- 
guerra, qui a si admirablement exécuté des nielles. On voit de 
sa main une Paix représentant le Christ en croix entre les deux 
larrons^ avec beaucoup d'ornements de chevaux et d'autres 
choses. Elle fut gravée et niellée de la main de notre Fini- 
guerra, d'après le dessin d'Antonio PoUajuolo, dont nous avons 
^)arlé plus haut. Elle est d'argent; et on la voit dans notre 
belle église de Saint-Jean, à Florence. » 

Au siècle dernier, Gorî, prieur de ce baptistère, a trouvé, 
dans un registre des marchands, que Maso Finiguerra, orfèvre, 
reçut en 1152 la somme de 66 florins 1 livre 6 deniers en 
payement à^une Paix en argent doré, émaillée et niellée, qu'il 
avait exécutée, aux frais des syndics du corps de commerce, 
pour la même église. 

Enfin, plus tard, on a découvert, dans les livres d'adminis- 
tration de l'Œuvre de Saint-Jacques de Pistoïe, qu'en 1457 
deux chandeliers d'argent, avec ornements en métal fondu et 
dorés, ont été commandés à Tommaso di Antonio Finiguerra, 
Piero di Bartolomeo di Salis et compagnons, orfèvres à Flo- 
rence, au prix de 522 florins et 15 soldi, et que le compte en 
fut payé en 1462». 

Que sont devenus tous ces travaux d'art du maître floren- 
tin ? Les petites scènes de la Passion dont parle Vasari n'exis- 
tent certainement plus, de même que les deux chandeliers, dont 
les ornements d'ailleurs n'étaient sans doute pas niellés. Au 
sujet de la Paix citée par B. Cellini et représentant le Christ 

1, Ciampi, Lettera.,. sopra Vautore di due candeHeri (Cargento fatti per l'opéra di San Ja- 
copodal 1457 al 1462, con altre notizie relative alVarte deU'OreHceria; Pi?lqja, 1814. 

2. Vasari, Op<*re, édii. Milanesi, t. 111 (Vipstles Polhjuoln), p. 287. 



INTRODUCTION xxix 

en croixj il y a controverse ; on croit qu'elle a également dis- 
paru; mais M. Milanesi l'identifie avec une superbe Paix con- 
sei'vée au musée de Florence, et dont le sujet concorde par- 
faitement avec la description de Gellini. On trouvera plus loin 
une notice détaillée à cet égard (p. 17, n** 75). 

Reste la Paix de 1452, dont malheureusement le sujet n'est 
pas désigné dans le registre de la corporation des marchands 
qui en firent les frais. Néanmoins Gori, de son autorité privée, 
a proclamé que cette Paix n'est autre que celle représentant 
le Couronnement de la Vierge^ Paix qui de son temps faisait 
partie du trésor de l'église Saint-Jean, et figure aujourd'hui 
au Musée spécial du Bargello. Comme elle est d'une beauté 
remarquable, on a cru Gori sur parole, et cette affaire a entraîné 
de grosses conséquences. Sur quelles preuves s'appuyait-il pour 
émettre cette opinion ? Il n'en donne aucune , mais évidem- 
ment il n'a fait que commenter à sa façon les mentions de 
payements du registre dont nous avons parlé. H y a constaté 
que deux Paix, sans indications de leurs sujets, avaient été 
exécutées pour Téglise de Saint-Jean, l'une en 1452 par Maso 
Finiguerra, l'autre en 1455 par Matteo Dei ; et comme il en a 
précisément trouvé deux dans le trésor confié à sa garde, il 
en a conclu que ce ne pouvaient être que celles-là, sans s'in- 
quiéter si même leurs poids correspondaient à ceux énoncés 
dans le registre des marchands. Si la Paix avec le Couron- 
nement de la Vierge est assez belle pour on autoriser à priori 
l'attribution à un artiste de la renommée de Finiguerra , en 
revanche l'autre, représentant un Crucifiement (voir p. 17, n** 74), 
est trop médiocre pour qu'on puisse oser en infliger la pater- 
nité à Matteo Dei. Mais il ne faut pas demander tant de sens 
critique et de science au bon prieur qui fait de Finiguerra 
le maître d'Antonio dei Pollajuolo et de Sandro Botticelli, et 
attribue à ceux-ci les gravures du Dante de 1481. Nous ne répé- 
terons pas ici tous les arguments qui ne permettent pas d'ac- 



INTRODUCTION 

cepter l'appréciation de Gori comme un article de foi ; ils sont 
longuement développés dans la première partie du tome I*"" 
de cet ouvrage, de même que dans la notice que nous avons 
consacrée plus loin à la Paix en question (p. 28, n* 102). Déjà 
en 1841 le baron de Rumohr s'est vigoureusement prononcé 
contre cette identification , en vertu d'excellentes raisons ; et 
simultanément avec M. Dutuit la question a été reprise en 1884 
dans le même sens, cette fois-ci par un Italien, M. Milanesi, 
éminent critique d'art et savant annotateur de la dernière édi- 
tion de l'ouvrage de Vasari. A l'heure qu'il est on veut bien 
reconnaître que l'attribution de la Paix ci-dessus à Finiguerra 
n'est pas prouvée documentairement, mais on se réfugie encore 
sur le terrain de l'esthétique, comme l'a fait Passavant, pour 
dire que du moment que cette Paix surpasse en beauté tous 
les ouvrages de ce genre connus jusqu'ici, pour cela même 
on a le droit de l'attribuer au plus distingué entre les niel- 
leurs florentins de cette époque. On peut bien accorder à cette 
opinion la valeur d'une hypothèse admissible, mais elle ne revêt 
aucun caractère de certitude. Le critérium de la comparaison 
avec une œuvre authentique de Finiguerra nous manque, et 
il n'est pas permis de soutenir que nul autre de ses contem- 
porains n'était capable d'exécuter un travail semblable. Malgré sa 
beauté, nous nous imaginons que les Paix gravées par Finiguerra 
la surpassaient encore sous ce rapport, pour qu'un orfèvre 
illustre, son compatriote, Benvenuto Cellini, né seulement trente- 
six après la mort de Maso, et qui, par conséquent, était en 
mesure de bien connaître les travaux de celui-ci, n'ait pas cru de- 
voir désigner nominativement le Couronnement de la Viergey qu'il 
a dû voir dans l'église de Saint-Jean, tout en citant de la main 
de cet artiste un Crucifiement conservé alors au même trésor. 
M. R. Fisher * estime que l'argument tiré par M. Dutuit, de 

1. Inlroduction to a Catalogue of the early Ualian printi in the British Muséum; Londres^ 
1886, p. 13. 



INTRODUCTION xxxi 

la non-conformité du poids de la Paix exécutée par Finiguerra 
en 1452 avec celle du Couronnement de la Vierge , est sans 
valeur, attendu que cette dernière ne se présente plus dans 
son état primitif. En formulant cette objection, il s'est bien 
gardé de rapporter la réponse qui y a été faite d'avance. Cepen- 
dant, si l'on veut être impartial, au lieu de persister quand 
même dans l'erreur du passé, pour laquelle la critique ne sau- 
rait admettre de prescription, on est obligé de reconnaître que 
cet argument, introduit pour la première fois dans la discus- 
sion, a au contraire une valeur considérable. La Paix de 1452 
pesait 55 onces 11 deniers de Florence; celle du Couronne- 
ment de la Vierge^ dans son état actuel, pèse 41 onces 16 deniers 
23 grains. Il est vrai que la monture en vermeil qui l'entoure 
(elle pèse 1 kilogr. 73 gr. ) ne date que de la fin du seizième 
siècle ou du commencement du dix-septième siècle ; mais comme 
la plaque niellée seule ne pèse que 107 grammes, il faudrait, 
pour compléter le poids indiqué dans le registre des marchands, 
que la monture primitive eût pesé 1 kilogramme 665 grammes, 
c'est-à-dire qu'elle eût été plus lourde que la monture actuelle et 
encore plus disproportionnée avec le poids et les dimensions de la 
plaque niellée, ce qu'il est impossible d'admettre : c'eût été con- 
traire au bon goût et au sens décoratif des artistes florentins du 
quinzième siècle. 

Dans sa biographie de Marc-Antoine, l'historien Vasari a inséré, 
au sujet de l'invention de l'art de multiplier les épreuves d'une 
planche gravée en creux, le passage suivant : « L'invention de 
graver les estampes vient de Maso Finiguerra, Florentin, ifers 
Van 1460 de N.-S. Il grava sur argent toutes ses pièces. Avant de 
les remplir de nielle, il en faisait une empreinte avec de la terre, 
sur laquelle il coulait du soufre fondu, qui restait empreint et cou- 
Vert des traces du noir de fumée ; ensuite, y passant une couche 
d'huile, il lui donnait la teinte de l'argent ; il fit encore cela avec 
du papier humide et avec la même teinte, appuyant ensuite dessus 



ixxii INTRODUCTION 

avec un cylindre bien uni, qui non seulement faisait paraître la 
planche imprimée , mais donnait à l'épreuve l'apparence d'un 
dessin à la plume. )> 

Gori, armé de cette déclaration, affirma que c'est la Paix avec le 
Couronnement de la Vierge qui « a donné naissance à l'art admi- 
rable de graver au burin sur des planches de cuivre », et il l'a cru 
d'autant plus qu'il possédait une empreinte en soufre de cette 
plaque niellée, ce qui, à ses yeux, concordait à merveille avec le 
dire de Vasari. Il ne manquait plus que de trouver une épreuve sur 
papier de cette composition. 

Or, en 1797, l'abbé Zani en découvrit une à la Bibliothèque na- 
tionale de Paris. Pour le coup, le récit de Vasari parut irréfutable, 
et le savant abbé, en proclamant sa découverte, en 1802, crut 
que le droit de Finiguerra à la gloire d'avoir doté le monde du 
|)rocédé de tirer des épreuves d'une planche gravée en creux était 
définitivement établi. 

Dans VEssai sur t Histoire de la découverte de l'impression 
des estampes, inséré en tête du tome XIII de son Peintre-Gra- 
veur (1811), Bartsch, à l'encontre de ses compatriotes, sans dénier 
à Finiguerra l'honneur de cette trouvaille inconsciente, déclare que 
l'artiste ne sut en tirer aucun parti. « Finiguerra, il est vrai, dit-il, 
avait fait sa découverte ; mais il semble qu'il n'a pas senti l'impor- 
tance des résultats qu'il en aurait pu tirer, et que, par conséquent, 
il n'a pas eu le désir de faire un pas de plus pour la perfectionner. 
11 est presque certain qu'il en est resté là ; qu'il sVst contenté d'a- 
voir obtenu son soufre, et au surplus d'avoir tiré de celui-ci une 
couple d'épreuves. A cet égard donc, nous le répétons, la première 
estampe doit être considérée plutôt comme un produit du hasard 
que comme le résultat d'une invention précédée par des recher- 
ches et des combinaisons. Mais ce qui est étonnant, c'est que cette 
découverte, même déjà communiquée à quelques autres orfèvres, 
resta dans la même imperfection encore plusieurs années , savoir 
jusques vers 1460. Tout ce que l'Italie a fourni d'estampes impri- 



INTRODUCTION xxxm 

niées pendant cet espace de temps se borne, à ce qu'il parait, à 
celles d'un petit nombre d'ouvrages niellés, dont la couleur grise 
et l'impression peu parfaite semblent attester qu'elles n'ont été 
pareillement tirées que de soufres, et partant en très petit 
nombre. » 

Dans l'opinion de Bartsch, on le voit , les épreuves de nielles 
n'étaient pas tirées sur les plaques elles-mêmes, mais sur des 
empreintes en soufre. La manière dont Vasari a agencé et ponctué 
ses phrases peut légitimer l'une et l'autre interprétation. Baldi- 
nucci (1686), puis Zani, avaient adopté cette dernière. Ottley, Du- 
chesne et d'autres l'ont rejetée, estimant que cela était matérielle- 
ment impossible, en raison de la fragilité du soufre. Cependant, 
M. Schuchardt, de Wcimar, a fait des essais qui ont prouvé le 
contraire ^ D'ailleurs, la chose en elle-même n'a pas grande im- 
portance, car il s'agit avant tout du principe même de l'invention, 
et non de la façon d'opérer. Toutefois, les partisans du tirage sur 
soufre s'en prévalent pour insinuer que l'épreuve du Couronne- 
ment de la Vierge a été imprimée bien après l'achèvement de la 
plaque niellée, et que, par conséquent, elle n'offre nullement un 
des premiers essais de la multiplication des estampes. Ajoutons 
qu'aujourd'hui l'opinion de presque tous les iconophiles est que 
cette épreuve fut tirée sur la plaque elle-même. 

Dans cette question de paternité présumée, les dates sont 
tout. S'il fallait se conformer docilement aux affirmations de 
Gori , la naissance de la gravure au burin daterait de 1452, 
puisque c'est à cette année qu'il fait remonter l'achèvement 
de la Paix avec le Couronnement de la Vierge. Or, nous avons 
vu que ce n'était là qu'une hypothèse. Le récit de Vasari, en 
raison de l'autorité de l'écrivain et de la date de sa rédaction, 
est d'un tout autre poids. Or, il dit que ce l'invention de graver les 
estampes » eut lieu vers Van 1460, et cette expression, qui ne sau- 

1. Kunstblatt, 4846, pp. 49-97^ et Naumonris Ârchivy lY* année^ p. 60 et suiy. 

NIELLKS* C 



XXXIV INTRODUCTION 

rait s'appliquer à une date antérieure de huit années, exclut forcé- 
ment celle fixée par Gori. Bien qu'il soit amplement démontré au- 
jourd'hui queVasari fut souvent mal renseigné, même dans le 
domaine de l'histoire de la peinture, qui lui était plus familière que 
le reste , on ne pouvait infirmer son témoignage tant qu'on ne 
produisait pas une estampe sûrement antérieure à l'année 1460. 
C'est pourquoi l'opinion du baron de Rumohr et de quelques-uns 
de ses partisans ne sut prévaloir contre la thèse consacrée par 
Lanzi, Bartsch, Ottley et tant d'autres. Mais, dès la seconde moitié 
de ce siècle, la question a changé d'aspect. On a trouvé des es- 
tampes allemandes, gravées sur métal, datées de 1446, 1457 
et 1458*, et dès lors, grâce surtout à la première, il a fallu relé- 
guer parmi les légendes inspirées par l'amour-propre national les 
prétentions de Vasari et de Gori à la priorité de cette invention en 
faveur de l'Italie. Il est vrai que ces estampes appartiennent encore 
au domaine de l'imagerie et ne constituent nullement des œuvres 
d'art, mais elles démontrent la matérialité du fait, au profit de l'Al- 
lemagne, le seul point qu'on ait débattu pendant longtemps. 
MM. Duplessis^ et le vicomte Henri Delaborde^, se plaçant sur le 
terrain de l'esthétique, ont assurément raison lorsqu'ils procla- 
ment que le véritable inventeur de la gravure sur métal est l'artiste 
des mains duquel sort la première œuvre réellement belle, et Fini- 
guerra aurait droit à ce titre, s'il était démontré que le Couronne- 
ment de la Vierge est incontestablement de lui et que son exécution 
remonte à l'année 1452. Si même on lui en concédait la paternité, 
la date ci-dessus est aujourd'hui inadmissible. Né en mars 1426, Maso 
Finiguerra ut enterré à l'église des Ognissanti le 24 août 1464 *. 
Par conséquent, il est plus croyable qu'il ait exécuté ce beau nielle 
à un âge plus avancé qu'à vingt-six ans, et plutôt vers 1462 ou 

1. Voir t. I^'y l'c partie, de ce Manuel^ pp. 3 et 4. 
2» Histoire de la gravure; Paris, 1880, gr. io-S. 

3. La Gravure; Paris, s. d. (1H82)) in-12. — La Gravure en Italie avant Marc-Antoine; Vuhf 
1883, in-4. 

4. Notes de M. Milanesi dans son édition de Vasari^ t. V, p. 446. 



liNTRODUCTION xxxv 

1463, ce qui se trouverait mieux d'accord avec Vasari. Or, à 
cette date, la gravure en creux était déjà pratiquée en Allemagne, 
entre autres par le maître E. S., dit de 1466, mais dont les travaux 
remontent à quelques années plus tôt, celui-là un véritable artiste 
et d'une rare fécondité. Mais, tout en ne faisant dater un art que de 
l'apparition d'un chef-d'œuvre, il n'en faut pas moins témoigner de 
la reconnaissance et rendre hommage à l'obscur imagier allemand, 
qui fut le premier initiateur de l'impression en taille-douce ; il est 
toujours plus aisé de perfectionner un outillage dont on connaît 
déjà l'emploi et les défauts, que de l'inventer de toutes pièces. 
En tout cas, l'auteur du Couronnement de la Vierge , que ce soit 
Finiguerra ou un maître anonyme , paraît être le premier Italien 
qui ait tiré des épreuves de ses planches, et il est même fort pos- 
sible qu'il ne dut, à cet égard, rien à une initiation préalable et 
qu'il fut simplement servi par le hasard. En effet, malgré son talent 
de graveur hors ligne, il semble avoir été tout au moins un inven- 
teur inconscient et sans action sur les artistes de son pays. Lui- 
même, dans l'espace d'au moins quatre années (en prenant pour 
point de départ l'année 1460 donnée par Vasari), ne paraît avoir 
imprimé que deux ou trois estampes différentes, et cela exclusive- 
ment pour son usage personnel, à en juger par le fait qu'on n'en a 
encore trouvé que des exemplaires uniques. D'autre part, cet art 
nouveau demeura pendant longtemps un mystère pour l'Italie, car 
Vasari ne donne à Finiguerra pour successeur dans l'usage de 
tirer des épreuves de ses gravures, que Torfèvre Baccio Baldini, 
dont les travaux de ce genre remontent tout au plus à 1470, et, 
plus sûrement à 1477, époque où la gravure, en Allemagne, était 
dans tout son épanouissement. Il paraîtra toujours singulier que 
Benvenuto Cellini, plus intéressé encore que Vasari à la gloire des 
orfèvres florentins, et bien placé pour avoir pu recueillir une tradi- 
tion de la bouche même des vieux confrères qui avaient connu 
personnellement Finiguerra, ne le mentionne que comme un niel- 
leur du plus grand mérite, et nullement comme inventeur de la 



XXXVI INTHODUGTION 

gravure, tout en le mettant en parallèle avec Martin Schongauer, 
qu'il loue ce tant comme dessinateur que comme graveur». Il en est 
de Finiguerra comme de Laurent Coster et de Gutenberg, où tout 
est incertitude, et cela est si vrai qu'un autre historien de l'art, 
ayant aussi vécu au seizième siècle, Lomazzo, déclare que Mante- 
gna a été le premier qui ait fait des gravures au burin en Italie, ce 
qui est inexact. 

En présence de toutes ces contradictions et omissions, Passa- 
vant avance une autre hypothèse, a Nous avons remarqué, dit-il, 
que l'on avait déjà, depuis 1446, en Allemagne, des épreuves de 
gravures au burin, et cette nouvelle invention a dû être très vite 
connue dans les Pays-Bas et surtout par les artistes du pays. Or, 
l'on trouve une coïncidence assez remarquable, à ce sujet, dans la 
présence à Florence, précisément en 1450, de Roger van de 
Weyden, le célèbre élève de Van Eyck, qui peignit à cette époque 
une image de la Vierge pour les Médicis. On ne peut guère douter 
qu'il ne fit une visite au fameux orfèvre Maso Finiguerra pour voir 
la belle Paix du Couronnement de la Vierge^ à laquelle il travail- 
lait alors. Ce serait donc une opinion très plausible que celle fondée 
sur l'idée que le peintre flamand, en voyant la manière compli- 
quée dont l'artiste florentin se servait pour se procurer des em- 
preintes en soufre, pour les remplir ensuite d'une teinte noire et 
juger ainsi de l'effet de son travail, lui ait montré la manière très 
simple d'obtenir le même résultat en imprimant immédiatement la 
planche sur du papier humide. Nous sommes confirmé dans cette 
opinion par quelques épreuves très anciennes de nielles d'origine 
néerlandaise, qui se conservaient dans la collection de Dresde et 
qui appartiennent à l'époque du maître Rogier*. » 

Il n'y a évidemment aucune invraisemblance dans cette hypo- 
thèse, d'autant plus qu'il ne nous parait nullement obligatoire de 
faire dériver l'origine de la gravure au burin directement des nielles 

\. Le Peintre-Graveur j t. !•', p. 197. 



INTRODUCTION xxxvii 

du quinzième siècle. Cet art, comme on l'a vu, était déjà pratiqué 
depuis des siècles, et il ne sut pourtant mettre aucun de ses 
adeptes sur la voie du procédé qui nous parait aujourd'hui si 
simple. La gravure en creux elle-même remonte bien plus haut que 
l'emploi de l'émail et du nielle, puisque des peuples de l'antiquité, 
tels que les Egyptiens et les Etrusques, nous en ont laissé des té- 
moignages nombreux et remarquables. On prétend même que les 
Egyptiens tiraient sur papyrus des épreuves de leurs gravures; 
mais ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question complexe. 
Toujours est-il que les modernes n'auraient en rien été redevables 
à cette invention primitive, qui leur fut inconnue, et l'effort 
de leur génie fut spontané. Tout s'enchaîne dans les inventions hu- 
maines, et l'une en engendre une autre similaire. L'art de multi- 
plier les épreuves d'une gravure en relief, sur bois ou sur métal, 
qui surgit dès les premières années du quinzième siècle, devait 
forcément conduire, surtout le hasard aidant, à l'invention d'un 
moyen analogue pour tirer parti d'une gravure en creux. Sous ce 
rapport, il a dû en être de même que pour l'invention de l'impri- 
merie. Ni l\ine ni l'autre n'ont apparu du coup à l'état d'un art 
véritable, mais elles ont débuté par des essais imparfaits, tentés 
presque simultanément dans des contrées diverses, sans qu'on 
puisse nommer un premier inventeur, attendu qu'ils étaient plu- 
sieurs, agissant chacun sous l'empire d'une inspiration person- 
nelle. Une fois l'idée primordiale mise dans le courant commun, le 
génie de l'homme s'en empara et lui fît subir des évolutions suc- 
cessives, selon la loi du progrès, pour Famener à la perfection. 

IV. — NIELLES-ESTAMPES, LEUR CARACTÈRE 

TRAVAUX SUR CETTE MATIÈRE 

Le mot servant d'abord à désigner l'émail noir a été ensuite 
appliqué aux objets ainsi émaillés et aux épreuves sur papier tirées 
sur des plaques préparées pour recevoir la niellure. Cette classe 



XXXVIII INTRODUCTION 

particulière d'estampes n'est connue, comme nous l'avons dit, que 
depuis le commencement de ce siècle, et cela grâce à la décou- 
verte faite par l'abbé Zani. L'intérêt que cette révélation fît naître 
dans le monde des iconophiles fut considérable, la passion pour les 
nielles alla croissant, et son intensité est loin de faiblir. Successi- 
vement on a fait entrer dans ce domaine une quantité de gravures 
qui n'y ont point droit de cité. En effet, la démarcation n'était point 
facile à faire entre les véritables nielles, c'est-à-dire entre les 
épreuves sur papier provenant des plaques non destinées à l'impres- 
sion, et les estampes ayant seulement les caractères généraux et 
l'apparence des nielles, tels que les nombreuses petites gravures 
à fond noir également, mais n'ayant pour but que de servir de mo- 
dèles aux nielleurs, aux ciseleurs, aux bijoutiers, gravures exécu- 
tées surtout au seizième siècle. 

Sans pouvoir indiquer des signes infaillibles permettant de dis- 
cerner chacune des pièces de ces deux catégories, nous allons 
noter les traits particuliers qui caractérisent les nielles. Prenant 
pour point de départ que les plaques niellées n'avaient pas pour 
but de fournir des estampes, mais de constituer par elles-mêmes 
des images ou de servir à la décoration des objets, il est évident 
que ces images, destinées à être vues dans leur sens réel, ne pou- 
vaient se présenter à l'impression que dans leur sens opposé. C'est 
ainsi, par exemple, qu'une plaque représentant Dieu bénissant, de 
la main droite naturellement, le montre sur l'épreuve faisant ce 
signe de la main gauche ; il en est de même d'un chevalier combat- 
tant avec une épée ou une lance, etc. Cotte remarque, cependant, ne 
saurait servir de pierre de touche, attendu que d'abord, dans une 
foule de compositions, on ne trouve aucune attitude où ce trait 
caractéristique puisse être observé, et qu'ensuite, même dans 
beaucoup de gravures ordinaires, on rencontre cette même particu- 
larité, attendu qu'on n'a commencé à graver au miroir qu'assez 
tardivement. 

De cette interversion de compositions niellées sur les épreuves 



I 



INTRODUCTION xxxix 

il résulte également le fait que les inscriptions, lorsqu'il y en a, se 
présentent à rebours, ce qui constitue un signalement assez déter- 
miné, bien qu'on rencontre aussi des estampes ordinaires où les 
inscriptions sont à l'envers, de même que quelques nielles où elles 
sont dans le sens droit, par suite d'une erreur de la part des gra- 
veurs. 

Il y a ensuite à observer le travail de gravure particulier aux 
nielles. Les plaques en étant d'or ou d'argent, les tailles y sont 
fines et serrées ; les hachures du fond, dont le but unique était de 
produire dans le métal des aspérités en vue de l'adhérence com- 
plète de l'émail, n'avaient pas besoin d'être parfaitement régu- 
lières, comme dans une estampe ordinaire, où elles jouent un rôle 
réel. La couleur de l'encre des épreuves de nielles [apporte aussi 
fréquemment un témoignage en faveur de leur authenticité, sur- 
tout pour des nielles italiens : les plus anciens sont rarement im- 
primés avec une encre encore bien noire, mais plutôt d'une nuance 
grise, bleuâtre ou verdâtre. 

Les dimensions et la forme de l'estampe peuvent également 
fournir une preuve subsidiaire. Les véritables nielles, en dehors 
des Paix, sont de dimensions restreintes, souvent très exiguës, les 
plaques dont ils proviennent ayant généralement orné des objets 
peu volumineux, portatifs même. Lorsqu'elles étaient destinées à 
constituer entièrement les plats de reliure d'un livre de grand 

• 

format, ces plats n'étaient point formés d'une seule plaque niellée, 
mais de plusieurs, ce qui permettait d'en combiner l'emploi avec 
d'autres genres de décoration, d'éviter ainsi la monotonie et de re- 
hausser la beauté de l'objet. Leur forme était variée à l'infini, pour 
en accroître le charme et les subordonner aux contours de l'em- 
placement qu'elles devaient occuper; le plus souvent elles sont en 
médaillons ronds ou ovales. 

Rarement un seul de ces traits caractéristiques suffit pour qua- 
lifier un nielle; mais lorsqu'il y en a plusieurs qui se réunissent 
dans une même pièce, le doute n'est plus permis. La difficulté est 



tL INTRODUCTION 

relativement moindre lorsqu'il s'agît d'une composition à figures, 
bù l'on peut souvent surprendre quelque marque particulière 
dans la nature du dessin ou dans les accessoires; elle est sérieuse 
dans des pièces de pure ornementation, qui ne comportent ni 
inscriptions, ni tailles spéciales, ni rien qui puisse guider un 
iconophile. C'est surtout dans cette catégorie de petites estampes 
qu'on rencontre le plus grand nombre de celles qui ne sont 
probablement pas des nielles, tout en en ayant l'aspect. 

Ce qui constitue un signe propre aux véritables nielles, c'est la 
marque des trous faits dans le métal pour fixer la plaque, avec de 
petits clous, sur l'objet auquel elle était destinée. Il est évident 
que le graveur n'avait pas à en figurer la place dans une estampe 
ordinaire devant servir de modèle aux nicUeurs. 

Bien que la grande majorité des nielles soient à fond noir, de 
sorte qu'on s'est habitué à regarder comme tel toute petite gravure 
avec ce fond, il y en a cependant où il est entièrement blanc, ce 
qui est motivé soit par ce fait que la gravure de la plaque n'était pas 
achevée au moment du tirage, soit parce que le fond de la plaque 
était destiné à être doré et non pas niellé, ce qui dispensait de 
le creuser. 

Dès que l'existence des nielles eut été révélée par l'abbé Zanî, 
en 1802, on se mit avec passion à les collectionner. On fouilla les 
cartons des dépôts publics pour en extraire tout ce qui parut 
pouvoir être rangé dans cette catégorie, et sous ce rapport notre 
Cabinet des estampes se montra du coup passablement riche ; les 
iconophiles en recherchèrent aussi à l'envi, et quelques-uns d'entre 
eux parvinrent rapidement à des résultats brillants. Nous parle- 
rons plus bas, avec détails, de ces collections publiques et privées, 
nous bornant ici à signaler celles qui ont donné lieu à des travaux 
sur cette matière. 

Après Zani, c'est Bartsch* qui a le premier décrit un petit 

1. Voir à la suite de celte introductioa le chapitre : Bibliographie^ pour les titres des ouvrages et 
des catalogues dont il sera ici question . 



•>-. 



INTRODUCTION xl 

nombre de nielles d'après des fac-sîmilés faits pour le comte 
Durazzo, et Ottley fît passer ce chapitre dans son Inqidry^ en 
l'augmentant légèrement; plus tard il y ajouta, dans sa Collectioa 
of fac-similés j la description de quelques pièces de plus, et simul- 
tanément il en fit connaître un grand nombre dans le catalogue 
dti cabinet de Sir Masterman Sykes. Cest encore à la même époque 
que Rcgnault-Delalande décrivit plusieurs nielles de la collection 
Rossi et que le marquis Malaspina publia la description de ceux 
de la sienne. 

Duchesne eut alors Fidée de rassembler tous ces membres 
épars et de dresser un inventaire des nielles connus, pour com- 
bler une fâcheuse lacune dans l'iconographie. Il fit un voyage 
d'études en Angleterre, il se fit adresser de l'Italie des rensei- 
gnements circonstanciés, et, grâce au riche fonds de notre Cabinet 
des estampes, il put mener à bien la publication de son Essai, accom- 
pagné de reproductions des pièces les plus importantes. Malgré 
certaines de ses doctrines, qui ne sont plus soutenables aujour- 
tl'hui, et abstraction faite des imperfections et des lacunes, inévi- 
tables dans un premier travail de défrichement, ce n'en est pas 
moins un livre capital sur la matière, oc On ne saurait, dit M. le 
vicomte H. Delaborde*, sans injustice, sans ingratitude même, 
contester l'importance et l'utilité de l'ouvrage publié par M. Du- 
•chesne, il y a plus d'un demi-siècle déjà. Ce livre n'eût-il d'autre 
mérite que celui d'avoir précédé, au moins en France, toute disser- 
tation, tout ensemble de documents sur un pareil sujet, il faudrait 
N^ encore en faire grand cas et reconnaître l'influence particulière 

qu'il a eue sur le progrès des études relatives à l'histoirq de la 
gravure. » 

Lorsque Duchesne écrivait cette phrase : ce Je suis fondé à croire 
qu'il existe bien peu d'autres nielles que ceux qui se trouvent 
décrits dans le catalogue qui va suivre », il ne se rendait évidem- 

1. La Gravure en Italie avant Marc-Antoine^ p. 22, note. 



XLii INTRODUCTION 

ment pas compte de l'activité des artistes du quinzième et du 
seizième siècle. Aussi le comte Léopold Cicognara eut-il beau 
jeu de le reprendre sur ce point, dans une dissertation spé- 
ciale*, et de lui signaler une quantité de plaques et d'objets 
niellés qui avaient échappé à ses investigations. En outre, con- 
trairement à l'assertion de Duchesne, il démontra que la niellure 
d'une plaque peut être aisément enlevée au moyen des dissol- 
vants caustiques ^ 

Plus tard, il donna la description, accompagnée de fac-similés, 
de sa propre collection de plaques niellées, au nombre de cent 
vingt-quatre, description que Zanetti résuma en français, dans 
le catalogue complet du cabinet Cicognara. 

La découverte faite par L. Alvin, en 1857, à la Bibliothèque 
royale de Bruxelles, de vingt-neuf nielles, dont trois inconnus 
jusqu'aters, redonna un regain de popularité à cette branche de 
l'iconophilie, qui était tant soit peu tombée dans l'oubli. Pas- 
savant la fît revivre dans son complément à l'ouvrage de Bartsch, 
en donnant la description de près de quatre cents nielles nou- 
veaux ou des pièces qu'il regardait comme telles, d'après les 
renseignements qu'il avait recueillis au British Muséum, dans 
les cabinets des estampes de Vienne, de Munich, de Dresde, de 
Berlin, dans des notes manuscrites de Duchesne, dans les ouvrages 
de Cicognara, d'Alvin et ailleurs. Mais il ne parvint pas à iden- 
tifier certaines pièces et il commit ainsi de nombreux doubles 
emplois. 

Depuis cette date (1860), les ventes des collections Wellesley, 
Marshall, Durazzo, et de celle du marquis Salamanca, pour ne 
parler que des principales, ont fait connaître un bon nombre de 
nielles qui n'avaient pas été décrits, de sorte qu'un nouveau 
travail sur la matière s'imposait au dévouement d'un iconophile. 

1. DeifOrigine, composizione e decomposiziane dei n\eUi\ Venezîa, 1827, m4. — Réimprimé 
avec développements dans ses Memorie; Prato^ 1831. 
^. Voir plus loin, p. 43, n» 175, et p. 61, n» 333, 



INTRODUCTION xlui 



V. — COLLECTIONS ET COLLECTIONNEURS 

DE NIELLES 

Le Cabinet des estampes de Paris est le premier grand dépôt 
public qui ait rapidement constitué une belle collection de 
nielles. A l'époque de la publication de son ouvrage, en 1826, 
Duchesne put en enregistrer quatre-vingt-sept. Aujourd'hui , 
grâce à des acquisitions successives, leur nombre dépasse la 
centaine. Si ce Cabinet ne possède aucune plaque niellée au- 
thentique ni une seule empreinte en soufre, en revanche on y 
trouve presque tous les nielles - estampes les plus importants, 
à commencer par l'épreuve unique du Couronnement de la 
Vierge. 

Le Cabinet des estampes du Musée britannique, dont la for- 
mation est relativement récente, n'a négligé aucune occasion 
pour se trouver, sous ce rapport aussi, à la hauteur de son rôle. 
Il est sans rival pour les plaques niellées, dont il possède plus 
d'un cent; puis, sur vingt-cinq empreintes en soufre connus, il 
en consei^ve dix-neuf, parmi lesquelles les deux plus précieuses : 
celle du Couronnement de la Vierge et celle de la Vierge entourée 
d* anges et de saintes; enfin, il est exceptionnellement riche en 
nielles-estampes. 

En Italie, de toutes les collections publiques la mieux pourvue 
en nielles est celle du Cabinet des Beaux-Arts de Pavie, constitué 
par le legs de tous les objets d'art ayant appartenu au marquis 
Malaspina di Sannazaro. 

En Allemagne, le Cabinet des estampes de Dresde renferme 
une collection unique de nielles allemands. Celui de Munich 
en possède quelques-uns, et celui de Berlin, de date récente, 
commence à prendre un bon rang. 

En Autriche, la Bibliothèque impériale et la Collection Al- 
bertine à Vienne, à côté de nielles d'une authenticité douteuse, 



XLiY INTRODUCTION 

en offrent quelques-uns d'intéressants; ce dernier cabinet sur- 
tout peut être fier de montrer l'épreuve unique de la Vierge 
entourée (Fanges et de saintes^ attribuée à Finiguerra (notre 
n« 182). 

Nous ne parlerons pas des établissements publics où l'on ne 
trouve que quelques pièces de cette catégorie. 

En ce qui concerne les collections privées, c'est l'Italie qu 
naturellement devait à cet égard donner l'exemple aux icono- 
philes du monde. Cicognara affirme que, déjà en 1804, Carlo 
Maino avait recueilli six cents nielles, et le comte Marino Pa- 
gani, de Bellune, douze, et qu'il a pu en examiner un catalogue 
détaillé entre les mains du chevalier de Lazzara. Ces deux coUec- 
tions ont été dispersées de bonne heure, de sorte qu'on ne peut 
plus porter aucun jugement sur leur valeur. La plus célèbre 
de toutes fut la collection Durazzo. Le premier noyau en fut 
formé par le comte Jacques Durazzo, l'ambassadeur de la répu- 
blique de Gênes auprès de celle de Venise à la fin du siècle 
dernier. Antonio Armanno, [amateur intelligent et restaurateur 
des tableaux, procura à son maître, à la suite des voyages suc- 
cessifs à travers l'Italie, un bon nombre de pièces, dont quel- 
ques-unes provenaient de l'ancienne galerie des Gaddi de Flo- 
rence. Dans les premières années de ce siècle, le comte 
Durazzo, pendant son séjour à Venise, fit graver en fac-similé 
trente-deux de ses nielles par Antonio dal Pian, Vénitien, et un 
certain Jean David, qu'il avait amené de Gênes à sa suite. L'objet 
de ces fac-similés était de servir à l'illustration d'un ouvrage que 
l'abbé Mauro Boni se proposait de faire sur le cabinet Durazzo, 
mais qui ne vit jamais le jour. Un exemplaire de ces repro- 
ductions, exécutées d'une façon remarquable*, fut offert à la 
collection Albertine de Vienne, dont le comte Durazzo avait été 
le véritable fondateur, et il permit à Bartsch d'en donner une 

1. On peut les voir au Cabinet des estampes de notre Bibliothèque nationale. 



- - — • ■'^' 



INTKODUCTION xl? 

première description, copiée ensuite par Otllcy et par Duchesne, 
et présentée de nouveau par Zanetti, avec développements et 
dans un classement par écoles. Le cabinet du comte Jacques 
Durazzo, acheté par son parent, le marquis Joseph Durazzo, 
dernier duc de Gènes, devint plus tard la propriété du marquis 
Marcello, de la même famille. Successivement enrichi, il ren- 
fermait en 1835, au moment où il fut visité par Passavant, dix- 
neuf plaques niellées, une empreinte en soufre et cent quatre- 
vingt-neuf épreuves de nielles. Après sa dispersion aux enchères 
publiques en 1872*, on a pu constater que dans cette dernière 
catégorie il s'est trouvé au moins cinquante pièces qui n'avaient 
aucun droit d'y figurer. 

Le marquis Louis Malaspina di Sannazaro, de Milan, réunit 
une précieuse collection de trente-sept plaques niellées et de 
quarante épreuves, dont il publia lui-même le catalogue. La 
famille Trivulzio, à Milan, s'en procura une dizaine. Le comte 
Cicognara, dans l'espace de quelques années, rassembla cent 
vingt-quatre plaques niellées, dont nous reparlerons plus loin. 

Les iconophiles français, toujours fort nombreux, ont suivi 
l'impulsion venue de l'Italie. Edme Durand ne recueillit que 
quelques nielles, mais il eut l'honneur de posséder la plus belle 
pièce après le Couronnement de la Vierge^ et de la même main, 
pièce qui figure aujourd'hui dans la Collection Albertine à 
Vienne (notre n** 182). Rossi, de Marseille, put se procurer sept 
belles pièces de Peregrini, et deux autres nielles. Révil re- 
cueillit d'abord trois belles plaques niellées, deux pièces de 
Peregrini du cabinet Rossi, et quelques nielles bien authen- 
tiques; mais dans sa seconde collection, de même que Durand, 
il admit comme vraies des pièces qui n'étaient que des pastiches 
ou des copies modernes. 

Les amateurs anglais ne restèrent pas en retard. Woodburn 

1. C'est par erreur que Passavant note que cette collection a été acquise par le Cabinet de 
Turin. 



XLVi INTRODUCTION 

fit en Italie une ample moisson en plaques niellées, en em- 
preintes en soufre et en épreuves. Il les céda au célèbre ico- 
nophile Sir Marc Masterman Sykes, qui finit par posséder une 
collection extraordinaire de nielles : quatre-vingts plaques, vingt 
et une empreintes en soufre, et près de cent épreuves. La vente 
de cette collection, en 1824, contribua puissamment à l'augmen- 
tation rapide de cette section au Musée britannique. Ottley et 
Wilson y acquirent un certain nombre d'articles, et ce dernier 
put ainsi réunir cinq plaques niellées, quatre soufres et une 
trentaine d'épreuves, qui furent dispersés aux enchères de 1828. 

Francis Douce eut la chance de se procurer trois pièces des 
plus rares (nos n*** 427, 670 et 678), dont deux de Peregrini, et 
vingt-cinq pièces, uniques jusqu'à présent, regardées comme 
épreuves de nielles allemands; son cabinet passa dans la biblio- 
thèque Bodléienne à Oxford. Le Rév. Henry Wellesley, principal 
d'un collège d'Oxford, réunit une collection plus importante 
encore de nielles bien authentiques : une cinquantaine environ, 
dont une quinzaine provenaient du cabinet Wilson et dont 
quelques autres n'avaient point été signalés. Ils furent vendus 
en 1860, et passèrent en grande partie dans le cabinet de 
J. Marshall, livré à son tour aux enchères en 1863. Lord Bu- 
ckingham, à Stowe, posséda sept épreuves et quelques plaques. 

En Espagne, il se trouva par hasard un iconophile de grand 
mérite, le marquis de Salamanca, lequel, avec le concours du 
peintre José de Madrazo, forma une belle collection d'estampes, 
et recueillit soixante et un nielles italiens, dont cinquante n'é- 
taient point connus. Elle a été vendue à Londres en 1869, et 
l'année suivante M. G.-W. Reid, alors directeur du Cabinet des 
estampes du Musée britannique, en publia un catalogue spécial, 
accompagné de reproductions photographiques de toutes les 
pièces, dont un certain nombre sont fort intéressantes. 

Nous passerons sous silence les collections étrangères de 
date récente, peu nombreuses d'ailleurs, où les nielles n'ont 



INTRODUCTION ILVU 

figuré qu'à l'état d'exception; on les trouvera mentionnés dans 
notre bibliographie des catalogues de vente. 

En France, après Durand, Rossi et Révil, il y eut une longue 
période où même les iconophiles les plus éminents ne possé- 
daient aucun nielle, sans doute parce qu'il ne s'en présentait 
point sur le marché européen; mais depuis un quart de siècle 
les choses changèrent du tout au tout. M. Emile Galichon parvint 
à annexer à sa précieuse collection d'estampes une Paix en 
argent niellé et vingt-quatre épreuves de nielles ou passant 
pour telles, et dans ce nombre une épreuve unique de V Ado- 
ration des Mages avec le fronton (notre n** 36). La collection 
Dutuit n'en présente que quinze, mais il s'y trouve des pièces 
capitales : une épreuve de V Adoration des Mages (notre n'^SG), 
six pièces uniques jusqu a présent (nos n*' 184, 307, 482, 483, 
567 et 573) et cinq estampes de Peregrini. Le baron Charles 
Davillier possédait quelques plaques d'argent niellées qu'il légua 
avec tous ses objets d'art au Musée du Louvre. 

A l'heure qu'il est, les deux plus célèbres collections privées 
de nielles se trouvent à Paris. L'une, pour les objets niellés, est 
celle de M. Fr. Spitzer, qui a réuni des merveilles d'orfèvrerie, 
dans son musée extraordinairement riche en toutes choses. Ces 
objets niellés sont peu nombreux, mais importants, et ils ont 
l'avantage de représenter des écoles et des époques diverses. 
Quelques-uns proviennent des ventes récentes d'A. Castellani et 
de Ch. Stein. 

La seconde collection est comprise dans l'incomparable Ca- 
binet d'estampes de M. le baron Edmond de Rothschild, cabinet 
qui n'a pas de rival en dehors des grandes collections publiques. 
L'éminent iconophile est seul, avec le Musée britannique, à 
posséder des empreintes en soufre : il en a six, dont celle du 
Couronnement de la Vierge attribué à Finigueri'a. Les épreuves 
de nielles y sont au nombre de cent-soixante environ, dont cent 
regardées jusqu'à présent comme uniques. Sur quarante-deux 



XLViii INTRODUCTION 

pièces connues portant des monogrammes de Peregrini , 
M. le baron E. de Rothschild en a recueilli vingt-deux, dont 
une qui n'avait pas encore été signalée et qui forme le premier 
sujet d'une suite de six pièces consacrées à VHistoire d'Abraham. 
Cette épreuve [se trouve dans un précieux petit album de dessins 
exécutés par le même artiste. Ce qui rehausse encore la valeur 
de cette collection de nielles, c'est la condition exceptionnelle 
des pièces. Rien de médiocre n'y pénètre jamais, mais tout ce 
qu'il y a eu de plus remarquable dans la vente Durazzo et dans 
les quelques ventes postérieures a été enlevé à son profit, souvent 
de vive lutte. Les pièces de ce genre du Cabinet Salamanca y sont 
entrées presque en totalité. Par le choix et le nombre de nielles, 
cette collection est bien au-dessus de toutes celles qui avaient 
été réunies par des particuliers. 

VI. — LES FAUX NIELLES 

Depuis longtemps déjà il s'est formé une véritable légende 
au sujet de la fabrication des faux nielles. La calomnie a choisi 
pour victime un collectionneur illustre, le comte Cicognara, qu'on 
accusa d'avoir favorisé la fraude à son profit; mais on n'osa 
l'attaquer qu'après sa mort. Cependant, de son vivant encore, on 
parla beaucoup, au dehors de l'Italie, des falsifications commises 
sous ce rapport par des spéculateurs vénitiens. Cicognara, instruit 
du fait, y répondit en ces termes dans ses Memorie (1831): 
ce La grande quantité de nielles centralisés peu à peu à Venise, 
à la suite de nos recherches diligentes, fit naître dans l'esprit 
des gens incompétents en ces matières la conviction qu'il y avait 
dans cette ville des contrefacteurs tels, que non seulement on pou- 
vait confondre les épreuves modernes tirées par eux à la presse 
avec les épreuves anciennes imprimées à la main, mais encore les 
nielles originaux d'argent fabriqués par eux. On fit ainsi à des 
artistes modernes l'honneur immérité de [mettre leur habileté 



INTRODUCTION xlix 

en parallèle avec la finesse de burin des anciens graveurs. Les 
marchands étrangers qui firent courir ce bruit étaient évidem^ 
ment surpris de la beauté et de la quantité de ces objets d'art 
exhumés ici en peu d'années ou recueillis autre part ; car, à vrai 
dire, il faudrait attribuer aux artistes vivants des écoles A^éni- 
tiennes beaucoup plus de mérite qu'il n'en ont en réalité, si l'on 
supposait qu'ils seraient capables d'imiter à s'y méprendre le 
caractère spécial des dessins et des compositions de la vieille école 
toscane, et, ce qui plus est, que les pratiques de nieller ne leur 
seraient pas moins familières qu'aux fabricants russes de Tula 
et de Kaluga Et puis l'existence d'un faux nielle est chimé- 
rique, car il serait inutile d'imiter avec soin une gravure déjà 
existante et célèbre, attendu que la contrefaçon ne saurait induire 
personne en erreur. En outre de cela, il faut considérer que 
la création d'un nielle pouvant passer pour un travail ancien 
supposerait chez l'artiste moderne un mérite égal à celui de 
PoUajuolo pour le dessin et celui de Finiguerra pour l'exécution, 
et la réunion chez la même personne de l'excellence de ces deux 
arts qui n'allaient pas toujours de pair. Aujourd'hui même cette 
séparation existe encore entre eux, car il y a bien peu d'orfèvres 
sachant dessiner, et surtout à Venise, où cependant tous les arts et 
les métiers firent un progrès considérable grâce à l'Académie, 
qui dispense un enseignement excellent, mais que les argentiers 
ne veulent pas tréquenter. Et finalement un nielle moderne, exé- 
cuté avec une semblable perfection, serait tout aussi précieux qu'un 
tableau dont le contrefacteur saurait simuler une œuvre de Raphaël 
ou de Léonard, sans avoir copié l'un ou l'autre; et certes, l'artiste, 
ne serait pas assez sot de se dérober par modestie à la renom- 
mée, s'il avait un talent aussi extraordinaire. » Gicognara ajoute 
ensuite qu'il n'est pas aussi aisé de contrefaire un nielle qu'un 
tableau, une médaille, ou un autre objet d'art, et que même les 
travaux des plus habiles nielleurs russes diffèrent totalement d'as- 
pect des anciens nielles italiens* 

NIELLES. d 



L INTRODUCTION 

Mort le 5 mars 1834, il n*eut pas à se défendre contre les 
accusations calomnieuses qui poursuivirent sa mémoire. Son 
neveu par alliance, le comte Alexandre Zanetti, à qui a été dé- 
volue la tâche de rédiger un catalogue raisonné des estampes du 
cabinet de Cicognara (1837), nous raconte ainsi ^ dans quelles 
conditions cet amateur éclairé a formé sa collection de plaques 
niellées : « L'accident ayant placé entre ses mains, pendant qu'il 
était à Padoue en 1826, quelques échantillons de nielles, il s'en 
fit aussitôt un objet d'étude et voulut tâcher de vérifier ce que les 
anciens auteurs nous ont laissé sur les méthodes de la composition 
du nielle, en décomposant ceux qu'il avait sous les yeux. Aidé 
par le professeur de chimie Mélandri, il réussit, au moyen de la 
potasse caustique, à enlever le sulfure d'argent qui en remplissait 
les traits ; mais, quelques soins qu'il employât, il ne put jamais 
venir à bout que très imparfaitement de les recomposer avec 
de nouveaux matériaux. De l'inutilité de sa tentative il tira 
l'opinion, peut-être un peu hasardée, que la falsification des 
nielles, imitant parfaitement les anciens ouvrages en ce genre, 
était impossible de nos jours. Mais ces études lui firent 
naître l'envie de recueillir tout ce qu'il pourrait de ces monu- 
ments, qui gisaient alors dans un grand nombre de nos musées, 
parfaitement inconnus à ceux qui les possédaient, et que l'activité 
et la multiplicité de ses recherches mirent en vogue, jusqu'à 
donner l'éveil à la fraude, qui s'empressa, à ce qu'on croit, de 
les multiplier, pour tirer parti de la bonne foi des amateurs 
dans les pays étrangers. Cicognara arriva en peu de temps, 
mais avec des diligences sans nombre, à en réunir plus qu'une 
centaine, qu'il déterra lui-même ou qui lui furent envoyés par 
ses correspondants de toute part d'Italie : et la rapidité avec 
laquelle il parvint à les rassembler sert en même temps, à ce 
qu'il nous paraît, à prouver la quantité de ces restes de l'an- 



1. Avant- propos^ page xv. 



INTRODUCTION u 

cienne orfèvrerie qui existaient encore, et à démontrer l'impos- 
sibilité qu'il ait été prévenu par la fraude, et qu'il se soit glissé 
dans son cabinet aucune pièce contrefaite; quand même l'ori- 
gine de chaque nielle de sa collection ne fût pas parfaitement 
connue, et que l'on pût douter de la solidité de son jugement 
et de la diligence de ses recherches. » Plus loin, en tête de 
l'appendice consacré à la description de ces nielles, Zanctti 
revient sur ce sujet, ce Nous bornerons, dit-il, à cette tâche 
notre travail, destiné seulement à retracer ce que cette singulière 
collection renferme de plus intéressant et de plus curieux, sans 
entrer pour rien dans le dédale que la mauvaise foi et l'intérêt 
personnel de quelques spéculateurs ont créé plus tard dans 
un champ qui semblait offrir de très bonnes chances à leurs 
vues, en raison de l'obscurité du sujet et du vif intérêt qu'il 
venait d'exciter parmi les amateurs. Au surplus, il est parfaite- 
ment inutile de rappeler que toutes les discussions qu'on a élevées 
depuis, sur l'originalité de quelques pièces de ce genre qui 
parurent dans le commerce pendant ces dernières années ^ ne 
sauraient guère atteindre les nielles dont nous allons parler, dont 
la collection était déjà formée presque en entier longtemps 
auparavant, par un homme dont personne n'a jamais songé à 
révoquer la probité la plus solidement reconnue ; et qui d'ail- 
leurs est presque entièrement composée de pièces dont on connaît 
parfaitement la dérivation et pour la plupart même l'origine. » 
Il est bon, à cet égard, de rappeler brièvement ce qiii'était 
l'homme ainsi vilipendé. Né à Ferrare en 1767, il s'adonna dès 
l'adolescence aux lettres et aux arts et fit un long séjour à Rome. 
Pendant l'expédition de Bonaparte en Italie, il joua un grand 
rôle politique, malgré son jeune âge. Fixé à Venise en 1807, il 
se mit à former une vaste bibliothèque de livres d'art, dont il 
publia en 1821 un excellent catalogue raisonné, qui constitue 
un essai de bibliographie des beaux-arts ; cette bibliothèque est 
aujourd'hui au Vatican. Président de l'Académie des beaux-arts 



i.ii INTRODUCTION 

de Venise, créée en 1808, il contribua puissamment à l'éclat 
rapide de cet établissement et ne quitta ses fonctions qu'en 1827. 
(( Les artistes vénitiens, dit Zanetti, regardaient Cicognara, quoî- 
qu'étranger, comme leur père et ami, et le crédit dont il jouissait 
le mettait à même d'être souvent leur bienfaiteur. Sa maison, sa 
bibliothèque, leur étaient toujours ouvertes, et ils venaient y 
puiser à tout moment des conseils, des exemples, des encourage- 
ments et des secours. » Ses nombreux et estimables travaux 
sur les beaux-arts, et surtout son Histoire de la sculpture et ses 
Monuments de Venise^ lui valurent l'honneur d'être élu membre 
de l'Institut de France, des académies de Londres, de New-York, 
de Saint-Pétersbourg, de Copenhague, de Vienne, d'Anvers, etc. 
Supposer qu'un savant aussi éminent et aussi estimé, qui en 
maintes occasions lit preuve du désintéressement le plus pur, ait 
consenti à tremper dans la fraude pour tromper ensuite le public ; 
supposer un semblable forfait chez un vieillard qui toute sa vie • 
eut le plus grand souci de son honneur, est tout aussi odieux 
que ridicule. De même, son instruction artistique, en théorie et 
en pratique, écarte l'idée de son incompétence à discerner un nielle 
faux, et ne permet pas de se ranger à l'opinion de ceux qui pré- 
tendent que si Cicognara n'a pas été le complice, il fut tout au 
moins la victime des supercheries de ses concitoyens. Passe encore 
à la rigueur pour quelques pièces, mais s'en être laissé fourrer 
cent vingt-quatre sans y avoir vu clair; mais étaler à la face du 
monde une immense bévue par la publication d'un catalogue 
illustré, et s'exposer ainsi à ternir l'éclat de sa renommée, c'est 
absolument inadmissible. 

On aurait pu croire que les déclarations d'un homme comme 
Zanetti, que M. le vicomte H. Delaborde, en parlant du catalogue 
de la collection Cicognara, proclame « l'auteur d'un des ouvrages 
les plus judicieux sur la gravure qui aient paru depuis un demi- 
siècle ». eût dû faire taire ces calomnies. Zanetti a longuement 
étudié tous ces nielles, et certes, non seulement il était apte à 



iJ-" ** -mw». ^•"^'^'"^ ■' " •'^"'^^^m^m^rm^i V nvi«WE^»8 uavu .H.IUL.-.U'&M^'- ■*■ CS^FSP^^^E^ 'V^'**' WnJLi.JW9n^(VB!^nqVI«V^«iBHe9 



INTRODUCTION un 

reconnaître la fraude, mais il pouvait encore recueillir des ren- 
seignements complémentaires sur la provenance de ces objets. 
Mais la vérité de l'adage consacré par Beaumarchais se vérifia 
une fois de plus en cette circonstance, et la race des moutons 
de Panurge est immortelle. 

Près d'un quart de siècle après la publication du volume 
de Zanetti, nous trouvons sous la plume de Passavant la dé- 
claration suivante : ce II est aussi à remarquer que le négociant 
Alvise Albrizzi, de Venise, a vendu à la bibliothèque de Vienne 
plusieurs impressions de nielles dont les planches originales se 
trouvaient en la possession du comte Cicognara et qu'il a même 
décrites sans ajouter qu'il y eût des épreuves sur papier. Le 
soupçon d'une supercherie devient d'autant plus grand qu'il serait 
absolument en dehors de toute probabilité que de ces nielles, 
appartenant à différentes époques et à des régions diverses de 
l'Italie, les plaques fussent toutes parvenues dans le cabinet Cico- 
gnara et les épreuves sur papier entre le mains du négociant 
Albrizzi. » Ainsi ce dernier, au dire de Passavant, aurait possédé 
des épreuves de toutes les plaques niellées ayant appartenu à 
Cicognara, et cette insinuation a fait son chemin. Pour dénoncer 
la légèreté avec laquelle Passavant a agi en cette circonstance, il 
suffît de constater qu'il ne signale lui-même que vingt-huit 
épreuves correspondant aux plaques de Cicognara qui étaient 
cependant au nombre de cent vingt-quatre, et qu'ensuite il n'a 
vu aucune de ces dernières, de sorte qu'il lui était impossible 
de faire l'identification des unes avec les autres autrement qu'à 
l'aide de l'album de reproductions de Cicognara, ce qui n'est pas 
suffisant. 

Mais après tout. Passavant ne fit qu'exhumer un vieux soupçon^ 
sans se porter garant de l'authenticité du fait. M. Richard Fisher, 
dans son Introduction au Catalogue des estampes de l'Ecole 
primitive italienne du Musée britannique, publiée en 1886, affirme 
cette fois nettement que tous les nielles du cabinet Cicognara 



Liv INTRODUCTION 

étaient faux. Les a-t-il vus? Aucun. Seulement, à la vente 
de la collection de M. Edward Cheney (1884), qui avait long- 
temps séjourné à Venise, le Musée britannique a acquis un 
portefeuille d'environ deux cent trente épreuves de faux 
nielles, parmi lesquelles se trouvent les vingt-huit pièces déjà 
connues par les exemplaires de la Bibliothèque impériale de 
Vienne et dont les compositions paraissent identiques avec celles 
des plaques respectives du cabinet de Cicognara. Pour d'autres 
pièces, on y voit des épreuves des différents états et même des 
dessins originaux. Voilà ce qu'on appelle les pièces justificatives 
du procès! Qu'on ait fabriqué dans ce siècle-ci en Italie un 
grand nombre de nielles, personne ne le conteste, et la preuve 
n'en est plus à faire. A la longue, les Italiens n'en faisaient plus 
mystère, car, déjà en 1843, Vallardi, dans son Manuel au collec- 
tionneur et du marchand d'estampes*, donne l'avis suivant : a A 
défaut d'originaux, celui qui désirerait avoir des copies ou même 
des plaques niellées gravées par les nommés Pirona, Zanetti*, 
Comanirato, pourra s'adresser à la fabrique d'armes antiques à 
Venise, sous la raison des frères San Quirico, éditeurs. » Mais 
où est jusqu'à présent la preuve de la non-authenticité des nielles 
de Cicognara ? Les vieux cancans ne sauraient ici entrer en ligne 
décompte et les simples apparences ne suffisent pas. Pour pouvoir 
se prononcer sérieusement là-dessus, il faudrait avoir sous les 
yeux les plaques elles-mêmes et les épreuves qu'on affirme avoir 
été obtenues d'elles avant la niellure. Or, personne encore n'a fait 
cette confrontation. Puis, si toutes ces plaques n'offrent que des 
supercheries, pourquoi n'en trouve-t-on pas des épreuves de 
toutes ? De ce qu'on en rencontre une trentaine dont les compo- 
sitions concordent à peu près avec des reproductions respectives 
de l'album de Cicognara, il n'est pas permis de conclure forcé- 
ment à la fraude pour ce qui concerne les originaux. Et à cet 

1. Manuale del racoglitore e del negoziante di stampe; Milano, 1843, in 8, p. 93. 

2. II ne faut pas le confondre avec son homonyme, Tauleur du catalogue du cabinet Cicognara. 



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INTRODUCTION lv 

égard nous allons apporter quelques obsei'vations, qu'on s'est 
bien gardé de relever. Ainsi, à propos de deux sujets à^Esther 
(nos n** 6 et 6 bis) du cabinet Cicognara, Passavant dit que le 
médaillon qui les offre est niellé, tandis que Zanetti nous informe 
qu'il ne Ta jamais été, et dès lors il n'y a pas de quoi gloser qu'il 
en existe des épreuves. Passavant constate qu'il y avait chez 
Colnaghi, à Londres, en 1850, une épreuve de la composition 
du Couronnement de la Vierge du fronton de la belle Paix de 
Cicognara aux armes de Ludovic Sforza (nos n*** 40-42), mais 
qu'on a reconnu que c'était une copie moderne en sens im^erse 
provenant de chez San Quirico. Or, du moment qu'il est avéré, et 
Vallardi le dit aussi, qu'on faisait des copies de nielles anciens, 
pourquoi ne pas admettre cette explication si simple que les 
épreuves sur lesquelles porte la discussion ne doivent provenir 
que des copies d'un certain nombre des nielles de Cicognara ? 

Les connaisseurs et les critiques d'art contemporains en Italie 
sont absolument convaincus de la fausseté de ces accusations. 
Mais nous allons ajouter à tout ce qui précède des arguments 
autrement importants. 

Dans la collection Cicognara il y avait un autel portatif orné de 
plaques niellées et décrit comme une œuvre byzantine, rapportée 
en Itahe au quinzième siècle par le cardinal Bessarion. Cet objet 
fut acquis par un savant archéologue anglais, le chanoine Daniel 
Rock, qui l'a décrit dans un de ses ouvrages (voir notre Appen- 
dice). Plusieurs savants des plus autorisés, qui en ont parlé en- 
suite, ont reconnu cet autel pour un travail authentique de la fin 
du douzième siècle, et d'un intérêt capital. 

D'autre part, il se trouve dans la collection de M. Fr. Spitzer 
une petite Paix aux armes des Sforza de Cotignola , représentant 
V Homme de douleurs (nos n®* 122-127), Paix identique sur tous les 
points avec le n® 119 de l'album de Cicognara, et pourtant d'une 
authenticité défiant tout soupçon. Une réplique contemporaine de 
la même Paix (et ce n'est point un fait unique dans le domaine de 



LVî INTRODUCTION 

Fart) a figuré à la vente Castellani en 1884, où elle a atteint le 
prix de cinq cent dix francs, ce qui serait de trop pour une contre- 
façon moderne. Comme dans le portefeuille d'épreuves de faux 
nielles recueillies par Cheney, il y en a une de trois sujets de ces 
Paix mêmes, qu'on veuille bien les confronter avec les originaux, 
et sans doute il en jaillira une lumière suffisante pour clore ce 
débat fastidieux. Nous sommes convaincu que si Ton avait sous 
les yeux tous les nielles aj^ant appartenu à Cicognara, on recon- 
naîtrait qu'ils sont tous aussi authentiques que les deux dont nous 
venons de parler. 

Nous avons vu un bon nombre d'épreuves des contrefaçons de 
nielles, et toujours on y reconnaît aisément une main moderne. 
M. Drugulin, de Leipzig, chargé de la vente de la belle collection 
d'estampes du professeur Santarelli , de Florence, y en a joint en- 
viron deux cents, dans un appendice, précédé de ce préambule : 
ce Les épreuves de nielles que nous allons énumérer ici parais- 
sent avoir été tirées à Venise entre les années 1825 et 1840, tant 
sur d'anciennes planches dont on avait enlevé le nielle, que sur 
d'autres nouvellement gravées par des artistes habiles, et niellées 
ensuite. Des noms de ces artistes nous connaissons ceux de 
MM. Pirona, Zanetti, Comanirato, sans toutefois pouvoir démêler 
la part qui en revient à chacun d'eux, parce que, nécessairement, 
c'était de l'intérêt de ceux qui faisaient ce commerce clandestin, 
les négociants San Quirico, Alv. Albrizzi el Ant. Zen, de n'en 
laisser percer aucune intelligence. C'est bien dommage, car beau- 
coup de ces stampine sont vraiment très belles et assez dési- 
rables comme objets d'art, tandis que la nature des planches 
même ne peut pas avoir permis d'en tirer un grand nombre 
d'épreuves. Le commerce de cette classe de nielles a longtemps 
dormi, probablement faute d'épreuves, mais il parait qu'on en 
a récemment déniché une partie, puisqu'un négociant de Venise, 
M. Colbacchini, a publié en 1870 un catalogue de sa « superbe 
ce collection, fruit de longues et soigneuses recherches », dont 



INTRODUCTrON Lvii 

il en offre 280 à des prix variant de 8 à 600 francs la pièce. Comme 
M. Colbacchini promet de publier de temps en temps de nouveaux 
catalogues pour annoncer de ce petites mais intéressantes parties 
a de ses nombreuses collections », nous pouvons nous attendre 
à d'autres révélations. C'est une partie de ces épreuves Colbac- 
chini qu'on nous a chargé de mettre à l'enchère », Parmi ces 
épreuves il y en avait un bon nombre provenant des plaques dé- 
crites par Passavant comme ayant appartenu à Ant. Zen, à Albrizzi 
et à San Quirico; d'autres correspondent aux compositions des 
Cicognara*; enfin, plus d'un cent n'avaient pas été signalées anté- 
rieurement. 

Ce serait évidemment une exagération de soutenir que tous 
les nielles sortis des cabinets de ces marchands vénitiens n'é- 
taient que des falsifications. Cicognara a regardé comme authen- 
tiques un certain nombre de ceux qu'il a vus chez Albrizzi et chez 
San Quirico, et en effet on n'en a pas encore rencontré d'épreuves 
modernes. Il en est de même d'autres plaques vues par Duchesne 
en 1833 et en 1834 chez Ant. Zen. On est même porté à croire, 
et cela concorde avec la déclaration de Zanetti à cet égard, que 
les falsifications ne commencent sérieusement que vers cette date, 
attendu que dans les premières collections françaises de nielles, 
celle de Durand (vendue en 1821) et celle de Rossi (vendue en 
1822), il n'y en a point eu de suspects, et qu'ils n'apparaissent 
qu'à la seconde vente du cabinet Durand, en 1836, et à celle de 
Révil en 1838. 

Passavant met aussi en suspicion les nielles du cabinet Santini, 
sans en avoir vu aucun. Or, nous avons pu constater qu'un cer- 
tain nombre de pièces parfaitement authentiques, des plus belles 
et des plus rares, provenaient précisément de cette collection 
(voir, entre autres, nos n^ 407, 483, 486, 487, 573, 586 et 613.) 

Ce que nous venons de dire prouve que, tout en se mettant en 

1. M. DruguHn 8e trompe lorsqu'il afGrme que les reproduclioas des nieller de ralbum de Cico- 
gnara ont été faites en contre-partie des originaux. 



LViif INTRODUCTION 

garde contre les faux nielles, qui sont nombreux, il ne faut point 
pousser le scepticisme jusqu'à l'exagération, et ne voir partout 
que des falsifications, comme Ta fait M. Fisher devant lequel les 
pièces telles que la célèbre Adoration d^s mages (notre n® 36), 
et la Résurrection avec le nom de Peregrini, n'ont pas trouvé 
grâce. 

VII. - QUELQUES MOTS SUR LE PRÉSENT CATALOGUE 

Notre ouvrage n'est point une compilation, mais une étude 
approfondie et aussi complète qu'elle a pu l'être. 

Nous avons cru plus rationnel de ne pas imiter l'exemple de 
Duchesne et de Passavant, mais de séparer en sections spéciales 
les plaques niellées ou destinées à la niellure, les empreintes en 
soufre et les épreuves sur papier. Les deux premières ne se 
rattachent qu'indirectement à l'objet de notre travail, consacré 
avant tout aux nielles-estampes, et nos trois divisions auront 
pour effet de faciliter les recherches. Dans ce dernier but aussi, 
nous avons dressé des tables de concordance et autres, d'autant 
plus que avons dû rectifier les dénominations de certaines pièces 
dont nos devanciers n'avaient pas reconnu les sujets réels. Nous 
avons aussi cru devoir perfectionner la classification donnée par 
Duchesne et créer de nouveaux groupes. 

Parmi les objets niellés on remarquera les deux superbes pla- 
ques de reliure aux armes du fameux cardinal Balue, appartenant 
à M. le baron Nathaniel de Rothschild, de Vienne, plaques qu^on 
verra pour la première fois grâce à nos reproductions, autorisées 
gracieusement par leur possesseur; qu'il daigne en recevoir notre 
hommage de gratitude. Il en est de même de plusieurs objets 
niellés d'un grand intérêt, faisant partie de l'immense collection 
de M. Fr. Spitzer, et dont nous sommes heureux de donner des 
fac-similés, parmi lesquels se trouve une superbe Paix italienne 
du quinzième siècle, offrant l'exemple unique de la représentation 



INTRODUCTION lix 

àaV Arbre de Jesse, Paix acquise par M. Spitzer postérieurement 
à la rédaction de notre catalogue. Nous tenons à lui témoigner 
publiquement notre reconnaissance de l'accueil bienveillant que 
nous avons trouvé auprès de lui. Nous nous empressons aussi de 
remercier M. Emile Molinier, attaché au Musée du Louvre, de 
plusieurs communications qu'il a bien voulu nous faire. 

A l'exemple de Passavant, nous avons pensé qu'il était utile de 
donner le catalogue d'un certain nombre d'épreuves modernes 
tirées sur des objets gravés en creux au moyen âge, attendu que 
ces épreuves ne saurait être placées ailleurs qu'à côté des nielles. 

On a reproché à Duchesne et à Passavant d'avoir, dans leurs 
catalogues , grossi démesurément le nombre des nielles ; la 
même critique va évidemment atteindre notre travail où la liste 
de nielles-estampes est encore plus longue. S'il fallait s'en rap- 
porter à l'opinion des iconographes sceptiques, tels que M. Kol- 
lofF^, il n'existerait qu'une trentaine de pièces tirées sur des plan- 
ches non destinées à fournir des estampes. Cependant, si l'on veut 
être de bonne foi, il faut bien admettre comme nielles d'abord 
les épreuves portant l'empreinte des trous faits dans les planches 
pour les fixer; ensuite, les pièces avec des inscriptions à rebours 
et ayant d'autre part tous les caractères propres aux nielles. Or, 
notre catalogue en enregistre plus de soixante des premières, 
et près de quatre-vingts des secondes. En outre de cela, des 
centaines d'autres pièces offrent des particularités qui obligent 
de les exclure de la catégorie des gravures ordinaires. Cependant 
nous sommes loin de prétendre que toutes les pièces décrites par 
nous soient des nielles. Nous avons distrait de notre catalogue 
les estampes exécutées par Peregrini, pour en former un cha- 
pitre à part, et il en est de même pour Nicoletto de Modène; nous 
avons, parmi les pièces anonymes, signalé celles qui ne sont 
visiblement que des modèles pour orfèvres; nous avons placé 



i, Meyer's Al/gemeines Kûruttler-Lexikon, X, II (1878), art. Baldint, p. 576. 



Lx INTRODUCTION 

hors cadre plus de soixante-dix pièces qui avaient été à tort pré- 
sentées comme nielles ou bien sur lesquelles il y a des doutes 
sérieux. Ce travail d'épuration pourrait assurément être plus 
étendu, si Ton avait sous les yeux toutes les estampes mêmes 
qu'on fait entrer dans cette classe, car les reproductions ne 
sauraient pour cet examen suppléer aux originaux. Pour celles 
qui ne se trouvent qu'à l'étranger, nous n'avons pu faire mieux 
que de nous en rapporter à l'opinion des autorités compétentes, 
et à cet égard nous devons remercier particulièrement M. Sidney 
Colvin, directeur du Cabinet des estampes du Musée britannique, 
d'avoir bien voulu nous communiquer les épreuves de la majeure 
partie du Catalogue des nielles italiens de ce grand dépôt, et 
M. le D*" Max Lehrs, conservateur-adjoint du Cabinet des estampes 
de Dresde, auquel nous sommes redevable de tous les renseigne- 
ments circonstanciés sur les pièces de ce cabinet regardées comme 
nielles. Nous avons aussi de grandes obligations à M. A. Berto- 

r 

lotti, directeur des Archives d'Etat à Mantoue et écrivain d'art 
très connu, qui a eu la bonté de faire en notre faveur une enquête 
spéciale sur certains nielles conservés en Italie. 

Pour ceux qui se trouvent à Paris, nous les avons étudiés scru- 
puleusement, ce qui nous a permis souvent de compléter ou de 
rectifier les descriptions et les opinions de nos devanciers. Nous 
sommes pénétré des sentiments de la plus vive gratitude pour le 
plus éminent des iconophiles de ce temps, M. le baron Edmond de 
Rothschild. Protecteur zélé des études iconographiques, il a 
daigné non seulement nous accorder la permission d'examiner à 
l'aise son extraordinaire collection de nielles, mais encore nous 
autoriser à en faire reproduire quelques-uns des plus précieux. 
Sans cette libéralité, notre travail eût perdu une part de l'intérêt 
qu'il peut offrir, et M. le baron Edm. de Rothschild n'a pas voulu 
en priver les studieux de cette branche de la gravure. Nous nous 
permettrons de les associer tous à l'expression de notre recon- 
naissance, et nous ne devons pas oublier d'adresser nos remer- 



INTRODUCTION lxi 

cléments à M. Silvy, le conservateur de cette riche collection, qui 
nous a obligeamment fait part de ses notes et de ses observations. 

En ce qui concerne le Cabinet des estampes de la Biblio- 
thèque nationale, nous avons à remercier plus particulièrement 
son éminent directeur, M. Georges Duplessis, dont la haute 
compétence ne fera jamais défaut à qui. y aura recours; il a bien 
voulu aussi nous prêter l'appui de son autorité dans la polémique 
que nous avons dû engager au sujet des deux pièces dont 
l'authenticité a été. contestée. 

Nous avons aussi l'agréable devoir de constater que nous avons 
été utilement aidé dans nos investigations par M. Jules Bouillon, 
marchand d'estampes de la Bibliothèque nationale, dont on ne 
peut jamais lasser la patience ni décourager l'amabilité. 



DE L'ART DE NIELLER 

ET DE LA MANIÈRE DE FAIRE LE NIELLE 

(Extrait du Trattato dcUVreficena, de Benvenuto Cellini. ) 



En 1515, lorsque je commençai à apprendre Tari de Torfèvrerie, celui de 
graver en nielle était presque tout à fait abandonné. Aujourd'hui, dans 
Florence, parmi nos orfèvres, il paraît entièrement éteint. Cependant comme 
j'entendais répéter continuellement dans ce temps-là, parmi les vieux orfèvres, 
combien cette industrie avait été florissante, et particulièrement combien Maso 
Finiguerra s'était distingué dans cet art, je fis tous mes efforts pour suivre les 
traces de cet homme éminent. Je ne me contentai pas seulement d'apprendre à 
graver de cette sorte, mais je voulus connaître la manière de faire le nielle pour 
pouvoir, avec plus de facilité et d'assurance, travailler dans cet art. Mais 
d'abord parlons de la manière dont on fait le nielle. 

On commence par prendre une once d'argent très fin, deux de cuivre bien 
nettoyé et trois de plomb très pur et très propre. On doit avoir ensuite un 
creuset capable de contenir cette quantité de métaux. On aura soin de mettre 
d'abord l'once d'argent et les deux de cuivre ; ils devront être placés au feu d'un 
fourneau, au contact d'un petit soufflet. Quand l'argent et le cuivre seront bien 
fondus et mélangés, on y ajoutera le plomb. Cette opération faite, il faut sur-le- 
champ retirer le creuset, prendre avec les pincettes un petit morceau de 
charbon très convenable pour mêler le tout. Le plomb, par sa nature, fait 
toujours un peu d'écume, il faut, autant qu'on le pourra, avec ce morceau de 
charbon, la faire disparaître, jusqu'à ce que les trois métaux soient bien incor- 
porés ensemble et bien purs. On tiendra prête une petite bouteille de terre de 
la dimension qu'une main puisse la contenir. Le col doit être de la grosseur 
d'un doigt. Cette bouteille sera remplie jusqu'à moitié avec du soufre bien pilé. 
La fusion desdits métaux étant complète et ceux ci chauds, on les versera dans 
la bouteille, qui sera immédiatement bouchée avec un peu de (erre humide. On 
continuera à la tenir dans la main, en recouvrant le tout avec un grand morceau 
de toile. Pendant que la composition se refroidira, on remuera continuellement 
la main jusqu'à ce que toute chaleur soit disparue ; alors la bouteille sera 
brisée. On verra que par la vertu du soufre cette fusion appelée nielle aura 
pris la couleur noire. 11 est indispensable que l'on choisisse le soufre le plus 



DE L'ART DE NIELLER lxiu 

noir que Ton pourra se procurer. Gela fait, on prendra le nielle qui se trouvera 
en petits grains, encore bien que le mouvement de la main n'ait d'autre but que 
de le fondre ensemble le plus possible. En quelque forme qu'il se retrouve, on 
le remettra dans le creuset comme la première fois, on le fondra à un feu lent, 
en jetant dessus un grain de borax. Cette opération se fera jusqu'à deux ou 
trois fois, et chaque fois on doit rompre ledit nielle, en regardant avec soin le 
grain, et quand il sera bien serré le nielle aura toute sa perfection. 

Parlons maintenant de l'art de nieller, c'est-à-dire d'emplojer le nielle sur 
des plaques d'or et d'argent; on ne se sert pour ce travail que de ces deux 
métaux, les plus nobles de tous. On prendra la planche gravée, et comme la 
beauté du nielle consiste en ce qu'il doit venir uni et sans aucune soufflure, 
pour cela il faut faire bouillir la planche dans de l'eau, avec beaucoup de 
cendres de chêne, qui doivent être bien nettoyées. Gela, parmi les orfèvres, 
prend le nom d'une cendrée. Lorsque la planche gravée, mise avec la cendre 
dans la chaudière, y aura bouilli pendant un quart d'heure, on la mettra ensuite 
dans une cuvette avec de l'eau très fraîche et très pure, puis, avec une paire 
de petites brosses bien nettoyées, on frottera avec soin la gravure jusqu'à ce 
qu'elle soit propre et débarrassée de toutes sortes d'ordures. On y adaptera, 
après, un morceau de fer assez long pour pouvoir la manier au feu ; il devra 
avoir trois palmes environ de longueur, plus ou moins, selon le besoin et la 
dimension de la gravure. On doit avoir soin que ce morceau de fer ne soit ni 
trop gros ni trop menu, en sorte que, lorsqu'on se mettra à nieller la gravure, 
le feu Tait chauffée d'une manière égale. Si la gravure était échauffée avant le 
fer ou le fer avant la gravure, le travail ne vaudrait rien ; c'est un point auquel 
on doit apporter la plus grande attention. Gela fait, on prend le nielle et on 
l'écrase sur l'enclume ou sur un morceau de porphyre, le contenant dans une 
virole ou dans un canon de cuivre, de manière qu'il ne saute pas. On doit 
veiller à ce que le nielle ne soit pas moulu, mais pilé bien également, et réduit 
à la grosseur d'un grain de millet ou de panic, ni plus ni moins. Le nielle broyé 
de cette manière sera placé dans des petites tasses vernissées, et avec de l'eau 
fraîche et propre on le lavera souvent, afin qu'il soit net de poussière et de 
toute autre chose, qui aurait pu lui ôter sa pureté pendant qu'on le pilait. On 
prendra ensuite une petite spatule de laiton ou de cuivre, et on en étendra sur 
la gravure haut comme le dos d'un couteau de table ordinaire ; en outre, on 
jettera dessus un peu de borax bien pilé, à la condition qu'on n'en mettra pas 
trop. Après, on placera de petits morceaux de bois sur un peu de charbon 
allumé avec le soufflet du fourneau. Dès que le feu aura pris, on en approchera 
adroitement l'ouvrage, en commençant à le chauffer modérément, jusqu'à ce 
que l'on voie le nielle commencer à se fondre. A ce moment-là il n'a pas 
besoin d'une grande chaleur, autrement l'ouvrage s'enflammerait et devien- 
drait rouge. Le nielle trop chaud perd sa force et devient mou ; la grande partie 



Lxiv DE L'ART DE NIELLER 

de plomb dont il est composé dévore alors la plaque, qu'elle soit d'or ou 
d'argent. Pour éviter cet inconvénient, il faut être très diligent. Mais retournons 
un peu en arrière : lorsque l'ouvrage sera sur le feu, on prendra un fil de fer un 
peu gros dont l'extrémité sera aplatie. Celle-ci sera mise au feu, et lorsqu'on 
verra le nielle commencer à se fondre, on passera sur la gravure ce morceau de 
fer. L'un et Tautre étant chauds, le nielle sera comme de la cire fondue, il 
s'unira mieux à la gravure sur laquelle il s'étendra. 

Quand le travail sera froid, on commencera à limer le nielle avec une lime 
douce, et lorsqu*une certaine quantité aura été enlevée non pour découvrir la 
gravure, mais pour qu'on l'aperçoive, on mettra l'ouvrage sur de la cendre ou 
plutôt sur un peu de braise allumée, et quand il j aura assez de chaleur pour 
que la main ne puisse la supporter, on prendra un brunissoir d*acier avec un 
peu d'huile, on polira le nielle en appuyant la main autant que l'ouvrage le 
comportera. Ce brunissage a pour but de faire disparaître certaines petites 
cavités qui se forment pendant l'opération. Avec un peu de pratique et de 
patience, ce défaut sera facilement corrigé. Mais, pour terminer le travail, un 
habile artiste doit prendre l'ébarboir et finir de découvrir la gravure. Il lui faut 
avoir ensuite du tripoli et du charbon pilé, et avec un roseau bien aplani du 
côté de la moelle, la gravure étant mise dans l'eau, on devra la frotter jusqu'à 
ce qu'elle soit devenue unie et brillante. II me suffit d'avoir traité de l'art de 
nieller même d'une manière assez succincte, encore bien que les difficultés de 
ce travail demandassent une plus grande étendue. Mais quand je me suis pro- 
posé d'écrire sur cette matière, je m'étais prescrit de ne pas sortir des limites 
de la brièveté. Je passe maintenant à l'art de faire le filigrane, non moins 
difficile et remarquable que celle-ci. 



BIBLIOGRAPHIE 



I. — PRINCIPAUX OUVRAGES DONNANT LA DESCRIPTION 

DES NIELLES 

GORI(A. L. ). Thésaurus veterum diptychorum^ consularium et 
ecclesiasticorum. . . Opus posthumum. — Florenti», 1759, 3voLîn-foL 

HEINEGKEN ( Carl Heinrich von). Neue Nachrichten von Kwist- 
lern wid Kunstsachen {NonyedLUx Renseignements sur les artistes et 
les œuvres d'art). — Dresden und Leipzig, Breitkopf, 1786, pet, in-8. 

Il a décrit nombre de nielles allemands du Cabinet des Estampes de Dresde, sans 
se douter de la nature de ces pièces. 

ZANI ( PiBTRo). Materiali per servire alla storia delV origine e de^ 
progressi delV incisione in rame e in legno e sposizione delF intéres- 
sante scoperta d'una stampa originale del célèbre Maso Finiguerra 
fatta.... da Pietro Zani. — Parma, Carmigiani, 1803, in-8, avec une 
planche. 

— Enciclopedia metodica critico-ragionata délie belle arti. — 
Parma, 1817-1824, 29 vol. in-8. 

La première partie, comprenant 19 vol., offre un dictionnaire des artistes ; la 
seconde, un catalogue des ligures bibliques, gravées sur bois ou sur métal. 

LANZI(LuiGi). Storia pittorica delV Italia. Edizione terza. — 
Bassano, 1809, 6 vol. gr. in-8 (et aussi les éditions suivantes). — Tra- 
duction française: Histoire de la peinture en Italie. — Paris, 1824, 
5 vol. in-8 ; t. r^ 

BARTSCH(Adam). Le Peintre-Graveur. T. XIII. — Vienne, De- 
gen, 1811, pet. in-8. 

Ce volume débute par un Essai sur Vhistoire de la découverte de l'impression des 
estampes^ suivi de la description des fac-similés des nielles de Durazzo. 

NIBLLBS e 



Lxvi BIBLIOGRAPHIE 

OTTLEY (William Young ). An Inquiry into the Origin and early 
hist07y ofEngraving, upon copper and in wood, toit h and Account 
of engravers and their works, from the invention of Chalco- 
graphy hy Maso Finiguerra, to the time of Marc' Antonio Rai- 
mondi. — London, 1816, 2 vol. in-4, avec grav. 

La partie consacrée aux nielles comprend les pages 259 à 348 du premier 
volume. 

MALASPINA. Catalogo di una raccolta di stampe antiche compi- 
lato dallo stesso possessore march. Malaspina di Sannazaro, — Mi- 
lano, 1824, 5 vol. in-8. 

Les plaques niellées de ce cabinet sont décrites au t. iV, el les épreuves sur pa- 
pier au t. 11. 

OTTLEY (William Young). A Collection of fac-similés of scarce 
and curiousprints^ hy the early masters of the italian, gernuxn, and 
flemish schools : illustrative of tlie History of Engraving^ from the 
invention ofthe arty by Maso Finigue7^ra...... — London, 1826, in-fol. 

Les pages xxvi à xxxvi de l'Introduction sont consacrées à l'exposé des origines 
de la calcographie. Parmi les fac-similés on trouve d'excellentes reproductions de 
quarante -quatre plaques niellées, de onze empreintes en soufre, d'une épreuv ede 
nielle et de la Résurrection de Peregrini. 

DUGHESNE (Jean). Essai sur les nielles^ gravures des orfèvres flo- 
rentins du quinzième siècle, par Duc fies)ie aîné . — Paris, Merlin, 1826, 
in-8, de xii-382pp., avec fac-similés. 

— Voyage d'un Iconophile. Revue des principaux cabinets d'es- 
lampes, biblioihèqices et musées d'Allemagne, de Hollande et d'Angle- 
terre, — Paris, Heideloff et Campé, 1834, in-8. 

H s'y trouve quelques renseignements complémentaires sur les nielles. 

CrCOGNARA (conte Leopoldo). DeirOrigine, composizione e 
decomposizione dei Nielli. Esercitazio?ie. — Venezia, 1827, in-4. 

— Memorie spettanti alla storia délia Calcografia. — Prato, Gia- 
chetti, 1831, in-8. 

La dissertation précédente est réimprimée dans cet ouvrage avec des augmenta 
tions et complétée par un catalogue des plaques niellées, possédées par Tauteur, 
plaques reproduites en fac-similés dans un album in-folio. 



BIBLIOGRAPHIE lxvu 

ZANETTI (Alexandre). Le Premier Siècle de la Calcographie, ou 
Catalogue raisonné des estampes du cabinet de feu M. le comte Léo- 
pold Cicognara...Avec un appendice sur les Nielles du même cabinet. 
— Venise, Antonelli, 1837, iii-8, de xxi-576, 184 et xxvi pp. 

Quelques épreuves modernes de nielles et les fac-similés d'une partie de ceux de 
Durazzo sont décrits dans la première partie, pp. 87-108. 

RUMOHR (C. Fr. von). Untersuchung der GrÛ7ide fur die An-* 
nahme : dass Maso di Finiguerra Erfinder des Handgriffes sei, 
gestochene Metallplatten auf genetztes Papier abzudrucken. (Re- 
cherches sur les raisons qui ont porté à attribuer à Maso Finiguerra 
rinvention du procédé de reproduire sur papier mouillé des gravures 
sur plaques de métal.) — Leipzig, 1841, in-8, de 60pp. 

ALVIN (L.). Les Nielles de la Bibliothèque royale de Belgique. 
Notice lue à la clause des beauoc-arts de F Académie royale de Bel- 
gique^ séance du 13 mai 1857, Avec fac-similés photographiques. — 
Bruxelles, 1857, in-8. 

M. Alvin, alors conservateur du Cabinet des Estampes de Bruxelles, eut l'honneur 
de découvrir vingt-neuf estampes de nielles, représentant quatorze sujets différents, 
dont trois inconnues jusque-là, dans un cahier d'institutes de droit romain, dicté en 
1600 à rUniversité de Louvain par le prof. Gérard de Coursèle, et écrit par Jean Van 
Sestich, plus tard chanoine et professeur de Uecrétales (mort en 1634). Ce manuscrit 
avait été apporté à Paris pendant la Révolution, et restitué à la Belgique en 181 o. 

PASSAVANT (J.-D.). Le Peintre-Graveur. — Leipsic, R. Weigel, 
1860-1864, 6 vol. in-8. 

Le t. I" contient : VUisioù'e du nielle, avec complément de la partie descriptive de 
VEssai sur les nielles de Duchesne aine. Le t. V renferme des notices et des catalogues 
des nielles attribués à Francia, ainsi que des pièces de Peregrini, etc. 

REID (G.-M.). A Reproduction ofthe Salamanca collection ofPrinls 
from Niellij about fifly of which are unique and hitherto undescri- 
bed. Photographed and printed in carbon by Edwards and Kidd. 
With descriptions by George William Reid, Keeper of the Prints 
and Drawings in the Brltish Muséum. — London, 1870, in-8 carré, 
vi-17 pp. et pi. 

WILLSHIRE (W. H.). Catalogue ofearly prints in the British Mu- 



Lxvin BIBLIOGRAPHIE 

seum. Gemian and flemish schools. Vol. II. By William Hughes 
Willshire, M. D. Edin. — LondoD, 1883, in-8. 

Pour la description des nielles de ces deux écoles, M. Willshirc a élé aidé par 
M. Freeman O'Donoghue. 

DAVILLIER. Èonation du baron Charles Davillier. Catalogue des 
objets exposés au Mitsée du Louvre. — Paris, Fetscherin et Ghuit, 
1885, in-8. 

Les quelques plaques niellées de cette collection ont été décrites par M. Emile 
Moliuier. 

FISHER (Richard). Introduction to a catalogue ofthe early ita- 
lian prints in the British Muséum. — London, 1886, in-8. 

IL — CATALOGUES DES VENTES COMPRENANT DES NIELLES 

DURAND. Catalogue des estampes du cabinet de M. E. Durand. 
— Paris, Leblanc, 1819, in-12. 

Ce premier catalogue a été publié par le propriétaire lui-même. Les nielles, au 
nombre de quatre, sont mentionnés les premiers, ayant en tête la célèbre et unique 
épreuve de la Vierge entourée d'anges et de saintes (notre n^ 182). 

— Catalogue de la précieuse collection d'estampes recueillie par 
M. E. D***. Rédigé par N. Bénard, marchand d'estampes de la Bi- 
bliothèque du roi. — Paris, 1821, in-8. 

C'est le catalogue de vente de la première collection d'estampes d'Ëdme Durand, 
faite de son vivant. On y retrouve les nielles du catalogue précédent (à Tcxclusion 
de Germanicus haranguant son armée j pièce recoimue sans doute pour une estampe ordi- 
naire), et deux pièces nouvelles, dont une de Peregrini (notre n^ G8^). 

— Catalogue d'une collection d'estampes anciennes... du cabinet 
de feu M. Edme Durand. Par Piéri-Benard. — Paris, 1836, in-8. 

Dans cette seconde collection, on remarque en tête cinq Paix en argent niellé 
(nos n«» 45-46, 67*-67**, 102 6w, 356 6w, 383-392), qui paraissent toutes des copies ou 
des imitations modernes, et neuf épreuves dont les cinq premières étaient d'une au- 
thenticité douteuse. 

ROSSL Catalogue raisonné des estampes qui composaient le ca- 



BIBLIOGRAPHIE lxu 

Mnet de M. Rossi, de Marseille, par F.-L. Regnault-Delalande , 
peintre et graveur. — Paris, 1822, in-8. 

il s'y trouvait neuf pièces, dont sept y ont été décrites pour la première fois. Sept 
sur ces neuf pièces étaient de Peregrini. 

SYKES. A Catalogue ofthe highly valuable collection ofPrints, 
theproperty of the late sir Mark Masterman Sykes, Bar\ — London, 
1824, in-4. 

C'est la troisième partie de ce catalogue, consacrée à TÉcoIe italienne, qui pré- 
sente une superbe collection d'épreuves de nielles (n" 1111 à 1212), y compris des 
copies dessinées ou gravées ; puis les empreintes eu soufre (n<>* 1230 à 1235), enfin les 
plaques elles-mêmes (n» 1236 à 1245). La rédaction en est duc à Ottley. 

WILSON. A Catalogue raisonné of the sélect collection of 
Engravings of an amateur. — London, 1828, in-4. 

Plaques niellées : n»* 1 à 5. — Empreintes en soufre : n*» 6 à 0. — Epreuves sur 
papier : n» 1 à 41 . 

RÉVIL. Catalogue de la collection d'estampes anciennes et 
modernes^ recueillies par M. N, Révilj rédigé par Piéyn-Bénard, — 
Paris, 1830, in-12. 

Il s'y trouvait trois plaques niellées (nos n^ 164 et 499-500), et huit épreuves. 

— Catalogue raisonné de la rare et précieuse collection d'estampes, 
chefs-d'œuvre de la gravure du quinzième au dix-neuvième siècle, 
provenant du Cabinet de M, R**\ Par P. Defer. — Paris, 1838, in-8. 

Dans cette collection, on a fait figurer huit nielles, d'une authenticité douteuse. 

DEBRUGE-DUMÉNIL. Catalogue des objets d'art qui composent 
la collection Debruge-Duménil. — Paris, 1850, in-8. 

Il s'y trouvait plusieurs objets d'orfèvrerie avec plaques niellées (n** 909, 0!0, 923, 
951, 1625), très importants. — Un catalogue raisonné de cette collection avait été publié 
en 1947 par Jules Labarte : Description des objets d^art, etc. 

WELLESLEY. Catalogue of the choice and valuable collection of 
Engravings, the prope^Hy of the Rev. H. Wellesley,D, D., principal 

ofNew inn Hall, Oxford. Part. II. —London, june 1860, in-8. 

Cette seconde vente comprenait cinquante épreuves de nielles (n*^ 112-162) des 
plus importants, et dont un certain nombre n'avaient pas encore été décrits. — Dans la 



Lxx birltogrâprie 

troisième vente de cette collection (18H6),on a fait figurer (n* 1659-1661) trois estampes 
d'arabesques^ présentées comme nielles, 

MARSHALL. Catalogue of the entire and very choice collection 
ofEng7^avings, theproperty of Julian Marshall^ Esq. — London, 
june 1864, in-8. 

Les nielles, provenant en majeure partie de la vente Wellesley, figurent aux 
n»» 1434-1444. 

DRUGULIN. Catalogue of the entire and very choice collection 
of Engravings,.. the property of M, William DruguUn. — London, 
june 1866, in-8. 

n s'y trouvait (n* 11^9) une plaque d'argent niellé, avec une Adoration des Mages 
presque identique à notre n^ 49 (Haut., 96 millim. ; larg., 66), et qui en était pro- 
bablement une copie ; et une série d'épreuves de nielles, anciennes et modernes 
(n»' 1190 ai 203). 

S AL AM ANC A. Catalogue of the fine collection of Engravings 
the property of the may^quis of Salamanca, forme d by the eminent 
spanish painter José de Madrazo.... — London, february 1869, in-8. 

Les nielles sont décrits sous les n^ 94 à 152*. —M. Reid, le rédacteur de ce catalo- 
gue, a consacré ensuite à ces nielles une monographie accompagnée de fac-similés 
photographiques (voir plus haut). 

ALFEROFF. Catalogue de la vente de M. A. Alferoff, à Bonn. 
— Munich, 1869, in-8. 

Une plaque d'argent, n" 390. — Trois épreuves sur papier : n" 391 à 393. 

SANTARELLI. Catalogue d'une collection d'estampes, ornements 
et livres à figures, provenant du cabinet de M. Emilio Santarelli, 
professeur de sculpture à Florence. Rédigé par W. DruguUn. — 
Leipzig, DruguUn, nov.-déc. 1871, in-8. 

Il ne s'y trouvait qu'une pièce de Peregrini, mais on y a ajouté une série d'é- 
preuves de faux nielles (voir notre introduction). 

WEIGEL. Catalogue de premières py^oductions de l'art d'im- 
primer, en possession de M. T. 0. Weigel, à Leipzig. — Leipzig, mai- 
juin 1872, in-8, avec gravures. 

Il s'y trouvait quelques nielles italiens (n©* 489-492), et plusieurs nielles allemands 
ou prétendus tels (n~ 501 à 507). 



BIBLIOGRAPHIE lxxi 

DURAZZO. Catalog de?^ kostbaren und altberuhmten Kupferstich- 
Sammlung des Marchese Jacopo Durazzo in Genim. — Stuttgart, 
Gutekunst, nov. 1872, in-8. 

Première vente de cette collection célèbre. Les nielles y figurent sous les n** 28 1 7 
à 3018. Il 7 a de ce catalogue des exemplaires en grand papier, avec fac-similés en 
photo typie* 

GALICHON. Catalogue d'estampes anciennes et dessins composant 
la magnifique collection de feu M. Emile Galichon, ancien directeur 
de la « Gazette des Beaux-Arts ». — Paris, Clément, mai 1875, in-8. 

Les nielles y Gguraient sous les n*' 378 à 402, dont une Paix en argent niellé, une 
épreuve unique de V Adoration des mages (notre n* 36), avec le fronton, et plusieurs 
belles pièces de Peregrini. 

LIPHART. Catalog der Kv/pferstichsammlung des Herm Karl 
Editardvon Liphart, in Florenz. — Leipzig, Boerner, déc. 1876, in-8. 

Il ne s'y trouvait que le Triomphe de Mars et de Vénus de Peregrini, reproduit en 
fac-similé à la fin du catalogue. 

GRIFFITHS. Catalogue of a small but scarce collection of En- 
gramngs and etchings by old masters, the property of the Bev, 
John Griffiths. — London, 1883, in-8. 

Il s'y trouvait (n" 143-144) deux belles pièces de Peregrini. 

GASTELLANI. Catalogua des objets antiques, du moyen âge et de 
la Renaissance, dépendant de la succession Alessandro Castellani. — 
Paris, mai 1884, gr. in-8. 

Les Paix niellées figurent aux n®' 474 à 484. 

FOUNTAINE. The Fountaine Collection. Catalogue of Engra- 
vings..., removed from Nar f or d Hall, Norfolk. — London, 1884, in-8. 

On y a fait figurer quatre nielles allemands et deux nielles italiens, dont nous 
n'avons admis dans notre catalogue que le dernier, le seul que nous ayons pu voir. 
Les descriptions des autres sont trop succinctes pour cela; mais comme, à défaut de tout 
renvoi aux catalogues de Duchesne et de Passavant, ces pièces ne semblent pas avoir 
été décrites, nous en donnons la liste avec les prix d'adjudication. 

NIELLES ALLEMANDS 

N* 682. Saint Georges tuant le dragon. Diam., 40 millim. (1 £. 10 sb.) 
N<> 683. Saint Hubert. Diam., 40 millim. (1 £. 15 sb.) 



} 



Lxxii BIBLIOGRAPHIE 

N* 684. AmphUrite, Diam., 40 roiLlim. (i £. 15 sh.) 

N* 685. Une Cigogne^ la tête tournée à gauche. Diam., 35 millim. (7 sh.) 

NIBLLBS ITALIENS 

No 686. Pyrame et Thisbé. Haut., 43 millim.; larg., 23. (10 £.) 
N* 687. léda. (Voir notre n» 310.) 

VIGO. Katalog einer sehr reichen Sammlung altdeutscher Meister 
des XV. und XVI. Jahrhunderts.,.. Aus dem ehemaligen Besitz des 
Herm Vico in Rom. — Berlin, Amsler et Ruthardt, 1885, in-8. 

On 7 trouve six pièces présentées comme nielles (n** 364 à 369)» dont deux non 
décrites, et trois des plus belles estampes d'arabesques de Poregrini (n«* 372 à 374), 
reproduites en photo typie. 

STEIN. Catalogue des objets d'art de haute curiosité... composant 
l'importante collection de M. Ch. Stein. — Paris, mai 1886, gr. 
in-8. 



APPENDICE 



I. — QUELQUES OBJETS NIELLÉS TYPIQUES DU MOYEN AGE 

A. Autel portatif en porphyre rouge, garni d'argent niellé. 

Long.^ 240 millim.; larg., 140 ; épaisseur^ 4G. 

Face supérieure. Inscription niellée sur deux bandes d'ar- 
gent : A7ino ab incarnatione Domini Millesimo \ C\\ sexto kl. Ivlii 
domnvs Poncivs Barbastrensis || episcopvs et sayicte Fidis vir- 
ginis monachvs \\ Hoc altare Begonis abbatis dedicavit \\ et 
de. -h. xpi et sepvlcro eivs mvltasqve \\ alias sanctas reliqmas 
hic reposvit. — Sur la tranche sont figurés des personnages 
à mi-corps, niellés, placés sous des arcades; il y en a sept sur 
chacun des grands côtés, et quatre sur les petits côtés. 

CÔTÉ ANTÉRIEUR. Le Christ bénissant à la latine. A sa 
gauche : S. Fides, S. Vincentivs, S. Petrvs. A sa droite : S. Ma- 
ria, S. Cecilia et S. Pavlvs. 

CÔTÉ POSTÉRIEUR, en allant de gauche à droite : S. Matias, 
S. Lvcas, S. Marcvs, S. Caprasivs, S. Stephanvs, S. Tadevs, 
S. Simon. — Côté supérieur : S. Andréas, S. lacobvs, S. lohan- 
nés, S. Thomas. — Côté inférieur : S. Mathevs, S. Bartholo- 
mevs, S. Philippvs, S. lacobvs. 

Cet autel portatif, dit de Begon, dix-huitième abbé de Conques (1099 à 1118), 
est des plus précieux en ce qu*iHéinoigne qu*en 1106 Tart de nieller était cultivé en 
France avec succès. Il appartient au trésor de Téglise de Conques, et a été décrit par 
M. A. Darcel, d*abord dans les Annales archéologiques de Didron, t. XV( (1856)» 
pp. 87-89, puis dans l'ouvrage à part : Trésor de l'église de Conques (Paris, 1861, in-4, 
avec pi.), et gravé en partie. 

B. Autel portatif, avec douze plaques niellées disposées en bor- 
dure sur sa surface, et contenant des sujets symboliques. Le milieu 



1 



Lxxiv APPENDICE 

de l'autel est formé par un morceau de jaspe oriental et les côtés 
en hauteur par des bandes en argent estampé et doré. 

Largeur, 187 millim.; long., 302. 

Les Quatre Eléments, Ces nielles, placés aux angles, repré- 
sentent des femmes couronnées, à mi-corps, qui symbolisent les 
quatre éléments ; Tune verse de l'eau d'un vase dans un autre, la 
seconde porte un aigle perché sur sa main gauche, la troisième 
tient deux paniers de fruits, la quatrième deux torches allumées. 

Haut, etiarg., 31 millim. 

Deux Anges, Nielles latéraux de la bande supérieure. Ils sont 
à mi-corps, ailés, la tête ceinte d'une auréole, et tiennent, le 
premier un globe, le second un sceptre. 

Haut., 34 millim.; larg., 50. 

Agneau pascal. Nielle placé au milieu des deux précédents. 
L'agneau est ceint d'une auréole, blessé au cou, et son sang 
s'écoule dans un vase. Derrière lui, la croix et la bannière. 

HauU, 3i millim.; larg,, 54. 

Colombe de Varche de Noé. Nielle placé au milieu de la bande 
inférieure. La colombe est perchée sur l'arche. 

Haut, 34 millim.; larg.^ 32. 

Ornements entrelacés. Nielles latéraux delà bande inférieure. 

Haut., 34 millim.; larg., 88. 

Ome^nents entrelacés. Deux nielles placés au milieu des 
côtés verticaux. Leur ornementation diffère de celle des deux 
nielles précédents. 

Haut., liO millim.; larg., 34. 

Ce précieux autel portatif a figuré dans la collection du comte Cicognara (N®« 4- 
12). 

Zanetti (Catal., append., p. v) en parle en ces termes : « Ces nielles ne se dé- 
tachent pas, suivant la méthode ordinaire, sur fond noir, mais ils sont gravés sur les 
planches d'argent en clair-obscur, et leurs traits sont remplis par la niellure ; ce dont 
nous avons d'autres exemples dans quelques ouvrages de la plus ancienne école ita- 
lienne et de la byzantine, et même dans quelques-uns des nielles russes modernes. 
Leur fond est simplement doré et pointillé d'une manière très variée, de façon que 



NIELLES DU MOYEN AGE lxxv 

les ornements tantôt ressortent en clair, tantôt se détachent en ombre. Le style de 
tous ces ornements rappelle d*une manière frappante ceux qu'on voit sur un autre 
autel portatif du même genre et de la même époque, qu'on conserve dans l'archive 
du chapitre de l'église de Gividale en Frioul (voir Gicognara, Memorie, pp. 40-4<). 
— Celui dont nous parlons existait au monastère de Sainte-Marie d'Avellana, dans la 
Marche d'Ancône. Le célèbre cardinal Bessarion (d'origine grecque), après le concile 
de Florence, en 1439, ayant été nommé abbé commendataire de ce monastère, y dé- 
posa beaucoup de très riches ornements ecclésiastiques qu'il avait emportés de sa 
patrie. Ce fait nous est attesté, entre autres, dans les Annales des Camaldules, vol. IX, 
p. 405. Lors de la suppression du monastère, ces objets ne parvinrent point au do- 
maine royal, mais furent enlevés et cachés, jusqu'à ce que le gouvernement permit 
au dernier abbé d'en disposer à son gré. Quelques-uns d'entre eux, au nombre des- 
quels fut cet autel, passèrent alors entre les mains du comte Jérôme Possenti de Fa- 
briano, chez qui l'abbé s'était réfugié, et ensuite, avec les documents authentiques et 
la permission du pape, dans le cabinet Gicognara. » 

Cet autel, porté en Angleterre, a été acheté par le chanoine D. Daniel Rock, qui 
l'a fait figurer a l'exposition archéologique de Londres, en 1850, et l'a décrit dans son 
grand ouvrage : The Church ofour fathers (London, 1849-1853, 4 vol. in-8), t. l". Il 
en a ensuite laissé publier une reproduction gravée dans les Annales archéologiques 
de Didron, t. XII (1852), pp. 113-115, avec une lettre de lui où il dit : « Peut-être 
n'existe-t-il nulle part un ouvrage du moyen âge dont les nielles aient cette beauté. » 
Didron ajoute que cet autel est sous tous les rapports d'un prix inestimable. 

Travail byzantin de la fin du douzième siècle. 

C. Quatre plaques niellées, décorant la couverture d'un Évangé- 
llaire. (Duch., n~ 421-424.) 

1. Jésus-Christ en croix. Le bas, à droite, est échancré; 
dans le haut, à gauche, un trou de clou. 

Haut., 52 millim.; Urg. , 34. 

2. Saint Jean^ debout, tenant un livre fermé. Le bas, à gau- 
che, est échancré; dans le haut^ à droite, un petit trou de clou. 

Haut., 48 millim.; larg., 39. 

3. La Vierge et l'Enfant Jésus. Elle est couronnée et tient 
TEnfant sur son bras gauche. Le haut, à droite, est échancré ; 
dans le bas, à gauche, un petit trou de clou. 

Haut., 52 millim,; larg., 43. 

4. Un Evêque, mitre, tenant une croix de la main gauche, 
et donnant sa bénédiction de la droite. Le haut, à gauche, est 
échancré, et un trou de clou se trouve à droite. 

Haut., 48 millim.; larg., 34. 
Couverture d'un vieux manuscrit contenant l'évangile de saint Jean et le rituel de 



Lxxvi APPENDICE 

rirlande avant Tarrivée des Normands. Elle est entièrement en métal, avec des orne- 
ments d'orfèvrerie et des inscriptions gravées en irlandais. Sur Tune des faces, se 
trouve une croix ornée de cinq gros cabochons en verre coloré, et dans chacun des 
quatre compartiments est un des nielles, gravés au simple trait. Duchesne signale ce 
manuscrit comme appartenant à la famille Buckingham. « Ces figures, dit-il, sont 
d'une exécution très ancienne et fort médiocre, mais qui démontre Tusage auquel on 
employait les nielles à cette époque. Les fonds sont couverts de traits horizontaux, 
irréguliers et tremblés, puis remplis d*or. Les bandes du tour sont couvertes d'inscrip- 
tions. L'autre face du volume offre quatre plaques de blason, érhiqueti dargent, et 
dont l'émail est sauté. » 

D. Martyre de saint Thomas de Cantorbéry et son enterre^ 
ment. Reliquaire en forme de boîte avec un couvercle pyramidal. Sur 
Tune des faces de la boîte est représenté le martyre : le saint est à 
gauche, vu de trois quarts, tourné vers la droite ; un meurtrier lui fend 
le crâne avec une épée, et derrière lui on en voit deux autres. Les 
quatre personnages sont à mi-corps. Dans une bordure on lit : 
s. TOMAS occiDiT. Sur la face opposée de la boîte, le corps du saint 
est porté par deux religieux de Cantorbéry, et Tinscription sagvis e. 
s. TOM. {Sanguis est sancti Thomœ) nous apprend que son sang était 
renfermé dans ce reliquaire. Un ange, vu à mi-corps, est figuré sur 
chacun des côtés latéraux de la boîte. Les deux petites faces corres- 
pondantes du couvercle présentent des ornements feuillages, et sur les 
grandes faces, sont des anges : l'un assiste au martyre, l'autre porte 
rame du saint. En tout, huit plaques niellées. 

Ce reliquaire a appartenu à M. Germeau. U a été décrit dans la Gazette des BeatiX* 
Arts, t. XIX (18^5), pages 508-510, où l'on en trouve aussi une reproduction légère- 
ment réduite, c Faut-il voir, dit M. Darcel, dans le nielle de M. Germeau une œuvre 
anglaise de la fin du douzième siècle? Nous trouverions plutôt un caractère allemand 
croisé de byzantin, très prononcé, dans les télés des anges niellés sur les côtés de ce 
coffret. » 

E. Couverture d'un évangêliaire de Vahbaye d'Oignies, or>iée 
de nielles par le frère Hugo. 

Ce beau travail d'orfèvrerie belge, du commencement du treizième siècle, est orné, 
entre autres, de six petites plaques niellées, enchâssées dans la bordure autour du 
sujet principal. Les deux placées dans le haut et dans le bas offrent des rinceaux avec 
des animaux fantastiques. Les plaques latérales représentent d'abord un saint disant 
la messe, et, du côté opposé un ange thurif&raire ; et au-dessous» d'un côté, le frère 
Hugo (comme Tindique l'inscription Vgo au-dessus de sa tête), à genoux, offrant son 
évangêliaire à saint Nicolas, patron de Tabbaye, figuré assis et bénissant son disciple 



NIELLES DU MOYEN AGE lxxvii 

dans le nielle du côté opposé. Une inscription niellée, placée sur le chanfrein qui 
existe entre l'encadrement et la plaque centrale, est ainsi conçue : 4- liber : scriptvs : 
inlvs : et : foris : Hvgo : scripsit : intvs : qvestv : foris : manv : + orate : pro : eo : 4- 
ore : canvnt : alii : cristvm : canit : arte : fabrili : Hvgo : svi : qvestv : scripta : laboris : 
arans. 

Ce précieux objet est conservé dans le trésor des sœurs de Notre-Dame à Namur, 
et ce plat de la reliure a été reproduit en chromolithographie dans Touvrage : l'Art 
ancien à l'exposition nationcUe belge (Bruxelles, 1882, in-4), où Ton trouve encore la 
reproduction de quelques autres nielles belges du treizième siècle. 

F. Saint Pierre, saint Paul et deicx Anges. Quatre médaillons. 
(Duch., tf 417-420.) 

Diam.^ 27 millim. 

Ces médaillons, avec un trait rempli de nielle, sur un fond d'or, se. trouvent 
enchâssés dans les frises de la couverture d'un évangéliatre ayant fait partie, d*après 
Duchesne, du Musée royal du Louvre. 

Dans le milieu du plat, le Sauveur crucifié est en relief, accompagné de deux 
personnages debout. Aux angles, les quatre évangélistes, émaillés. 

G. Saint Jean, et les symboles des évangélistes. 

Plaque de cuivre niellée et dorée, décorant le plat supérieur (ancien inférieur) de 
la reliure d'un évangéliaire du commencement du onzième siècle, donné par le roi 
Charles V à la Sainte-Chapelle en 1379. 

Sous une arcade en plein cintre est gravée la figure de saint Jean, assis, écrivant 
son évangile. Il est entouré de quatre médaillons renfermant les symboles des évan« 
gélistes. Au-dessus des pilastres est une tablette avec celte inscription : Ce Hure bailla 
à sa sainte chappèle du palais || cJiarles le v de ce nom roi de france qui fu \\ filz du roi 
iehan lan mil troiz cens lxxix. Cette tablette est surmontée d'une figure d'ange à mi- 
corps tenant une banderole avec ces mots : Et verbum caro factum est. Les piliers et 
l'archivolte de l'arcade sont couverts de rinceaux. Le fond est losange et semé de 
fleurs de lis. Tous les traits du dessin ainsi que les fonds des losanges sont niellés. 

Cette reliure ne date que de 1378 ou 1379, mais le dessin en offre une apparence 
archaïque, attendu que l'artiste s'est inspiré des grandes miniatures du manuscrit, 
réprésentant les quatre évangélistes. 

Ce précieux volume est conservé à la Bibliothèque nationale. Le plat niellé a été 
reproduit plusieurs fois : entre autres en chromolithographie dans Le Moyen Age et la 
Renaissance, de P. Lacroix et F. Séré, t. V (1831), et en héliogravure dans les Inscrip- 
tions delà France, de F. de Guilhermy et R. de Lasteyrie, t. V (1883). 



Lzzviii APPENDICE 

IL — ÉPREUVES MODERNES DE QUELQUES OBJETS GRAVÉS 

DU MOYEN AGE 

H. Lustre ou couronne que Tempereur Frédéric P*" et rimpératrice 
Béatrix de Bourgogne donnèrent, vers 1165, à Téglise d'Aix-la-Cha- 
pelle. Il est orné de seize plaques gravées au burin. Huit de ces 
médaillons renferment des sujets de la vie du Christ. Les huit au- 
tres plaques, de forme carrée ou en rosettes, contiennent chacune 
la figure d'un messager divin, tenant un écriteau oblong, sur lequel 
se trouve gravée une des huit Béatitudes du Sermon sur la montagne. 
Le dessin et la gravure des deux séries sont de deux maîtres différents. 
Les bordures sont diversement ornées, mais l'intervalle ou bien le 
fond est évidé, ce qui forme une élévation dans l'impression. (Passav., 
I, p. 352 et suiv., n^ 804-819.) 

1. U Annonciation. La Vierge, les mains élevées, est à 
gauche. L'ange est à droite, levant la main gauche pour bénir; 
de l'autre il tient une banderole où on lit : ave maria. Avec 
une bordure ornée. 

Diam., 185 millim. 

2. La Nativité. La Vierge est couchée devant la crèche, 
où se voit l'enfant Jésus nu ; saint Joseph est assis à gauche ; 
derrière la crèche, le bœuf et l'âne. Dans le fond, un mur avec 
trois tours. 

Diam.^ 194 milUm. 

3. Adoration des mages. La Vierge est assise, à gauche, 
et tient, debout sur ses genoux, l'enfant Jésus vêtu, qui bénit les 
trois rois agenouillés, à droite. En haut, l'étoile. 

Diam.y 200 millim. 

4. Le Christ en croix. A côté de la croix, près d'un arbre, 
à droite, la sainte Vierge les mains jointes; à gauche, à côté 
d'un autre arbre, saint Jean. En haut, de chaque côté de la croix, 
le soleil et la lune en deuil. 

Diam., 191 millim. 



GRAVURES DD MOYEN AGK lxxix 

5. Les Saintes Femmes au tombeau. Elles s'avancent de la 
droite. Sur le tombeau, un ange assis, tenant un sceptre. 

Diam.^ 194 miliim. 

6. V Ascension. Le Christ est debout sur une montagne, 
tenant l'étendard de la croix, et regardant vers la gauche, 
d'où sort des nuages la main de Dieu le père. En bas, à gau- 
che, trois apôtres debout; à droite, la sainte Vierge avec un 
autre apôtre. Des flammes descendent du ciel. 

Diam.^ 194 miliim. 

7. La Descente du Saint-Esprit. Les douze apôtres sont 
assis, les uns contre les autres, regardant le Saint-Esprit qui, 
sous la forme d'une colombe, fait descendre sur eux douze 
rayons. 

Diam., 91 miliim. 

8. Le Chtnst maître du monde. U est assis sur l'arc-en- 
ciel, tenant de la main droite un livre ouvert et de l'autre le 
globe du monde. A côté de sa tête, l'Alpha et l'Oméga. De 
chaque côté, une figure d'adolescent en adoration qui, suivant 
le style antique byzantin, a l'avant-bras couvert d'une draperie. 
Composition entourée d'une bordure formée de rosettes, autour 
de laquelle est un cercle orné de feuillages. Dans les encoi- 
gnures, les symboles ailés des quatre évangélistes. 

Diam., 189 miliim. 

9. Un Messager divin. Il est dans un carré, orné d'une 
espèce de grillage, tenant une légende , sur laquelle on lit : 

BEATI. PAVPERBS. 8PIRITV. 

Haut, 241 miliim.; larfc., 205. 

10. Un Messager divin. Il se tient sur un champ orné de 
rosettes qui est entouré d'un carré orné; dans les encoignures, 
plusieurs auditeurs à genoux ou assis. On lit : beati. qvi. lv- 

GENT. QM. IPSI. CSOLABVT. 

Haut., 245 miliim.; larg., 210. 



hxxi APPENDICE 

a. Un Messager divin. Placé dans une plaque en losange, 
arrondie, entourée de quatre demi-cercles, qui contiennent, 
dans les parties laissées vides, des figures. On lit : beati. mites. 

qM. IPSI. POSSIDEBT TERRÂM. 

12. Un Messager divin. Il est entouré de petites figures, 
et tient une légende sur laquelle se lit : beati qvi esvrivnt. 
z sicivNT ivsTiTLK. Q. I. S. Ce sujet a une bordure carrée à 
laquelle est attaché, de chaque côté, un demi-cercle. Celui du 
haut montre un oiseau de proie, les autres divers ornements. 

HauL, 270 millim.; larg., 254. 

13. Un Messager divin. Il se tient près d'une source, 
dans un carré orné d'une espèce de grillage, et tient une 
légende portant ces mots ; beati. miséricordes, qvo. ipsi. mi- 

SCDIAM CONSQNT 

Haut.| 270 millim.; larg., 254. 

14. Un Messager divin. On le voit dans une rosette à 
grillage, tenant cette inscription : beati. mvndo. corde, qvoniam. 
ipsi. dm videbunt. 

Haiit.^261 millim.; larg., 248. 

15. Un Messager divin. Dans un carré orné à grillage, 
il tient une banderole avec : beati. pagifici. qvoniam. filii dei. 

VOCABÛTVR. 

Haut.^ 232 millim.; larg.^ 205. 

16. Un Messager divin. Sur un fond disposé à grillage, 
et entouré d'une bordure ornée de quatre demi-cercles, avec 
quatre encoignures, on lit : beati qvi persegvtionE. pacivntvr. 

PPT. IVSTITIAM. Q. I. G. R. G. 

Haut., 252 millim.; larg., 243. 

On a tiré des épreuves modernes sur les gravures originales de ce lustre, lors* 
qu*il a été démonté . pour élre nettoyé, et M. Tross, libraire à Paris, en a publié 
une édition sous ce titre : Les Seize Nieîles du grand lustre de la cathédrah d'Aix-la-' 
Chapelle^ exécutés en MCLXV... Paris, i8o9, in*fol. Cette publication a élé faite par les 
soins du chanoine Bock. 



r«Hi9^1i^^9iW^mHP^^^Bv;v^7^BiwiaBHB9rOT«i^^p«iP^^Hiv^i I vm ■• ■■ ^^^■^w 



GRAVURES DU MOYEN AGE lxxîci 

L Lg Christ bénissant et les symboles des Evangélistes. Sujets 
représentés sur un crucifix. Au milieu, est la figure du Christ 
donnant la bénédiction selon le rite grec; à côté de sa tête, les 
lettres a et o, à rebours. A l'extrémité de chacun des bras de la 
croix est le symbole d'un des evangélistes, avec un livre. Dans la 
partie inférieure, au pied de la croix, est une croix de Saint-André 
fleurdelisée, avec cette date à rebours : mg.xx.viiii. ms*. aprl. 
Sur un cylindre, on lit Tinscription : vos q me vedet rogate dm pe 
OQ MB FEGiT. — Sur le côté opposé de la croix, on voit, en haut, 
un ange tenant une croix et un encensoir. Au bas, est assis un 
homme nu, barbu, accompagné des lettres ADA liées, qui indiquent 
Adam. Aux deux extrémités de la traverse de la croix, les figures 
de la sainte Vierge et de saint Jean en buste. L'espace hbre est 
garni d'étoiles et de petits anneaux. Plusieurs trous de clous pour 
fixer les plaques. (Passav., I, p. 355, n*' 820.) 

Haut.» 351 millim.; larg.^ 230 raillim. 

Ce crucifix daté de l*an M29, dont il a été tiré des épreuves modernes, se trouve, 
selon Passavant, au British Muséum. H est terminé par une pointe aiguë. 

J. Le Sauveur^ dans l'acte de bèni7\ Il est assis sur un 

trône, la main droite élevée, et tenant sur sa cuisse le livre des 

Évangiles. En haut, à côté des appuis du trône, on voit les let- 
tres A et 0. (Passav., I, p. 355, n** 821.) 

Haut., 119 millim.; larg., 63. 

Cette plaque, dont le style est celui du treizième siècle, doit se trouver dans la 
collection de l'Université d'Erlangen. — Il en existe des épreuves modernes sur pa- 
pier, et une sur vélin à la Bibliothèque de Vienne. 

K. La Vierge et VEnfant Jéstis. Assise dans un fauteuil, elle 
tient TEnfant Jésus vêtu et bénissant. Dans la main droite elle a 
une tige de lis. Fond pointillé. Dans un cartouche, au-dessus de 
cette composition, on lit à rebours cette inscription en caractères 
gothiques, disposée sur neuf lignes : gardinales. archiepiscopi 

ET EPI. GONTULERÛT ISTB ECGLESI^ .VII. ANNO& ET .XLV. DIES INDUL- 
GENGIB ET .X. KARRENAS. INSUQ pNs NIGOLAUS PAPA IIIF. DEDIT ANNUM 
ET .XL. DIES .DNS. INNOGENGIUS PAPA IIII. XL. DIES. HEG INDULGBNGIA 
DURAT IN OMNIBUS PESTTVITATIBUS SANGTB MARIE ET IN DIE DEDIGA- 

NIF.I.LES. f 



Lxxxii APPKNDICE 

CI0NI8 ET PER OCTAVAS EARUM. SUMMA INDULGENGIE SUNT .VIII. ANNI 

ET .Lxxxv, DIK8 ET .X. KARRENE. Le tout est encadré dans un orne- 
ment de feuillage. (Passav., I, p. 356, n* 822.) 

Haut., 412 roillim.; larg., 230. 

La gravure originale forme une plaque de laiton qui se trouvait anciennement à 
rentrée orientale de Téglise Notre-Dame de Halberstadt, et qui fut signalée par 
M. Sotzmann, de Berlin. C'est une œuvre de la première moitié du quatorzième 
siècle. Il en a été tiré des épreuves qu'on rencontre dans plusieurs musées d'Alle- 
magne. 

L. Deux Mineurs. L'un d'eux est agenouillé, à gauche, de- 
vant un crucifix; l'autre, de proportions un peu moindres, frappe 
de son marteau un coin enfoncé dans un rocher. (Passav., I, 
p. 347, n- 794.) 

Hauty 41 miliim.; larg., 54. 

Le dessin, au simple contour, est très grossier. Ce fermoir a été trouvé près de 
Brunswick ; on en a tiré des épreuves. 



^•fmmrtrw^ I^Wf* IP I »■ W «^■«^■■^iw»^ ;^^^ III g II j 



PLAQUES NIELLÉES 



ou PRÉPARÉES POUR LA NIELLURE 



(xv'-xvi' siècles) 



PLAQUES NIELLÉES 

ou PRÉPARÉES POUR LA NIELLURE 

(XV* ET XVl* siècles) 



Ea «bsence de toate indication, il «'agit toi^joure d'un tntTail italien. 



SUJETS SACRES 

L— ANCIEN TESTAMENT 

1. Création d'Eve. Adam est endormi contre un arbre. A gau- 
che, Dieu donne sa bénédiction, et de la main gauche tient le bras 
d'Eve qui sort du côté d'Adam. (Passavant, t. P^ p. 283, n" 429.) 

2. Adam et Eve chassés du Paradis terrestre. A droite, l'ange 
tient une épée flamboyante. (Passav., t. P% p. 283, n** 430.) 

Plaques carrées, 61 niillim. 

Le fond est doré; les figures niellées, d'ua beau dessin, s'en détachent et sont 
traitées en guise de relief. Ces pièces, qui paraissaient destinées à orner une cassette, 
ont été vus par Duchesne en 1833 chez un marchand italien nommé Antonio Zen; ce 
qui, d'après Passavant, en rend Tauthenticité très douteuse. 

11 en existerait des épreuves modernes (voir Calai. Santarelli, p. 270, n® 1), sur la 
nature desquelles nous ne pouvons pas nous prononcer. 

3. Bavid^ vainqueur de Goliath. Il est nu, portant un casque sur 
la tête ; il tient sa fronde de la main droite ; le géant est étendu à ses 
pieds. Fond noir. Dans le bas, deux trous de clou. (Passav., t. P*", 
p. 284, n°433.) 

Hau^, 34 millim.; larg., 29. 

Travail italien de la fin du quinzième siècle. British Muséum. 
Ce nielle a pour pendant Hercule et Cacus (voir n^ 433). 

NIELLES. t 



2 NIELLES 

4. Le roi David en prière. A genoux, tourné vers la droite, il joue 
de la harpe. 

— Armoiries. Écusson portant une bande chargée d'un croissant 
entre deux étoiles, et accompagnée de trois têtes d^ animal^ les deux 
du chef affrontées, (Passav., 1. 1", p. 350, n^ 800.) 

Haut.^ 34 millim. ; larg., 23. 

Deux médaillons ovales enchâssés dans la reliure en velours rouge d*un manuscrit 
hébraïque, que Duchesne a vu en 1834 entre les mains d*Antonio Zen. 

Le catalogue SanUrelli (p. 270, n** 2) signale des épreuves modernes de ces deux 
compositions, sans que nous puissions dire si elles ont été tirées sur ces mêmes pla- 
ques ou sur leurs copies. 

5. Judith. De profil et coiflfée d'un casque; elle est tournée à 
droite; de ce même côté, sur une banderole : ivdita. (Duchesne, 
n* 24.) 

Diam.^ 23 millim. 

Travail italien du quinzième siècle. 

Catalogue de la collection du marquis Louis Malaspina di Sannazaro (Milan, 1824 ), 
t. lY, p. 3*25. Actuellement au Musée [GabineUo di belle arii) Malaspina à Pavio, fondé 
par cet éminent collectionneur. 

6. Esther devant Assuérus. Elle est agenouillée, ayant derrière 
elle trois suivantes, devant le roi assis à la gauche sur un trône. Au 
milieu, est un homme debout ( Mardochée?), chapeau sur la tête. A la 
gauche, près du roi. Aman, debout, avec des lunettes. Sur le balda- 
quin du trône, deux tablettes avec les lettres D et C entrelacées, 
et D. et la date 1526. (Passav., t. V% p. 284, n« 434.) 

Diam.y 61 millim. 

6 bis. Esther à table avec Assuérus. Mardochée est à la droite. 
Un échanson présente une coupe. Au second plan, un homme à ge- 
noux devant une femme (Aman suppliant Esther?). Dans le fond, 
on aperçoit Aman pendu à une potence. Sur le devant, deux chiens 
jouant, et un portrait de femme. (Passav., t. P', p. 284, n^ 435.) 

Diam.y 61 mtUim. 

C'est le pendant du numéro précédent. Collection Cicognara (Cat. rédigé par 
A. Zanetti, 1837, Appendice, p. xxii, n«* 127-1-28). « Cette médaille, en argent, dit 
Zanelti, est gravée des deux côtés, et renfermée dans une riche corniche. Par le 



PLAQUES NIELLÉES 3 

travail, elle semble appartenir à Técole allemande plutôt qu'à l'italienne. Elle était 
peut-être destinée à ôtre niellée, mais certainement ne le fut jamais [contrairement 
à ce que dit Passavant]. » Cicognara la décrit dans ses Memorie (pp. :'4-5o), et il dit 
que la composition en est riclie, la gravure très Hne et le style intermédiaire entre 
celui de Durer et celui de Lucas de Leyde. Cette médaille, avec une épreuve sur 
papier de chaque sujet, lui a été donnée par le comte Arthur Potoçki. 

D autres épreuves sur papier se trouvent au Cabinet des Estampes de Paris et à la 
Bibliothèque de Vienne (Catal. de F. de Barlsch, n** 71-72). 



IL— NOUVEAU TESTAMENT 
1. VIE DE LA VIERGE — PASSION DE JÉSUS-CHRIST 

7. L'Annonciation. La Vierge est à genoux, à gauche, tournée 
vers Fange qui, debout, à droite, s'avance vers elle, tenant une 
grande branche de lis. Au haut de la planche, le Saint-Esprit dans 
une gerbe de rayons du soleil. Derrière la Vierge est une maison. Le 
fond est doré; on y remarque, dans le haut, un trou irrégulier. 
(Duch., n« 126. — Passav., 1. 1'% p. 284, n» 436.) 

Diam.,50 millim. 

Catalogue de la collection Masterman Sykes (Londres, 1S24), n* 4245, puis col). 
Woodburn; actuellement au British Muséum. « Ce nielle, dit Duchesne, est d'un travail 
très grossier, et de la même nature que le Saint Jérômey n» 180, auquel il fait pen- 
dant» (voir notre d? 344). 

Fac-similé dans l'ouvrage d'Otlley, A Collection of foc similes. Passavant n*a pas 
sa ridentifier. 

8. L'Annonciation. La Vierge, la tête nimbée et vêtue d'une robe 
richement brodée, est agenouillée, les mains jointes, sur un coussin 
devant un autel placé à gauche, sur lequel est un livre ouvert. Le 
Saint-Esprit, sous la forme d'une gerbe de rayons, descend sur elle du 
coin gauche. A droite, l'entrée d'un temple, dont l'arceau est supporté 
par deux colonnes torses. Plancher carrelé. Un rosaire est sur le 
coussin, sous les genoux de la Vierge. 

Hauteur^ 68 millim.; larg.^ 38. 

Plaque non décrite. Travail italien du seizième siècle. 
British Muséum, 

9-10. V Annoyiciation. Sujet central d*une Paix en argent doré. 



4 NIELLES 

avec pilastres ciselés. — Dans le cintre qui le surmonte, autre 
nielle : le Père éternel bénissant. 

Haut.^ 130 millim.; larg., 82. 
Travail italien du seizième siècle. Vente Gastcllani (i884)« n* 478 : 215 fr. 

11-11 bis. L'Annonciation. Siyet central d'une Paix en argent 
doré, à demi-colonnettes et à têtes de chérubins en relief. — Au 
tympan du fronton, autre nielle : Tête de chérubin. 

Haut., 158 millim.; larg., 110. 
Travail italien du seizième siècle. Vente Gastellani (188 Oi n** ^'^^ • SiO ^i*- 

12-12 bis. L'Annonciation y représentée sur deux petits médaUlons, 
range dans Tun, la Vierge dans l'autre. Dans un écusson, on voit 
un homme armé, avec les bras croisés sur la poitrine, (Passav., 
t. I", p. 271, n<» 6.) 

Diam., 21 millim. 
Vente Durazzo (1872), n» 2823 : 45 norins. 

13. Annonciation. La Vierge est à genoux, à droite, et l'ar- 
change Gabriel est debout à gauche, un lis à la main. 

14. Nativité. L'Enfant Jésus est couché au milieu dans un pa- 
nier, abrité par un toit de chaume et réchauffé par l'âne et le 
bœuf. Saint Joseph et la Vierge sont en adoration. (Passav., t. P', 
p. 285, n~ 438-439.) 

Diam.^ 21 millim. 

Deux pelils médaillons qui ont fait partie d'un calice auquel appartenait un troi- 
sième médaiUon de la môme grandeur, avec les armes du pape Paul II, Us ont figuré 
dans la colleclion Cicognara, et Zanetti (Cat., Append., n?* 25-27) dit que « le tra- 
vail en est d'une certaine délicatesse et fort soigné dans toutes ses parties ». 

Epreuves modernes indiquées dans le catalogue Santarelli, page 270| n^ 9. 

15. U Annonciation. La Vierge est assise à gauche, dans une 
chaire. L'archange Gabriel est adroite. Le Saint-Esprit plane au-des- 
sus. Médaillon destiné à être porté au cou. 

Diam., 27 millim. 

Travail néerlandais du quinzième siècle. 
Collection de M. Fr. Spitzer, à Paris. 

— L'Annonciation. (Voir plus loin les n®* 53-54, 213.) 



PLAQUES NIELLÉES 5 

16-27. Douze sujets de la Vie de Jésits. Sur fond noir. (Passav., 
t. P% p. 285-286, n~ 445-456.) 

MédailloDS. Diana., 39 millim. 

16. Annonciation. A droite, devant un prie-Dieu, la Vierge est 
à genoux. L'archange Gabriel est en face d'elle,[un genou en terre 
et un lis à la main. Au-dessus, le Saint-Esprit. 

17. Nativité. On voit l'enfant Jésus couché dans une corbeille 
d'osier et réchauffé par l'haleine du bœuf et de l'âne. A gauche, 
saint Joseph; à droite, la Vierge à genoux. En haut, sur une 
banderole tenu par un ange : gloria. in. exelsis. deo. 

18. Adoration des mages. Le plus vieux des trois rois est 
à genoux, à gauche, et présente une cassette à Jésus, qui est 
sur les genoux de la Vierge, assise à droite, vue de profil. 

19. Présentation au Temple. L'enfant Jésus est assis sur une 
table, derrière laquelle est le grand-prêtre; sur le devant, à 
gauche, la Vierge est à genoux. Saint Joseph est debout à droite. 
Trois autres figures au foiul. 

20. Fuite en Egypte. La Vierge tenant l'enfant Jésus est assise 
sur l'âne et se dirige vers la droite. Saint Joseph est à sa gau- 
che. Au fond, un palmier et un château. 

21. Jésus parmi les docteurs. Il est assis au milieu, élevé de 
trois gradins. A gauche, derrière lui, la Vierge et saint Joseph. 

22. Le Baptême de Jésus-Christ. Notre-Seigneur est debout 
dans le milieu ; à droite, saint Jean-Baptiste lui verse de l'eau sur 
la tête. Au-dessus, le Saint-Esprit; à gauche, deux anges. 

23. Le Christ au Jardin des Oliviers. Jésus est agenouillé à 
gauche, tourné vers la droite ; l'ange lui présente le calice ; sur 
le devant, à droite, deux disciples dorment. 

24. Flagellation. Le Christ est attaché à une colonne ; de cha- 
que côté deux bourreaux, dont un le frappe avec des verges ; 
à gauche, une autre colonne. 



6 NIELLES 

25. Couronnement d'épines. Le Sauveur est assis au milieu. 
A gauche, un bourreau lui enfonce sur la tête la couronne d'épi- 
nes, à Taide d*un bâton. A droite,itrois hommes, dont un à genoux. 

26. Porte77ient de croix. Jésus tombe sous son fardeau; à 
gauche, le Cyrénéen soulève la croix. A droite, sainte Véronique, 
tenant le voile, est à genoux. Dans le fond, au milieu, deux 
soldats. 

27. Déposition de la croix. Le corps de Jésus est étendu vers 
la droite, saint Jean le soulève, et la Madeleine agenouillée, à 
gauche, tient la main droite du Christ. Au milieu, la sainte Vierge 
à genoux, et près d'elle une sainte femme. 

Beau travail italien de la fin du quinzième siècle. — Ces douze nielles en argent, 
ainsi que six autres (voir les [n<^* 85-86, 363-366) ornaient une croix. Elles ont 
appartenu à Cicognara (voir la longue note de Zanetti dans le Catal,, Append., 
n" 39 à 52). 

On trouve à la Bibliothèque de Vienne (Gâtai, de F. de Bartsch, n<" 20 30) 
des épreuves modernes de ces mêmes sujets, mais eUes présentent quelques 
différences, ce qui nous porte & croire qu'elles ont dû être tirées sur des plaques 
avec des compositions semblables ou copiées sur celles-ci. Elles proviennent des 
Cab. Albrizzi et Celotti, de ^Venise. Dans le catalogue Santarelli (p. 270, n* 3), 
on indique neuf de ces épreuves (moins nos n** 16, 23 et 26). 

28-31. Quatre sujets de la Vie de Jésus, Médaillons sur fond noir. 

Diam., 36 millim. 

28. La Nativité. Saint Joseph est à gauche, et la Vierge à 
droite ; tous deux sont à genoux près de l'enfant Jésus couché 
à terre. Dans le fond, derrière la cabane, deux bergers. (Passav., 
t. PS p. 288, n" 466.) 

29. Jésu^ en croix. A droite est saint Jean tenant un livre ; à 
gauche, la Vierge, les mains jointes. Le terrain est parsemé de 
points. (Passav., t. P^ p. 294, n*» 492.) 

30. La Résurrection de Jésus-Christ. Il s'élève du tombeau en 
bénissant, et tient de la main droite sa bannière. Sur le devant, 
deux soldats couchés, et deux autres derrière le tombeau. (Pas- 
sav., t. r% p. 295, n° 496.) 



PLAQUES NIELLÉES 7 

31. La Descente du Saint-Esprit La Vierge, entourée des 
apôtres, est assise au milieu ; au-dessus d'eux plane le Saint-Esprit, 
et la figure du Christ tenant le globe. (Passav., 1. 1", p. 296, n*» 502.) 

TravaU allemand du quinzième siècle, un peu grossier, selon Passavant. Ces 
quatre médaillons étaient enchâssés dans le pied d'un calice. M. G. Becker, àWurz- 
l»ourg, qui en était propriétaire, en fit tirer quelques épreuves. 

32. La Nativité. Dans le milieu, la Vierge à genoux, tournée vers 
la droite, adore l'enfant Jésus, couché du même côté ; à gauche, saint 
Joseph; dans le fond, une étable au toit élevé. A droite, derrière 
rétable, est représentée l'Annonciation aux bergers; l'ange porte 
au-dessus une longue banderole avec cette inscription à rebours : 
OL0RLA.*iN*EXCELSiswE0*ET*iN^TERA. Le foud, couvort de taillos croi- 
sées, n'est pas niellé, mais doré. Bordure linéaire. (Duch., n* 27. — 
Passav., t. r% p. 276.) 

Plaqao ronde. Diam., 48 millim. 

Catalogue de la collection Sykes (n* 1*215), puis collection Woodburn; aujourd'hui 
au British Muséum. Fac-similé dans Ottley, A Collection, 

L'inscription étant à rebours, on ne peut regarder cette plaque que comme ayant 
été destinée à fournir des estampes pour servir de modèle aux nielleurs. 

33. La Nativité. Sur le devant, à droite, la Vierge est agenouillée 
les mains jointes; à gauche, saint Joseph est aussi à genoux; dans le 
milieu, l'enfant Jésus, couché, dont le corps nu est entouré de 
flanmièches. Dans le fond, au-dessus de Tétable, l'étoile miracu- 
leuse. (Duch., n^ 29.) 

Plaque roade. Diam., 40 millim. 
British Muséum. Une reproduction s'en trouve dans VEssai^ de Duchesne. 

34. La Nativité. L'enfant Jésus, entouré d'une auréole, est couché 
sur des dalles, devant une étable. A gauche, saint Joseph à genoux ; à 
droite, Marie, vue de profil, agenouillée et les mains jointes. Dans 
le haut, une étoile. (Passav., t. P', p. 286, n'*458.) 

Plaque roDde* Diam., 39 millim. 

Cette plaque a appartenu à Cicognara. Zanetti {Cat.y Append., n* 38) dit qu'elle 
est absolument identique à celle décrite sous le numéro précédent, en ajoutant que 
Tune est une répétition de Tautre, et probablement par le même artiste. Passavant 
aftirme, cependant, que celle-ci est d'une exécution inférieure, ce qu'il est difficile de 
constater d'après les fac-similés qu'on en a. 



8 NIELLES 

35-38. La Nativité. Sujet central d'une Paix en argent, dans un 
riche cadre architectural. La Vierge est à genoux à gauche, saint 
Joseph assis à droite, l'Enfant Jésus est couché au milieu, dans 
une corbeille. Derrière [la Vierge on voit Tétable. Au second plan 
est la scène de l'Annonciation aux bergers. L'ange tient une ban- 
derole avec l'insciption : anontio v... 

Plaque cintrée. Hautj 72 millim.; larg., 59. 

(36-37.) Les deux pilastres^ latéraux sont ornés de deux nielles qui 
offrent des arabesques médiocrement gravés. 

Haut., 5i millim.; larg.^ 7. 

(38.) Dans la lunette du fronton, à plein cintre, l'Homme de dou- 
leurs^ sortant à demi de son tombeau et soutenu par deux anges. 
(Passav.. t. 1", p. 287, n° 462.) 

Haut., 29 millim.; larg.^ 74. 

Travail italien médiocre. Collection Gicognara. Originairement cette Paix parait 
avoir été destinée à contenir huit autres nielles, qui sont remplacés par des pierres 
dures, jaspes, cornalines, etc. « Le stylo du travail, dit Zanetti (Catal.^ Append., 
n^ 97-100), marque Tépoque la plus reculée. On y trouve, en particulier, un peu le 
caractère d'une Paix qu'on conserve k la cathédrale de Modène, ouvrage de Jacques 
deila Porta, artiste fort peu connu (voir plus loin, n* 103; cette pièce est datée de 1486) ; 
le sujet principal ressemble, toutefois encore plus, pour la composition, le paysage et 
les accessoires, à quelques-uns des anciens ouvrages de Técole de Florence. Les trois 
nielles formant les pilastres et la lunette ont le fond abaissé, pointillé et doré, à 
l'usage des nielles grecs, méthode qui semble marquer le passage de l'école byzantine 
à ntalienne. » 

39. La Nativité. Plaque d'argent, entourée d'un riche cadre ar- 
chitectural. Saint Joseph est à genoux, à gauche; à droite, est la 
Vierge, tous les deux en adoration devant l'Enfant Jésus couché au 
milieu dans un panier d'osier. Près de la Vierge ol voit le bœuf et 
l'âne; près de saint Joseph un petit ange. Au second plan, à droite, 
est rétable ; à gauche, un berger assis sur une colline ; un ange, 
tenant une banderole avec les mots : gloria in excelsis deo, lui 
annonce la naissance du Christ. Dans la lunette du fronton, est le 
buste du Sauveur sculpté en lapis. (Passav., t. f, p. 287, n** 463.) 

Forme cintrée. Haut.^ 79 millim.; larg., 54. 

Collection Cicognara, n* iOl . Zanetti dit que Texécution de ce nielle est supérieure 
à celle du précédent et d*une époque plus avancée. Il est enchâssé dans une Paix en 
vermeil. Les soubassements, les piliers, la frise et la corniche sont ornés de bas- 
reliefs en argent ciselé. 



PLAQUES NIELLÉES 9 

40-42. La Nativité. Siget central d'une Paix. Le divin Enfant 
est dans un édifice en ruines, couvert en chaume; il est couché 
dans un petit panier derrière lequel on voit le bœuf et l'âne. La sainte 
Vierge est à genoux, à gauche ; saint Joseph est assis à droite ; au- 
dessus d'eux, planent trois anges. Trois bergers entrent à droite par 
une porte ; au dehors, à gauche, est un quatrième, auquel un ange 
annonce la naissance du Christ. Au-dessus du toit, trois anges ; deux 
sonnent de la trompette, et celui du milieu tient une tablette sur 
laquelle est écrit : oloria in exgelsis. 

Plaque cintrée. Haut., 90 millim.; larg., 63. 

(41.) Au milieu de la frise, est un nielle aux armes de Visconti; 
l'écusson est accosté des initiales L. D. {Ludovicus Dux)y en or. Une 
banderole à nombreux enroulements, qui garnit les vides, porte l'ins- 
cription : PARVVLVS FILIVS NATVS EST NOBIS ET VOGABITVR DEVS 

FORTIS. 

Haut., 10 milliip.; I&rg., 63. 

(42.) Dans la lunette du fronton, un troisième nielle, avec le Couron- 
nement de la Vierge : Dieu le père, assis à la gauche, pose une cou- 
ronne sur la tête de la Vierge, agenouillée, les mains croisées sur la 
poitrine. Ce groupe est environné de dix têtes de chérubins. De 
chaque côté, deux anges agenouillés. (Passav., 1. 1", p. 288, n* 464.) 

Haut., 28 millinu; larg., 68. 

Cette Paix, qui est en vermeil, incrustée de pierres, a été exécutée pour le duc 
LudoTic Sforza (U51-I508). Collection Cicognara, n«* H6-I18. D'nprès ZaneUi, le 
principal sujet est fort bien rendu, le desain est correct, l'expression juste et l'exécu- 
tion d'un fini remarquable. Cicognara croyait pouvoir Fattribuer au Caradosso de 
Pavie. 

Passavant dit qu'Alvise Albrizzi, de Venise, a vendu des épreuves sur papier de 
ces trois sujets à la Bibliothèque de Vienne (Catal. de F. de Bartsch, n** 17*19), 
mais rien ne nous prouve qu'elles proviennent de ces nielles plutôt que de leur copies. 
U ajoute que Duchesne a vu dans le commerce, en 1833, une épreuve de la Nativité, 
de mêmes dimensions, qu'on lui assura avoir été en la possession de la famille Bembo. 

En 1850, il y avait chez Colnaghi, marchand de Londres, une épreuve en sens 
inverse de ce Couronnement de la Vierge ; c'était une contrefaçon moderne. 

43. La Nativité. L'enfant Jésus est couché au milieu de la crèche. 
La Vierge est assise sur le devant ; à gauche, saint Joseph. Autour du 



\0 NIELLES 

médaillon : parwlvs.filivs.hodie.natvs.est (Passav., t. 1*^ 

p. 289, n' 467.) 

Diam., 54 millim.; &Tec rioscription^ 61 millim. 

Duchesne a yu ce nielle en lS33 chez Albrizî, qui en demandait 500 francs. Était-il 
authentique? 

Le catalogue Sautarelli (p. 270, n** 8) en signale une épreuve sur papier. 

~ La Nativité. (Voir les n~ 14, 17, 202, 214, 243.) 

44. Adoration des bergers. Dans un grand édifice dont le mur de 
devant est en ruines, on voit l'enfant Jésus couché. A droite, la sainte 
Vierge à genoux ; vis-à-vis d'elle est saint Joseph ; près de lui, un 
berger debout; un autre entre par une porte de droite. Dans le pay- 
sage, du même côté, deux autres bergers avec leurs troupeaux. Au- 
dessus du toit, une grosse étoile; à gauche, trois anges tiennent 
une tablette avec cette inscription : gloria in excelsis. (Passav., t. r% 
p. 289, n^ 470.) 

Médailloa. Diam., 77 millim. 

Duchesne a tu ce nielle chez Albrizzi, qui en demandait i,600 francs. 
Le catalogue Sanlarelli (p. 270, n* 5) en signale une épreuve sur papier. 

45-46. Adoration des bergers. Sujet central d'une Paix en argent. 
Dans le milieu, l'enfant Jésus est couché par terre. A gauche, la sainte 
Vierge à genoux; à droite, saint Joseph. Deux bergers dans le fond, 
dont l'un est à genoux, et deux anges. 

Haut., 83 millim.; larg., 63. 

(46.) Dans la lunette, un autre nielle représentant Dieu le Père^ les 
bras étendus; deux anges soutiennent les bouts de son manteau. 
Le tout environné d'une gloire d'anges et de chérubins. (Passav., 
t. 1^ p. 290, n" 471.) 

Haut.^ 63 millim.; larg. 65. 

Ces plaques font partie d'une Paix dont le cadre est en argent, cintré de haut. 
Sur la frise supérieure on lit : gloria m excblsis deo et in terra pax. 

Cette paix était en 1832 entre les mains du marchand Albrizzi qui en demandait 
iSO louis d'or. Elle parait être la même que celle qui est décrite, sous le numéro 1, 
dans le catalogue de la vente Durand^ faite en 1836, où elle n*a atteint que le prix 
de 400 francs. Toutefois, s'il n'y a pas dans sa description une erreur typographique 
de ponctuation, elle ne serait qu'une copie eu contre-partie de la précédente, attendu 
que la Vierge y est indiquée comme placée à droite et saint Joseph à gauche. Au 
surplus, la monture de cette Paix est en cuivre et non pas en argent. 



PLAQUES NIELLÉES il 

D*après Passavant, San Quirico, marchand d'objets d*art, a mis dans le commerce 
une copie du Père éternel (haut., èl millim.; larg., P5). D*autre part, le catalogue 
SantarelU (p. 271, n' i 1) signale une épreuve sur papier des deux sujets de cette Paix. 

47. Adoration des bergers. (Duch., n*" 31.) 

Dlam., 70 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 327, n« i . 

— Adoration des bergers. (Voir plus loin, n° 316.) 

48. Adoration des ynages. L'enfant Jésus est couché sur le devant, 
les pieds tournés vers la gauche où saint Joseph se tient à genoux ; la 
Vierge est agenouillée à droite. Dans le fond, du même côté, deux 
bergers; Tun porte la main à son chapeau. (Passav., [t. P% p. 290, 
n^472.) 

Haat., 29 millim.; larg.,23. 

Cette petite plaque d'argent, placée dans une bordure carrée, et munie d'un 
couvercle à charnière, était destinée à être portée au cou. En 1833, elle appartenait 
à Antonio Zen, qui en demandait 12 louis d'or. 

49-62. Adoration des mages. Sujet principal d'une Paix qui ren- 
ferme treize autres nielles. La Vierge est assise à gauche, tenant sur 
ses genoux son divin Fils, qui donne son pied à baiser au roi agenouillé 
devant lui. Derrière le premier roi, sont les deux autres portant 
leur couronne et un vase. Près de la Vierge, vers le milieu, au second 
plan, saint Joseph appuyé sur son bâton; dans le fond, à gauche^ 
deux servantes en conversation devant la porte d'une maison ; à droite, 
la suite des rois mages. Au-dessous de Tédiflce qui est à gauche, 
trois anges tiennent une banderole avec ces mots : xps.rbx.venit. 
iN.PACE.ET.DBvs.HOMO.FACTvs.EST. Au milicu, est uu petit nuage et 
une comète sur fond noir. Les auréoles sont plates, ornées et dorées; 
les couronnes, les vases, les coffres, les agrafes, etc., sont aussi 
dorées. 

Plaque cintrée. Haut., 93 millim.; larg., 65. 

(50.) Dans le soubassement est un médaillon avec le monogramme 
du Christ. Ce médaillon est relié aux deux vases décoratifs par un 
feston de fleurs surmonté d'une tête de chérubin. 

Haut., 10 millim.; larg., 63. 

(51-52.) Dans chacune des plaques latérales servant de piédestaux 



42 NIELLES 

aux pilastres, sont trois anges à génois en adoration; celui du milieu 
tient un calice dans l'une et la couronne d'épines dans Tautre. 

Haut., 10 millim.; larg., 21. 

(53-64.) Les deux pilastres sont ornés de candélabres, de va^es et 
d'arabesques niellés. Au milieu de ces pilastres, dans des guirlan- 
des, on voit la Salutation angélique en deux demi-flgures. 

Haut., 70 milliro.; larg., 9. 

(55-56.) Les espaces triangulaires latéraux laissés par le cintre 
offrent, de chaque côté, un ange tenant une palme; celui de droite 
tient aussi un marteau et une tenaille; celui de gauche, les trois clous. 

Haut, et larg., 34 millim. 

(57.) La frise du milieu offre trois couronnes, placées entre deux 
cornes d'abondance. Dans celle du centre est le Saint-Esprit; dans 
les deux autres sont figurés les emblèmes de deux des Evangélistes, 

Haut.^ 12 millim.; larg., 65. 

(58-59.) [Sur les frises des deux pilastres, mêmes ornements avec 
les emblèmes des deux autres Evangélistes. 

Haut., 12 millim.; larg., 18. 

(60-62.) Au fronton, le médaillon du milieu (diam., 25 millim.) 
représente VHomme de douleurs sortant de son tombeau et soutenu 
par quatre anges. — Dans les espaces latéraux (haut, et larg., 
23 millim.) deux anges agenouillés; celui de gauche tient une colonne, 
celui de droite une échelle. (Passav., 1. 1", p. 291, n" 474.) 

L'œuTre entière a 230 millim. de hauteur ; 122 millim. de largeur, sans compter les moulures 
en relief. 

Ces quatorze nielles d*une Paix disparue avaient appartenu à Cicognara 
(n^ i02-li5), qui les a fait enchâsser dans une monture moderne. Ils sont d'une beaulé 
exceptionnelle. Zanetti en parle en ces termes : « Il est impossible de rien ajouter & 
rexpression et à la grâce des figures, distribuées avec un art inUni, d'un dessin irré- 
prochable et d'une exécution supérieure. » Le chevalier Vicenzo Gamuccini, grand 
connaisseur des choses de l'art, croyait reconnaître le faire du célèbre PoUajuolo 
dans cette composition, dont le suget principal compte vingt-huit figures, sept chevaux 
et trois chameaux ; le graveur en fut des plus excellents, et l'œuvre n'est pas indigne 
de la grande renommée de Maso Finiguerra. 

Pour offrir une idée générale de l'ensemble, nous donnons de cette Paix une 
reproduction empruntée à l'album de Cicognara. 



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ADORATFON DR8 MAGES 
P«ii oMUe. Tnnil iUliea du XV liictc. — (N" 49^2. — Ancienne callectioa Cicogiun.) 



PLAQUES NIELLÉES 13 

Il possédait aussi du nielle central une ancienne épreuve sur papier, imprimée & 
la main. 

63. Adorationdes mages, La Vierge, tenant son divin Fils sur 
ses genoux, est assise au milieu, tournée vers la droite. Le plus 
âgé des rois^ à genoux, présente une cassette; les deux autres 
rois sont derrière lui, portant des vases et suivis de leurs servi- 
teurs. Sur le devant, à gauche, saint Joseph appuyé sur un bâton ; 
du même côté, dans l'étable, le bœuf et Tâne; dans le fond, trois 
chameaux. Une étoUe brille au-dessus du toit. (Passav., t. P'', p. 291, 
n* 475.) 

Diaxn., 56 millim. 

Ce nielle, dans lequel les auréoles, les couronnes, les vases, etc., sont dorés, est 
enchâssé dans un médaillon. Une corniche en or Tentoure, et extérieuremeât il y a 
une banderole en argent, avec [rinscription : vidimus stellam ... Le tout est bordé 
par une corniche en vermeil très ornée. 11 a appartenu & Cicognara (album n* 76, 
Gâtai. Zanetti, n* 75). Composition de onze figures. 

Le catalogue Santarelli (p. 271, n^ 13) signale une épreuve sur papier d'une 
même composition. 

64. Adoration des mages. La Vierge, assise, est tournée à gauche, 
tenant l'enfant Jésus sur ses genoux. Le vieux roi, s'agenouillant, 
lui présente un vase. Le plus jeune des mages et le roi nègre 
sont à gauche ; derrière eux deux chevaux. Dans le lointain, deux 
hommes et quatre chameaux. Saint Joseph est debout derrière la sainte 
Vierge. (Passav., 1. 1", p. 291, n*^ 476.) 

Diam., 56 millim. 

Composition assez semblable à celle du nielle précédent, mais en contre-partie. 
Cicognara (album n^ 77, Catal. Zanetti, n* 76) les attribue tous deux à la même 
époque, et peut-être au même artiste ; il en croit le dessin de Balthazar Peruzzi. Ces 
deux nielles ne sont pas sur fond noir, mais simplement couverts de hachures. 

Une épreuve provenant de la collection Celotti est à la Bibliothèque de Vienne 
(Catal. de F. de Bartsch, n« 3j). Le catalogue Santarelli (p. 271, n° 12) en signale 
également une épreuve. Mais proviennent-elles de cette plaque ? 

— Adoration des mages, (Voir les n^ 18, 211, 213.) 

65. Adoration de V enfant Jésus par des m^ges et des saints. 
Plaque niellée d'une Paix. L'enfant Jésus, nouveau-né, est couché au 
milieu, entouré de rayons. A droite est la Vierge, vue de trois quarts, 
tournée à gauche, agenouillée et les mains jointes. A côté d'elle, à 



H NIELLES 

droite, est saint Bernardin de Sienne. A gauche de Tenfant Jésus on 
voit le petit saint Jean-Baptiste, saint Jérôme et un saint dominicain 
tenant une palme (saint Dominique?). Au premier plan, les rois mages, 
vus de dos. Tous ces personnages sont à genoux. Le fond, dans toute 
son étendue, offre un bois. En haut, Dieu le Père et le Saint-Esprit 
dans une gloire de chérubins ; au-dessous, trois anges, dont deux 
tiennent une banderole où on lit : verbvm ga {ro factum est). 

Piaque cintrée. Haut., 123 millim.; lar^., 63. 

Plaque, non décrite, enchâssée dans une monture en cuivre doré et repercé, 
sur la base de laquelle sont Ûxés, à droite et à gauche, deux écussons en argent 
émaillé, aux armes des Neroni ( de gueules au chevron de sable vairé d*or) et des Pan- 
dolOni {d'azur aux trois dauphins d'or, surmntés d'un lambel de 3 pendants d'3 
même). 

Beau tiavail florentin du dernier tiers du quinzième siècle. 

Cette Paix a pour pendant une autre, dont le nielle offre la Mort et l'Assomption 
de la Vierge. (Voir plus loio, n» 101.) 

Elle a.flguré dans la vente Gastellani (1884), n<^474, et y a été acquise, au prix de 
1 1 ,200 fr., par le Musée du Louvre. 

— Présentation au Temple. (Voirie n^ 19.) 

— Fuite en Egypte. (Voir le n* 20.) 

— Jésus au milieii des docteurs. (Voir les n®* 21 et 2it.) 

66. Baptême de Jésus-Christ. Il est au milieu, debout, les mains 
jointes sur sa poitrine, les pieds dans le Jourdain, sur le bord du- 
quel est saint Jean-Baptiste, debout à droite. Sur le devant, à gau- 
che, saint Etienne à genoux; de l'autre côté, saint François; tous 
deux ont une auréole sur la tête. Au-dessus, Dieu le père et le 
Saint-Esprit dans une gloire. Au second plan, à gauche, deux anges 
debout tiennent les vêtements du Sauveur. (Bartsch, t. XIII, p. 50, 
n" 2. — Duch., n' 94. — Zanetti, p. 99, n» 126. — Passav., 1. 1", p. 272, 
n« 9.) 

Haut., 85 millim.: larg., 70. 

Nielle d'un très beau dessin, que Duchesne (dont la description en est inexacte) 
attribue & Maso Finiguerra, sans Tavoir tu. Tuus ceux qui l'ont décrit ignoraient que 
c*est une plaque d'argent, dont Durazzo avait fait faire un fac-similé. A la vente de 
cette collection (n* 2826), elle a atteint le prix de i,70i florins. 

67. Baptême de Jésus-Christ. Il est debout, dans le Jourdain, 
les deux mains jointes élevées. A droite, saint Jean-Baptiste tient 



PLAQUES NIELLÉES 15 

de la main gauche une croix, et de la droite une coquille, avec 
laquelle il verse de l'eau sur la tête de Notre-Seigneur. En haut, 
le Père éternel entouré de chérubins. (Passav., t. P"*, p. 292, n"* 480.) 

Ovale. Haut, 68 millîm.; larg., 54. 

En 1H33, ce nielle, que Duchesne dit d'un très beau travail^appartenait à Ant. Zen. 
D'après le catalogue SantareUi (p. 271, n® 15), il en existerait des épreuves 
modernes sur papier, mais elles ne doivent provenir que d'une copie de ce nielle. 

67*-67***. Baptême de Jésus-Christ. Sujet central d'une Paix. Jésus 
est debout au milieu du Jourdain, et saint Jean-Baptiste, de la main 
droite, lui verse de Teau sur la tête au moyen d'une tasse. Sur la rive 
gauche du fleuve, deux anges tiennent une draperie étendue pour cou- 
vrir le Christ après la cérémonie du baptême. Dans le ciel, on voit Dieu 
le Père à mi-corps, avec le Saint-Esprit et des chérubins. 

Otale. Haut., 68 mtUim.; larg., 54. 

(67**.) Au fronton, une plaque niellée, de forme hexagone, repré- 
sente un saint évêque^ à mi-corps, tenant une palme de la main droite 
et un petit vase dans la gauche. 

Diam., 59 miliim. 

(67***.) Sur le soubassement, une plaque niellée ronde, représente 
un aigle f les ailes et les pattes étendîtes^ et entouré de petites rosaces 
(probablement des armoiries). 

Diam., 46 miliim. 

La monture de cette Paix est en cuivre doré, de forme gothique. Elle a figuré à la 
vente de 1836 de la collection d*Edme Durand {d? 3), et n*a atteint que le prix de 
25') francs. 

Le sujet central parait se rapprocher beaucoup du nielle précédent, même comme 
forme et comme dimensioas, mais ne les ayant pas vus, nous ne pouvons pas nous 
prononcer sur leur identité. 

— Baptême de Jésus-Christ. (Voir les n** 22, 224.) 

— Les Noces de Cana. (Voir le n** 223.) 

— L'Entrée à Jérusalem. (Voir le n** 245.) 

— Jésus au Jardin des Oliviers. (Voir les n^ 23 et 246.) 

— U Arrestation de Jésus. (Voir le n"* 247.) 

— La Flagellation. (Voir les n'^ 24 et 248.) 

68-70. Deux médaillons ovales, formant un reliquaire, et un 
rinceau. (Passav., 1. 1", p. 292, n~ 481-483.) 



16 NIELLES 

68. Ecce Hcmio. Le Christ, debout sur une plate-forme éle- 
vée, est montré au peuple par deux soldats. Dans le bas , à 
gauche, deux spectateurs, vus à mi-corps. 

Haut., 43 millim.; larg.» 84. 

69. Pilate se lavant les mains. Il est assis sur un siège 
à gradins et tourne sa tête à gauche vers deux hauts fonc- 
tionnaires debout. Un serviteur lui présente à genoux une 
cuvette pour se laver les mains, tandis qu'un autre, debout^ 
tient un linge. 

Haut., 43 millim.; larg., 34. 

70. RinceaUy avec des chiens poursuivant des lapins. Ce 
nielle forme le tour du reliquaire et il en marque l'épaisseur. 

Haut., 12 millim.; larg., 117. 

Ce reliquaire ou boite faisait partie de la collection Gicognara (album, m* 72-74 ; 
Gâtai. Zanetti^ n~ 71-73). Le fond des deux premiers nielles est orné de jolis rinceaux 
avec tête de chérubin. Ils sont entourés d'une bordure de perles et d*oves. Le dessin 
des sujets est charmant, Texécution est d'une grande finesse. Suivant Gicognara, ces 
trois nielles auraient été exécutés en France, dans l'école fondée par Cellini et par le 
maître Roux. Le travail en est un peu différent de l'ordinaire, en ce que les ornements 
et les figures offrent un certain relief, le fond étant tant soit peu abaissé. Les figures 
ne sont presque qu'au trait, rehaussées sur fond absolument noir. 

Nous en donnons des reproductions diaprés celles de l'album de Gicognara. 

— Le Couronnement d'épines. (Voir le n® 25.) 

71. Eccehomo. 

Diam.^ 18 mjUim. 

Médaillon signalé par Gicognara {Memcrie p. 234) comme 5e trouvant chez le 
marquis A la Ponzone, à Grémone. 

72. Le Portement de croix. Le Sauveur va vers la gauche ; à 
droite, Marie et deux saintes femmes. Avec une double bordure ; 
sur la première, il y a des ornements percés à jour ; sur l'autre, 
on lit l'inscription suivante : wltus . christe . tvi . cvra . et . svdore . 

BRBTAM . PRANCISGVM . ET . NVLO . TENPORB . LINQVE . SVOS. 

Plaque ronde. Diam. du siyet, 43 millim.; de la totalité, 61. 

Non décrit. Qualifié de « Beau travail italien », dans le catalogue de la vente 
Durazzo, n* 2819. Ge nielle n'a atteint que le prix de 201 florins. 

Pour VHomme de dotileurs, plaque faisant pendant, voir le numéro 137. 



• i -.r. -, tloboiit îiJur une plate-forme éle- 
;.' ■ par d^^ix soldats. Dans le bas, ^ 

<* ■ ;'•^, »us ;i mi-corps. 

Haut.; 43 niMlim.; larff. 

,.'. / .'"' ',Kiins. Il est assis sur • a siore 

.,♦ .s.i lot'* il gauche vois deux fs fonc- 

î I! v.^rviteur lui présente '* -onoux une 

' -^ "î' . ]»'s mains, tandis qu'u- »;utro, debout, 

I* «.) millitii.; larg., 34. 

f'^r frs cMcns po" (Vit drs lapiiis. Ce 
•■• • " »/''i(uaire 'U i' «larque l'épaisseur. 

Uaut.; 12 niilUrn.; iarg , 117. 

.: •. [♦irlir Je ' «in Cicognara (album, n»' 72-74 ; 

•. ■ " f î' "1 d«î^ d»'« ' . lî* uicll»-.s tî<ïl orné de joKo rinceaux 

:r 1. l.-î ri.îil rntour «ordure de norles et d'oxe.-!. Le dessin 

■jiMn», rexi'culion • grande fine^^se. Suivant Cicognara, ces 

,* .';..'Ml ttt^ e; Moites ' ' , dans l'école fondée par Cellini et par le 

V. Le travail en est un » . .Mit de l'ordinaire, en ce que les ornement» 

• -.'■•Ms offrent un eerLairj fond étant tant soit peu ahiii-iM\ Les ligu.« ^ 

• ..t pre*^que tiu'au trait. î . > sur fond absolument noir. 

Nj'Uî» en 't'KîiîMis de> »ns d'après celles de Talbum de Cico^'uari, 

— A'.' ( ' / -•' ;iincs, (Voir le n** 25.) 

71 ';. h' 

Diam., 18 millini. 

Médaillon - • (.iooifï.aia \MnnorU: p. 234) ^omme se Irouvivif obez le 

marquis A 1h V ■. jénio')**. 

72. ]• \inciU d'' r}'oix. Lo Sauveur va \or.s la ;jraucho , .• 

droite, ^^ et deux saint«'s l'rjunn'^s. Avf <• une double bordiire ; 

sur h» uiirre, il y a des ornem^'iits j)e»*"t\- à jour; sur l'autre, 

on ' .nscription suivante : vvi/ri s.ciipjsrE.T-i.cvRxV.Fr.svDoRE. 

• î . FRANCISCVM . KT . NVLO . T^NPonF. . M .nj^k . s VOS. 

JMaque 1. n-îo. Dia^l. du siîjet, 43 mil' u\,\ de la •.oialité. 61. 

N '.« *i-''t. i)u.\ :•» iIh '^ î^.iu liavail italien*), dans le catalogue de la vente 
». !•* ■'^:''* ' ♦ 1...-.' I .« :'N'rîit .«e le prix de 201 Hoiins. 

♦ ' • '• ■' ' ."i I '.i.jni* :. ■ . t f «M'iant, voir le ijiiiiH'so 137. 



ECCE HOMO. — PILATF. SE LAVANT LES MAINS 
Reliquaire niellé. TrtTiîl iuli«i du xvi* «ède. N« 6S-70. — Aocïenne mltectioa Cicopiirt. 



JÉSUS EN CROIX 

Plaque nietlée. Tnnil iuliea dii iv* iièel«. 

(N* H. — Mufée [lu Bargello 1 Florence. 



^ 



• I 



PLAQUES NIELLÉES 17 

73-73 bis. Le Portement de croix. Sujet central d'une Paix. Jésus 
marche vers la droite, portant sa croix sur son épaule gauche, et suivi 
de la Vierge. 

Haut», T millim.: larg., T. 

(73 6is.)Au fronton, un autre nielle représentant T^omm^ rf^ dour 
leurs, vu à mi-corps, les mains croisées, la tête penchée à gauche ; 
dans le fond, la traverse de la croix et les instruments de la passion. 

Plaque cintrée. Haut.^ ? millim.; larg.^ ?. 

Sur la frise, une autre plaque avec Tinscription : jagobvs svanni 

COLB. 

Haut, totale de la Paiz^ 180 millim.; larg.^ 90. 

Plaques non décrites. 

Cette Paix faisait partie de la collection Galîchon (n<» 378 du catal.); vendue 
650 francs. 

— Le Portement de croix. (Voir le n'* 26.) 

74. Jésus en croix. Il est entouré de huit anges, dont Tun 
recueille son sang. Au pied de la croix, un grand nombre de saints 
et de saintes, parmi lesquels saint Jean l'Évangéliste , saint Jean- 
Baptiste, saint François, saint Jérôme. La Madeleine entoure de 
ses bras le pied de la croix. Sur le devant, la Vierge évanouie 
au milieu des saintes femmes. (Duch., n° 95.) 

Plaque cintrée. Haut., 131 millim.; larg., 77. 

Composition de trente et une figures. 

Duchesne a décrit cette plaque comme se trouvant dans la collection du prince 
Poniatowski, mais Cicognara (Jfemon'e, p. 245) Tidentifie avec celle du Musée de Flo- 
rence, où elle aurait été transportée de Téglise San Giovanni. Gori a prétendu que 
c'est la Paix dont Texécution a été payée à Matteo Dei68 florins d'or en 1455. M. G. 
Milanesi, dans son article : Maso Finiguerra et Matteo Dei (journal VArty t. XXXVI 
[1884], p. 66 et suiv.), combat celte attribution. « Outre qu'on n'y trouve, dit-il, ni les 
figures des larrons, ni les cavaliers, elle est d'une composition si pauvre, d'un dessin 
si défectueux, les têtes sont si niaises et si dépourvues de sentiment, l'exécution est si 
brutale et si inférieure à celle des autres [Paix du même musée], qu'elle rappelle plutôt 
la manière d'un maître médiocre et plus ancien. » A l'appui de son opinion, il 
donne de cette plaque une reproduction qu'on trouvera ici également. Voir la note 
de l'article suivant, et aussi la première partie de notre tome !•% pp. 4-21. 

75. Jésus en croix entre les deux larrons. Il est entouré de quatre 
anges, dont l'un recueille son sang. Un cinquième ange est à 

NIELLES. 2 



18 Nil!:LLES 

gauche du bon larron, tandis que le diable emporte Tâme du mau- 
vais. Tout autour, une grande foule de gens à pied et à cheval. 
La Vierge évanouie est soutenue par saint Jean et par les saintes 
femmes. Au premier plan, trois soldats à genoux tirent au sort la 
robe de Jésus. (Duch., n'^OÔ.) 

Plaque cintrée. Haut. , 122 miilim.; larg., 81. 

Duchesne n*ajant pas vu cette plaque superbe, conservée au Musée de Florence, 
et qui offre une composition de trente-cinq figures, se borne à mentionner « qu'on dit 
ce nielle gravé par Mathieu Dei » et qu'une copie gravée au simple trait était dans le 
cabinet Sykes, n° 1210. Cicognara (Memoriej page 249) fait observer que Duchesne 
commet ici une erreur d'attribution, croyant sans doute «lue c'est bien de cette Paix 
que parlait Gori, tandis qu'elle n'a jamais appartenu à Tégiise de Saint-Jean de 
Florence, mais fut acquise directement par le musée en 1794, d'un marchand nommé 
Vlncenzo Gotti. Sauf cette rectifîcation, Cicognara ne dit pas un mot de la valeur 
artistique de cette plaque, de sorte qu'après lui et Duchesne on pourrait croire qu'il 
s'agit là d'un objet très ordinaire. M. Gaêtano Milanesi, l'éminent critique d*art, a pris 
pour tâche de la mettre en lumière. La reproduction agrandie qu'il en donne dans 
son article cité au numéro précédent permet de se rendre compte au moins de la 
composition. Nous joignons ce fac-similé à notre volume. « Cette Paix, dit-il, est 
d'une riche composition, d'un très beau dessin ; les expressions sont admirables, le 
travail du burin est d'une étonnante finesse .... 11 faut remarquer les deux cavaliers 
d'un assez beau caractère qui paradent au milieu des autres personnages. L'un de ces 
cavaliers, placé à gauche, est vu de côté; celui de droite, est vu de dos, et le dessin et 
l'attitude rappellent le cavalier que Vittore Pisano a représenté au revers des médailles 
de Jean Paléologue et de Malatesta Novello. » 

De qui est ce beau nielle? On l'ignore, et M. Milanesi a essayé d'en découvrir 
l'auteur, par voie de déduction . 

On sait que le Musée de Florence (Bargello) possède aussi la fameuse Paix du Couron- 
nement de la Vierge (voir n** 102), qui a été attribuée à Maso Finiguerra,d'abord par Gori, 
ensuite par bien d'autres écrivains, qui l'ont répété sans contrôle. Dans la première 
partie de notre volume (voir pages 4-2 1 ) nous avons démontré que cette attribution 
n'est pas prouvée. Gori ne l'a basée, en effet, que sur deux mentions du registre 
de la corporation des marchands, mais elles ne constatent qu une chose, c'est qu'en 
1452 une Paix fut commandée et payée à Maso Finiguerra pour l'église Saint-Jean de 
Florence, et qu'en 145^5 une autre Paix, destinée à la même église, fut soldée à Matteo 
Dei, sans nullement indiquer les sujets de ces Paix.Vasari, comme nous l'avons rapporté, 
nous renseigne qu'à Saint-Jean de Florence se voyaient «quel |ues Paix» dues à Fini- 
guerra, « qui passent pour des merveilles, avec des fines représentations de la Passion 
duChristn. Benvenuto Cellini précise encore davantage et dit qu'à cette église était une 
Paix exécutée par Finiguerra, sur laquelle était représenté le Christ en croix, entre les 
deux larrons, avec des hommes à cheval et une foule nombreuse au pied de la croix^ 
d'après un dessin d'Antonio dei Pollajuolo. Sur la foi de ce double témoi^age, 
M. Milanesi a conjecturé que la Paix en question pourrait bien être ceUe-ci : « Cette 
Paix, dit- il, est d'une telle perfection qu'elle peut, sans aucune hésitation, être mise 



• I 



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' îit ^<^î.- diMiU' ijii»' r. ii"=! . d»* cette Paix 

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h, CirMiriiaia nv •'■! «m luot de la valeur 

^' î ».'*« lui r[ \)u' •it poui l'ait rr(»ij"0 qu'il 

M '*.. • ! i" AH M ont critique d'art, i prib 

Il :■,.!' ».iditî tju'il eii donne dans 

' i il ;■♦• r.drc «î(>m[>lH au moins de la 

•- I'» ï n' -iî. ..unie. « C' U«' Taix, dit-il, est 

. '• iiii in-i '.'1 ' - c\|»r"r-i';iiin> M)nt admi**." .'iCs • 

."♦ l'Ion:'. !»>' uit reinar.j'nT l» > de" cav , hts 

i' îorf qui piH ■ -'S autn*^ [jcrsoun?»-.' . l/i » de ces 

..iM<*lie, e^t v»i lît* dioitc, est vu d- • et '.• dessin et 

'Ml* '«^.aviW. . un) a i\ puSenté • w.ts ii's nu''ddillo? 



i»' I fî« »' 



• I.', cJ M. V!* at.s-o«' .."ci découvrir 



' •• * la iaiiicuse Paix du C'iUron- 

• Kinij'uerrajd'alKird par Gori, 

."j^ cofihO'Ic. n.'«Tis la première 

• •' ' flt'Uiiuihv que c*'l{.e attribution 

hit ,•'- . .« sur (!«Hix mentions du registre 

lie la '•' I, i- ■ '..t»'iit qu'une cliùse, «'est quen 

14^2 unr î . . • r." ;»'>ur l't'trli^t'. Saint-Jean d»' 

Klop'u •' •' -ni» . ' . . , i gll^o, îul ^oldro ;Y Matteo 

i»pi,-an- • , lîiiqta ■ ' .. . i .n-nie nou>ra\(. us rapporte*, 

I «'i- qu'à Saiiîl • . . .• . :••♦ î ;ues P.nx» dues à Fini- 

. » • . ;t<i-i-cnl ]' ■' ,v«ill''>. • • • «ji • I »*pr4'^<. nlations de la /"'/^s/o/i 

»-onveni'' jaécLe en» «rt. d'iv.îu 'ijt' • l «iil qu'à cette c^'lise Mait . ne 

. ■ ['.«I- ' -a, sur laquelle lîtait rei«r» .-..l'i' îe Christ en croix, eut*'e U& 

f< .;• <, j's- ^i cfaval tt nue fvmr th^mhrtuse au pied de la rroii^ 

V .1 uJo d d Pollajuol'i. Su. la foi de ce douhir léinni^'nafre. 

I- M •■ .1 P . ' •> (•• • ' It pnunait bien rtre rcl'''-ti : « (i»'l»- 

•■ . '«il, ^^an- au«'»i"i' lnj.silation, ctre mise 



JËSUS EN CROIX 
PUqae Dielléc, allribute 1 MMUo Dei oni Mua Fiai |cii«rrt. (N'TS. -Huiiedu BargeJloï Flor«pce.) 



T 



PLAQUES NIELLÉES i9 

sur le môme rang que le C*juronnemeni de la Vierge, » Seulement, M. Milaiiesi ne s'est 
pas aperçu qu'un fait matériel contrarie l'attribution qu'il en fait à Finiguerra. Pour 
pouvoir invoquer, k cet égard, les témoignages de Vasari et de Gel Uni, il faut d'abord 
que l'attribution porte sur une Paix « admirable », digne de la grande réputation de 
Fiuiguerra; ensuite, que cette Paix représente Jésus en croix entre les deux lar- 
rons, etc.; enQn, qu'elle ait appartenu à l'église de Saint-Jean de Florence. Si les deux 
premières conditions peuvent s'appliquer au nielle qui nous occupe, il n'en est pas de 
môme de la dernière. H. Milanesi dit lui-môme : « Remarquons que Vasari commet- 
tait une erreur en disant que l'église Saint-Jean possédait « quelques » Paix ou 
« certaines » Paix; car il est maintenant prouvé qu'il n'y en avait pas plus de deux. » 
Or, les deux Paix du Musée de Florence qui aient sûrement appartenu à l'église Saint- 
Jean sont le Couronnement de la Vierge et la O^ciflxion décrite ici sous le numéro 74, 
œuvre d'un nielleur médiocre et dont la composition n'est pas conforme à la description 
de Gellini. Ce sont les deux Paix dont parle Gori. Quant à celle dont il s'agit ici, Gico- 
gnara dit positivement qu'elle u'est venue au musée qu'en i79i, par voie d'achat, et 
M. Milanesi le rappelle aussi lui-môme. Gependant, nous pensons que rien ne prouve 
qu'elle n'ait point appartenu à l'église Saiot-Jean, et qu'elle n'en ait été détournée 
avant môme l'époque où écrivait Gori. Tout serait ainsi concilié. Nous trouvons que 
M. Milanesi a eu tort de donner un démenti à Vasari, qui affirme pourtant très nette- 
ment que cette église possédait quelques Paix de Finiguerra avec des représentations de 
la Passion du Ghrist. Pour pouvoir rectifier Vasari, il nous faudrait un inventaire de 
ce temps du trésor de l'église Saint-Jean prouvant le contraire, et non pas celui 
de Gori. 

Quoi qu'il en soit, quand môme cette Paix ne serait pas de Finiguerra, et nous 
ne voyons rien qui s'y oppose, elle est sûrement d'un très grand artiste. Le dessin, 
d'accord avec ce que dit Gellini, pourrait bien ôtre d'Antonio del Pollajuolo, le fidèle 
collaborateur de Finiguerra. 

M. Milanesi a encore commis une autre erreur dans un premier article (l'Arl, 
t. XXXll [188'{], p. 221. Il a confondu cette Paix avec une autre Crucifixion du Musée 
de Florence (voir le numéro 76), dont la composition est presque identique avec celle 
de la Paix de la collection Trivuizio { voir le n^ 77 ) : évidemment il y a été entraîné 
par la confusion faite à cet égard par Gicognara lui-môme (voir la note du numéro 
suivant). 

76. Jéstis en croix entre les deux larrons. Deux anges, un 
de chaque côté, sont auprès de lui; un troisième vient recevoir 
rame du bon larron, tandis que le diable recueille celle du mau- 
vais. Au-dessus de la croix du Sauveur, le soleil et la lune. Une 
foule de gens à pied et à cheval garnit le Calvaire. Au fond, la 
vue de la ville de Jérusalem. A droite, sur le devant, un groupe 
de trois hommes causant; à gauche, la Vierge évanouie, assistée 
des saintes femmes et de saint Jean. (Duch., n° 97.) 

Plaque ciulrée. Haut.^ 115 millim.; larg., 77. 



«0 NIELLES 

Composition de trente-quatie figures. Duchesiie a décrit ce nielle très brièvement, 
et l'a indiqué comme se trouvant dans la collection du prince Poniatowski. Cicognara 
{Memorie, p. 246-247) affirme que c'est celui du Musée de Florence, acheté en 1801. 

M. Milanesi, dans l'article cité plus haut, a étudié de près cette Paix, dont il donne 
un fac-similé. « Le sujet, dit-il, est traité d'une façon qui révèle, à n'en point douter, 
une influence allemande; la composition aussi bien que le dessin sont copiés ou imités 
de quelque estampe d'un ancien graveur allemand. La vue de la cité de Jérusalem, qui 
occupe le fond de la scène, est la vue d'une ville allemande; allemand aussi est le 
costume des personnages, coiffés de chapeaux pointus à larges bords. Au premier 
plan, à droite du spectateur, se tient un jeune homme à cheval, vu de dos; il a les 
cheveux longs, un bonnet sur la tête, de larges culottes, des bottes à éperons; c'est le 
costume allemand des dernières années du quinzième siècle. Près de lui, à droite, est 
un soldat appuyé des deux mains sur une hallebarde ; il est vêtu d'une cuirasse sur le 
devant de laquelle on peut distinguer, si je ne me trompe, la lettre G. Ce pourrait 
bien être là l'initiale du nom^ la marque du maître. S'il est permis d'en chercher 
l'explication, peut-être ne serait-il pas trop invraisemblable de penser que cette 

marque appartient à un miniaturiste florentin, à Ghérardo Vasari nous apprend 

que Ghérardo se mit à contrefaire les estampes de Schœngauer, et qu'il y réussit 

très bien 11 n'a pas seulement imité les estampes, mais encore les peintures 

flamandes. Eu effet, si l'on examine quelques-unes des miniatures qu'il a exécutées en 
collaboration avec son frère Monte, artiste non moins habile que lui, on reconnaîtra 
à quel point ils ont imité l'école flamande dans les paysages, dans les fabriques, dans 
les types des figures, surtout les figures des Nazaréens, dans les teintes violacées et 
fortement colorées des chairs. Si de temps à autre on ne retrouvait dans ces minia- 
tures la noblesse des types italiens et les gracieux airs de tête des personnages de 
Ghirlandajo, leur maître, si les documents n'étaient point là pour désigner leurs 
auteurs avec certitude^ on les croirait l'œuvre de quelque Flamand qui aurait travaillé 
à Florence. » 

Après l'exposé de cette opinion, dont la justesse se trouve confirmée, aux yeux de 
tout connaisseur, par l'examen de la pièce, on ne comprend plus rien à ce qu'en 
avait dit Cicognara. 11 trouve que le sujet de cette Paix correspond fort bien à la 
description qu'en a donnée Cellini, « car, dit-il, il n*existe, à Florence, aucune autre 
Paix qui offre de l'analogie avec la manière de graver de Finiguerra. Quant au dessi- 
nateur, c'est certainement dans celle-ci plus que dans toute autre qu'on remarque le 
faire de Pollajuolo, mais elle rappelle plutôt encore celui de Verrocchio.» Or, Cico- 
gnara oublie que cette Paix ne provient pas de l'église Saint-Jean, puisqu'il constate, 
lui-même, qu'elle avait été achetée pour le Musée de Florence, en 1801, d'un mar- 
chand nommé Gaêtano Galier, à moins d'admettre qu'elle en ait été détournée jadis. 
Son mérite inférieur, au point de vue de l'art, ne permet nullement d'en attribuer la 
paternité à Pollajuolo, à Verrocchio et à Finiguerra, et tout porte à croire que, par 
une confusion étrange, Cicognara, en parlant de cette Paix, avait plutôt eu l'intention 
de décerner tout ce tribut d'admiration à la belle Crucifixion décrite par nous au 
numéro 75, à laquelle il n'accorde aucun éloge. 

77. Jésus-Christ en croix entre les dettx larrons. Il est entouré 



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iriîut d 'adinirrili.i:! à la lu Vf K/c'/fiii-H d-'cito par poiih » 
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JÈSViS EN CROIX i 

PliqiH niellée. Tr«t*il iulien du xv* siècle. 
;»• ie. — Mutés «lu Barfello i Florence.] 



PLAQUES NIELLÉES 2t 

de soldats, dont plusieurs sont à cheval ; Tun d'eux, à droite, tient 
une enseigne avec les lettres S. P. Du même côté, un soldat, mon- 
tant à une échelle, va briser les jambes d'un des larrons ; à droite, 
sur le devant, un groupe de trois hommes; à gauche, la Vierge 
évanouie, secourue par les saintes femmes et saint Jean. De chaque 
côté de la croix, un ange ; sur le haut de la croix : inri ; au 
haut, le soleil et la lune. (Duch., n°98.) 

Plaque cintrée. Haut.^ 86 millim.; larg., 65. 

Cette Paix fait partie de la collection Trivulzio. La plaque nieUée est dans un cadre 
ciselé. Comme ou peut le voir par la description, elle se rapproche beaucoup, 
pour la composition, de la Paix du Musée de Florence décrite au numéro précédent. 
Cicognara, quia pu les comparer, note les différences suivantes (Memori'^y p. 248): en 
raison des dimensions plus petites de la plaque Trivulzio, les figures en sont aussi plus 
petites. Au lieu de quatre (?) anges planant aux côlés des croix, il n'y en a plus que 
deux, qui accompagnent la croix du Sauveur. Par contre, on y voit trois figures de 
plus qui sont à peine esquissées, en arrière, près des murs de Jérusalem, entre la croix 
du Hédempteur et celui du bon larron. Il existe encore d'autres petites variantes 
dans le groupe de soldats à cheval. 

« Si Ja plaque de Florence, dit-il, par la magnificence de son exécution, semble 
avoir le droit de passer pour l'original, d'autre part le fini précieux de la Paix Trivul- 
zienne ne manquera pas aussi de conquérir en sa faveur de nombreux suffrages. » 11 
ajoute plus loin qu'en tout cas cette dernière ne saurait être regardée comme une 
copie servile, mais bien comme uno imitation libre de la précédente, exécutée par un 
même artiste . 

78. Jésus en croix. Deux anges sont en l'air à ses côtés. Au 
pied de la croix, à gauche, la Vierge debout, et, vers le fond, 
saint François d'Assise à genoux; à droite, saint Jean debout et 
saint Jérôme à genoux, accompagné de son lion. Le fond présente 
une ville située au bord de la mer, d'où s'élèvent deux îles sur- 
montées chacune d'un grand rocher escarpé. (Bartsch, XIII, p. 50, 
no 4. —Duch., n" 101. — Passav., t. V, p. 199, n** 1.) 

Plaque cintrée. Haut., 74 millim.; larg., 50. 

Cette superbe plaque niellée occupe le centre d'une Paix qui était autrefois à 
l'église Saint-Jacques de Bologne, et passa ensuite à TAcadémie des Beaux-Arts de 
cette ville ; aujourd'hui elle est conservée à la Pinacothèque. D'un beau dessin et d'une 
fine gravure, ce nielle est Tœuvre du célèbre Franccsco Raibolini, dit Francia (1450- 
1518). La monture, ornée d'arabesques, de rinceaux, etc., finement ciselés ou en bas- 
relief, est aussi de la main du même artiste. Dans la lunette est représenté l'Homme 
de douleurs, entre deux anges, en bas-relief. Au-dessus de la bordure du sujet cen- 
ral, dins les espaces presque triangulaires formées par le cintre, se trouvent, à 



n NIBLLES 

droite, les armoiries des Bentivoglio, seigneur de Bologne, à gauche, celles des 
Sforza de Pesaro. Ces dernières sont des fasces ondées, l'un des emblèmes de cette 
grande famille, et non pas un échiqueté, armoiries de la maison Pepoli* Francia tra- 
vaillait au service des Bentivoglio comme orfèvre, peintre et médailleur. Des écrivains 
italiens ont présumé que cette Paix fut donnée à Téglise ^aint-Jacques à l'occasion du 
mariage de Giovanni II Bentivoglio avec Ginevra Sforza de Pesaro, disant que ce qui 
démontrait qu'elle avait été faite pour ce seigneur ce sont les initiales M Z qu'on y 
voit et qii doivent signifler « Messere Zoanne». Or on n'a pas fait attention que le 
mariage en question est du 2 mai 1 464, date à laquelle Francia n'avait que quatorze 
ans. Donc si cette Paix est un don de Giovanni II Bentivoglio, il ne saurait être que 
d'une da'.e postérieure. Cependant on se demande pourquoi dans ce cas les armes 
de Bentivoglio sont à la seconde et non à la première place, et en présence de ce fait 
nous croyons que ce don s'appliquerait mieux à Galeazzo Sforza^ seigneur de Pesaro, 
mort en 1515, époux de Ginevra Bentivoglio, fille d'Ercole. Mais alors les initiales 
M Z ne sauraient avoir la signification qu'on leur donne. 

Negri {Anuftlidi Bologna), à Tannée 149 V, nous renseigne que, paroràre de Ben- 
tivoglio, Francia a fait une autre Paix niellée, de la valeur de 300 ducats, qui fut 
offerte & Giovanni Sforza, seigneur de Pesaro, à l'occasion de son mariage avec Lucrèce 
Borgia (1493). On ignore ce que cette Paix est devenue. 

Sur les nielles de Francia, consultez : Zani, Materiaii, p. 129; — - Galvi, Memorie 
délia vita ed opère diFranceseo Raib^Hni (Bologne, 1802); — Malvasia, FBhmapUirice 
(1841), t. I'^ p. 42; - Bolognini-Amorini , Vite de' pittori ed art^fici MogneH (1841), 

p. 45. 

Le Crucifi'ment dont nous nous occupons a été décrit par Bartsch d'après une 
copie, moderne, et le savant iconographe a supposé à tort que l'abbé Zani avait eu sous 
les yeux « l'estampe originale », tandis qu'il n'a parlé que de la Paix de Bologne. A 
son tour, Duchesne, croyant que toutes les copies de nielles décrites par Bartsch ont 
été exécutées d'après des originaux du cabinet Durazzo, a avancé qu'une épreuve de ce 
Crucifiement s'y trouvait aussi, ce qui est inexact . 

Un fac-similé de ce nielle a été gravé par Fr. Spagnoli pour le Man*tale de 
Vallardi ; et nous donnons de la Paix entière une reproduction directe par Théliogi a- 
vure. 

79-81. Jésus en croix entre les deux larrons. Sujet central d'une 
Paix. Aux côtés du Christ sont deux anges, dont l'un recueille son 
sang dans un calice. Autour de la croix une foule de soldats à 
cheval et à pied. Au premier plan, la Vierge évanouie entre saint Jean 
et une sainte femme. A gauche, une sainte femme (la Madeleine?) 
assise et pleurant; à droite, trois soldats tirant au sort la robe de 
Jésus. Au-dessus de la croix, le soleil et la lune. 

Plaque cintrée. Haut,, 93 millim.; larg., 56. 

(80-8i.) Sur les pilastres de la monture en bronze doré sont appli- 



PLAQUES NIELLÉES 23 

qués deux nielles représentant des feuillages. — D'autres plaques 
niellées occupent les écoinçons au-dessus du sujet central. Sur l'archi- 
trave est une plaque d'argent avec Tinscription : bxvrge. domine. 
ADivvA.Nos. — L'architrave supporte un ornement découpé où Ton 
voit deux dauphins adossés, séparés par un épi de feuillage. 

Haut, totale de la Paix, 180 millim.; larg.^ 126* 

Fort beau travail florentin du quinzième siècle. 

Paix non décrite. Elle fait partie de la collection de M. Pr. Spitzer, et nous en 
donnons une reproduction. 

82. Jésus en croix. Saint Jean est à gauche, et la Vierge à 
droite. En haut de la croix, Tinscription : in ri. Au fond, la vue 
de Jérusalem. Le ciel est noir, à l'exception de quelques nuages 
qui se détachent en clair. Médaillon entouré d'un double ovale en 
dehors de la gravure. ( Bartsch, XIII, p. 50, n'» 3. — Duch., n* 103. 
— Zanetti, p. 103, nM40.) 

Diam., 32 millim. 

Bartsch et Duchesne ignoraient que c'était une plaque d'argent dont ils n'ont 
connu que le fac-similé fait pour Durazzo. A la vente de cette collection (n<* 2821 ) elle 
n'a atteint que le prix de 91 florins, ce qui prouve que le travail en est médiocre. 
Elle a pour pendant le Saint Qeorges décrit plus loin^ n^ 336. 

83. Jésics en croix. Il est entre saint Jean et la Madeleine, dans 
un encadrement en argent doré, orné de colonnettes et de têtes 
de chérubins en relief. 

Haut, totale dece'te Paix, 160 miilim ; larg., itO. 
Vente Castellaili, n» 480 : 165 francs. 

— Jésus en croix. (Voir les n'»* 29, 249 et 303.) 

84. Descente de croix. L'instrument du supplice est au milieu ; 
deux échelles y sont appuyées. Le bras gauche du Sauveur est 
détaché et soutenu par Nicodème. Derrière la croix, saint Pierre 
veut enlever le clou qui retient le bras droit du Christ. En avant, 
est saint Jean ; au bas , à gauche, les saintes femmes. Marie-Made- 
leine embrasse le pied de la croix; dans le fond, Jérusalem. Quatre 
anges sont autour de la croix. On voit sur une petite tablette : in.ri. 
(Duch., nM04.) 

Plaque cintrée. Haut., 108 millim. ; larg., 81. 
Cette planche a appartenu à Séroux d'Agincourt (voy. son Histoire de Vartpar les 



U NIELLES 

mf»nufnfnU', t. II, p. <50, et t. VI, pi. CLXIX, n<» 10), qui en attribue la gravure è 
Antonio Pollajuolo. 

Une copie dessinée au trait faisait partie du cabinet Sykes (CataL, n? 240,) 

— Déposition de la croix. (Voir le n** 27. ) 

85. Jésus descendu de la croix. Le haut du corps du Sauveur 
repose sur les genoux de la Vierge; près d'elle, trois saintes femmes. 
Sur le devant, la Madeleine, entre saint Jean et un autre disciple 
assis, soutient les pieds du Sauveur. Dans le fond, à droite, les trois 
croix sur le calvaire. (Passav., t. P*", p. 295, n®500. ) 

OTale eu largeur. Haut.^ Gl millim.; larg., 75. 

Collection Gicognara, n° 5i. Selon lui, le dessin de ce nielle pourrait être auss 
bien du Pérugin ou de Fr. Francia, que de Raphaël lui-même. Il faisait partie, avec 
nos numéros 16-27, 86 et 363-366 d'une série de médaillons qui ornaient une grande 
croix. 

Une épreuve sur papier est conservée à la Bibliothèque de Vienne (Calai . de F. de 
Bartscb, p. 7, n^ 11). 

86. UHomme de douleurs. Il est à mi-corps, soutenu par quatre 
anges debout sur les bords du tombeau. Derrière lui, la croix. Le 
soubassement du tombeau offre de beaux ornements et l'emblème du 
pélican ; au-dessous, les trois clous. (Passav., 1. 1", p. 295, n**501, et 
p. 297, n« 514.) 

Ovale en largeur. Haut.^ 61 millim.; larg., 75. 

Collection Gicognara, n<» 52. G*est le pendant du numéro précédent. L*iconophile 
italien dit de ce nielle qu'il est difficile de trouver rien de plus gracieux et de mieux 
composé, soit pour la justesse de l'expression, soit pour la douceur des contours et 
pour Textrôme beauté des draperies. H en possédait une ancienne épreuve sur papier, 
imprimée à la main. 

Une épreuve sur papier conservée à la Bibliothèque de Vienne (Catal. de F. de 
Bartsch, p. 8, n® IH) offre la même composition, comme pour le numéro précédent ; 
Tune et Tautre doivent provenir des copies modernes. 

87. La Pietà. Le Christ mort est étendu sur les genoux de la 
Vierge. Dans le fond, les trois croix; sur celle du milieu : inri. Au 
bas, une boule divisée en compartiments ; auprès , les lettres b e. 
Le fond, couvert de tailles croisées, n'est pas niellé, mais doré. 
(Duch., n" 105. — Passav., 1. 1", p. 278, et aussi p. 304, n** 549.) 

Diam., 59 millim. 

Catalogue Sykes, n' 1245, puis collection Woodburn ; aujourd'hui au British 
Muséum, a Pièce d'un très bçau travail, » dit Duchesne. Passavant trouve que le des- 



«a ^9 - «^ 



PLAQUES NIELLÉES 25 

sin eo est fort médiocre. On peut en voir an fac-similé dans l'ouvrage d'Oltley, A 
Collection. 

88. La Pietà. Le Christ mort est étendu sur les genoux de sa mère. 
Ce nielle est dans un baiser de Paix en argent portant des traces d'é- 
mail et surmonté d'une plaque ronde en argent gravé, représen- 
tant saint Biaise debout. 

Haut, totale^ 220 millim.; larg., 90. 
Travail italien du quinzième siècle. Vente Castellani, n'^ 476: 1,070 francs. 

89-91. La Pietà. Le Christ mort est étendu sur les genoux de sa 
mère entre saint Jean et sainte Madeleine. Ce nielle est dans un enca- 
drement en cuivre ciselé et doré. Deux autres plaques niellées y 
sont jointes : deux anges musiciens; sur la base : des rinceaux et des 
mascarons. 

Haut totale., 157 millim ; larg., 80. 
Travail italien du seizième siècle. Vente Gastellani, n? 482 : 600 francs. 

92-93 Déposition de la croix et mise au tombeau. Sujet central 
d'une Paix. 

HauL^ ? millim.; larg., ?. 

(93.) Dans la lunette, la Résurrection. 

Plaque cintrée. Haut.^ ? millim.; larg., ?. 

— Ces deux nielles sont encadrés de bandes d'argent niellé, 
portant des ornements ainsi que les inscriptions suivantes : pagem . 

RELINQVO . VOBIS. — PAGEM MEAM . DO . VOBIS. — N . RESVRETIONE . TVA. 

GHRISTE . ET . TERRA . LETENTVR. 

Haut, totale de la Paix^ 195 millim.; larg. 115. 

Travail italien du quinzième siècle. La monture, surmontée de trois palmettes, est 
en cuivre doré. 

A la vente Gastellani, n® 479, cette Paix n'a atteint que S/iO francs, mais elle 
a été revendue 4,550 francs à la vente de la coll. Gh. Stein (1886), n« 200. 

94. Résurrection de Jésus Christ. Le Sauveur triomphant, vu 
de face, tenant dans la main gauche sa bannière, donne sa béné- 
diction de la main droite. Quatre soldats sont couchés autour du 
tombeau. (Duch., n" 121. — Passav., t. V, p. 200, n°2.) 

Plaque cintrée. Haut^ 91 millim.; larg., 60. 

C'est la seconde plaque niellée que l'on connaisse sortie des mains du célèbre 
Francia (voir plus haut, n^ 78). Elle forme une Paix dont la monture, l'œuvre du 



n NIELLES 

même artistei oraée d^arabesques et de rinceaux en bas- relief, offre deux écussons 
aux armes des Felicini et des Ringhieri (Cicognara, Memorie, p. 491, a été mal ren- 
seigné à cet égard). On présume qu'elle a été commandée par Bartolomeo Felicini, à 
l'occasion de son mariage avec Dorotea Rtnghieri, et offerte à Téglifle de la Miséri- 
corde de Bologne, d'où elle passa à l'Académie des beaux-arts de cette ville ; elle 
se trouve actuellement à la Picanothèque. 

Cette Paix est d'un travail particulièrement remarquable. 

Elle a été gravée en fac-similé par Fr. Spagnoli pour le Manuaie de Vallardi, et 
nous en donnons une reproduction en héliogravure. 

95. Résurrection de Jésus-Christ Sur le devant, un large tombeau 
ouvert ; le Christ debout, sur un des bords du sépulcre, donne sa 
bénédiction de la main droite et tient sa bannière de Tautre. A droite, 
une sainte tenant un livre dans une main, et la palme du martyre 
dans Tautre. A gauche, un saint ayant un coutelas dans la main 
droite, et dans l'autre un livre. Le fond est blanc. (Duch., n* 123. ) 

Médaillon OYale. Haut y 39 miUim.; larg., 29. 

Collection Trivulzio. Le saint tenant un coutelas pourrait bien être saint Herculan, 
martyre, évéque et patron de Pérouse^ ce qui marquerait la destination de cette Paix. 

96. Résurrection de Jésus -Christ. Nielle sur un fond doré. 
(Duch., n'* 124.) 

Diam., 23 roillim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n* il. 

97. Résur^^ection de Jésus-Christ. (Duch., no 125.) 

Diam., 21 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, no 10. 

— Résurrection de Jésus-Christ. (Voir les n*»* 30, 99, 250 et 321.) 

08-100. Suite de trois médaillons ovales. (Passav., t. P%p. 295, 
n^' 477, 499, et p. 298, n» 517.) 

Haut., 54 millim.; larg., 30. 

98. Le Christ mort. Il est en pied, assis, penché sur l'épaule 
d'un ange qui est à sa droite, dont il entoure le cou de son bras et 
qui lui soutient la tête, pendant qu'un second ange, à sa gauche, 
lui prend la main. Trois clous gisent sur le devant. 

99. Résurrection. Le Christ, porté sur un nuage, s'élève au- 



PLAQUES NIELLÉES 27 

dessus du tombeau ; il bénit de la main droite et tient de la gau- 
che une bannière. Deux soldats endormis à côté du tombeau. 

100. Descente aux limbes. Le Christ, vu de profil, tenant sa 
bannière, s'avance à droite, foulant aux pieds les portes des enfers 
arrachées de leurs gonds, et il tend la main à un homme à grande 
barbe, autour duquel on voit des têtes et des mains tendues. Au- 
dessus, un petit diable sonnant de la trompette. 

Collection Gicognara, albnm n*^ 78-80. Zanetti (Catal. n*' 77-79) rapporte que 
c ces trois nielles, travaillés avec la plus grande liberté du burin, étaient incrustés 
dans le pied d'une croix en cuivre doré qu'on conserve au cabinet Cicognara et qui 
porte la date i5S9, avec Tinscription S. G. M. âbba.. Suivant toute probabilité, cette 
croix fut exécutée par ordre de Tabbesse du monastère de Saint- Cyprien, à Murano, 
et on peut croire que ces nielles furent des derniers gravés à Venise. » Le Gbrist 
mort est une copie du célèbre bas-relief contemporain, par Jérôme Gampagna, 
qu'on admire à Venise, dans Téglise de Saint-Julien. Le Gbrist ressuscité rappelle 
singulièrement celui de la Résurrection, gravée par Mantegna, et la Descente aux 
Limbes offre beaucoup d'analogie avec le même sujet, gravé en io41, par Béatrizet, 
d'après Rapbaél. 

Le catalogue Santarelli (p. 2T|, n° 20) signale des épreuves modernes de ces 
nielles, qui ne peuvent provenir que des copies. 

— L'Agneau pascal. (Voir le n^ 198.) 

— La Descente du Saint-Esprit. (Voir le n® 31.) 

101. La Mort et l'Assomption de la Vierge. Plaque niellée d'une 
Paix. Elle est divisée en deux compartiments horizontaux. Dans le bas 
est représentée la Mort de la Vierge : elle est couchée sur un lit, la 
tête à gauche ; les apôtres l'entourent et le Christ reçoit son âme 
figurée par un petit enfant. Ce siget offre dix-neuf personnages. Au- 
dessus est l'Assomption de la Vierge : debout, dans les airs, vue de trois 
quarts à gauche, les bras étendus, entourée d'une auréole et accom- 
pagnée d'anges, dont plusieurs tiennent des instruments de musique, 
elle est ravie au ciel; Dieu le Père, vu à mi-corps, émergeant des 
nuages, étend les bras pour la recevoir. Dans le bas, quatre anges à 
genoux. Composition de quinze personnages. 

Plaque cintrée. Haut., 123 millim.; larg., 63. 

Cotte plaque, non décrite, est enchâssée dans une monture semblable k la Paix 
décrite plus haut, n® 65, à laquelle elle sert de pendant. Elle est également aux 
armes des Neroni et des Pandolflni. 



28 NIELLES 

Beau travail florentin du dernier tiers du quinzième siècle. 

A la vente Castellani, u<* 475, elle a été acquise au prix de 8,i00 fr., par M . Ch. 
Stein, et à la vente de la collection de ce dernier (1886, n^ 199), elle a atteint 10,000 fr. 

Elle a été reproduite en plus petit dans le catalogue Stein, et nous en donnons une 
reproduction héliographique de la grandeur de Toriginal, grâce à Tobligeauce de son 
possesseur actuel, M. Fr. Spitzer. 

C'est bien certainement à cette Paix et à son pendant que s'applique une courte 
notice de R. von Eitelberger, insérée dans le Repertorium fur Kunstwissenschaft, t. V 
(1882), p. 105. Il en attribue le dessin à Antonio del Pollajuolo, ce qui ne parait pas 
pouvoir être démontré, et il a cru que les armoiries qu'on 7 voit sont celles de la famille 
Pucci, ce qui n*est pas. Le seul renseignement à retenir de cette notice est que ces 
deux Paix proviennent de la petite église de la Vierge, située près du Bargello, h 
Florence. 

102. Le Couronnement de la Vierge. Sur un trône d'une riche 
architecture , surmonté d'un fronton cintré , Jésus-Christ , assis à 
droite, vu de profil, coiffé d'un bonnet ressemblant à celui des doges, 
pose des deux mains une couronne sur la tête de la Vierge, qui est 
assise à côté, vue aussi de profil, inclinée vers lui et les bras croisés 
sur la poitrine. Le devant du trône est orné de festons de feuillage. 
Deux anges debout, adossés aux pilastres, tiennent des vases avec des 
fleurs. De chaque côté, sur un gradin, trois anges debout, jouent des 
instruments à vent. Sur chaque bras du trône s'appuie un ange tenant 
une branche de lis, et, sur le même plan, aux deux extrémités, se 
trouve encore un ange. Au-dessus du fronton, quatre anges suspen- 
dus dans les airs tiennent deux banderoles séparées portant cette 
inscription : assvmpta. est. maria. incelvm(5îc) || gavdet.exercitvs. 
ANOELORVM. Des deux côtés, et en avant du trône, sont groupés, éta- 
ges sur quatre rangs, des saints et des saintes. A gauche, se trouvent 
neuf saintes debout (parmi lesquelles on distingue par leurs emblèmes 
sainte Madeleine au second rang, et sainte Agnès au troisième), et 
deux saintes agenouillées sur une marche au bas du trône, dont sainte 
Catherine avec sa roue. A droite, onze saints, dont deux à genoux, 
ayant à leur tête saint Jean-Baptiste, vu presque de face. Au premier 
plan, dans le milieu, sont agenouillés, à gauche, saint Ambroise ; à 
droite, saint Augustin, vus de dos, les têtes de profil, et reconnaissa- 
bles par les inscriptions : ambrvs et agosti., sur les cols de leurs 
robes. Toutes les auréoles sont plates, cannelées. Le parquet est à car- 
reaux ornés. (Duch., n"* 129.) 

Plaque cintrée. Haut., 129 millim.; largr., 88. 



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PLAQUES NIELLÉKS 29 

C'est la célèbre Paix ayant appartenu à Téglise San-Giovanni de Florence, d'où elle 
fut transportée d'abord dans la Galerie des Offices, puis, il y a peu d'années, au 
musée spécial du Bargello. 

Nous avons déjà dit que l'abbé Gori, prieur du baptistère de San-Giovanni, est le 
premier qui ait attribué l'exécution de cette Paix^en 1452, à Maso Finiguerra (Thésau- 
rus veturum diptychorunij t. Uï, 1759), dont le remarquable talent d'orfèvre -ciseleur 
nous était connu par des témoignages enthousiastes de Vasari et de Benvenuto Gel- 
lini. Dans la première partie du tome I^' de notre Manuel (pp. 4-21), on trouvera 
sur cette question des détails circonstanciés que nous ne ferons ici que résumer, en 
y ajoutant quelques renseignements nouveaux. 

Sur quelles preuves Gori a-t-il appuyé cette attribution? Exclusivement sur la 
mention qu'il a trouvée^ dans un registre de la Corporation des marchands, d'un 
payement fait en 1452 à Maso Finiguera pour une Paix ciselée et dorée, exécutée pour 
l'église de San-Giovanni. Cette appréciation personnelle de Gori a été acceptée sans 
examen, comme un fait acquis à l'histoire de l'art, presque comme un article de foi, 
par tous ceux qui ont écrit sur cette matière, pour ne citer d'abord que Zani, Lanzi, 
Bartscb, Ottley, Duchesne et Cicognara. Les objections pourtant ne manquaient pas. 
Le baron de Rumohr iUntersuchung,..; Leipzig, 1841) les a formulées le premier. 
D'abordfdans le registre invoqué par Gori, le sujet de la Paix payée à Finiguerra n'est 
nullement indiqué ; puis aucun écrivain n'avait attribué le Couronnement de la Vierge 
à cet artiste. Vasari, qui affirme qu'à l'église de Saint-Jean de Florence il y avait 
« quelques » Paix ciselées par Finiguerra, « représentant en très petit des scènes de 
la Passion », ne cite pas celle-là. Benvenuto Ceilini (né à Florence en ISOO), orfèvre- 
ciseleur lui-même, et qui devait, en cette qualité, être encore mieux renseigné sur 
cette matière que Vasari, ne cite de Finiguerra qu'une seule Paix, conservée alors 
dans la même église, mais représentant le Christ en croix entre les deux larrons. 
Passavant (t. P', p. 1 93) combat l'opinion du baron de Rumohr par un argument qui 
n'a que la valeur d'une hypothèse. « Puisque cette Paix, dit-il, surpasse en beauté tous 
les ouvrages de ce genre connus jusqu'ici, pour cela même on a le droit de l'attribuer 
au plus distingué entre les niellistes florentins de cette époque. » La réclamation du 
baron de Rumohr est restée sans écho, et l'on a continué à emboîter le pas à Gori et à 
ses partisans. M. E. Dutuit a remis la question sur le tapis, et il a fait valoir, contre 
la thèse consacrée, un argument nouveau et d'une grande importance : c'est que la 
Paix commandée à Finiguerra en 1452 pesait, d'après le registre cité plus haut, 
55 onces 11 deniers, tandis que le Couronnement de la Vierge ne pèse que 41 onces, 
16 deniers et 23 grains, ou 1 kilogr. 180 gr., c'est-à-dire la plaque niellée 107 gr., 
et la monture en vermeil qui l'entoure 1 kilogr. 73 gr. S'il est vrai que cette monture 
n'est pas l'originale, mais postérieure d'un siècle environ, à plus forte raison ne sau- 
rait-on admettre que le cadre primitif eût pesé (pour tomber d'accord avec le poids 
indiqué dans la commande) 1 kilogr. 665 gr., c'est-à-dire qu'il eût encore été plus 
disproportionné. Au milieu du quinzième siècle, où le sens décoratif était si développé 
à Florence, on n'aurait certes pas commis la barbarie d'encadrer une plaque des 
dimensions de celle du Couronnement de la Vierge dans une monture d'un poids sem- 
blable. Dès lors la conclusion s'impose d'elle-même : la Paix commandée à Finiguerra 
en U5'2 ne saurait être identifiée avec celle-ci, et elle a à^ disparaître en 1529 



30 NIELLES 

époque où Florence, ayant eu à soutenu* une guerre très périlleuse pour conserver sa 
libeiié, s'était vue dans la nécessité de lever des emprunts forcés et de faire porter à 
la monnaie toute l'argenterie des églises, aussi bien que celle des particulierS| comme 
le constate Sismondi. Vasari lui-même, après avoir parlé des scènes de la Passion 
gravées et ciselées par Maso Finiguerra et d'une foule d'autres ouvrages de Pollajuolo, 
ajoute : « Mais de ceux-ci et de ceux de Pollajuolo un grand nombre ont été fondus 
pour les besoins de la cité à Tépoque de la guerre. » {Ma di queste et di quelle di 
Pollajuolo^ molle, per i bisogni deUa ci'tà ncl tempo deVa guerra, itono htaie dil fUoco 
distruite, et guasle). C'eût été, en effet, étrange que des érudits florentins postérieurs 
à Vasari, tels que Fr. Boccbi {BeUezze di Firenze, 1591 ), Baldmucci (né en 1624), F.-L. 
de Migliore (Firenze illustrata, 1654), Cinelli {Beliezze di Firenze, 1677), n'eussent pas 
dit un mot de cette Paix, si la tradition l'eût attribuée à Finiguerra. 

A quel orfèvre-nielleur la doit-on alors? Le baron de Rumohr estime que du 
moment qu'il semblait avéré que l'église de Saint-Jean de Florence n'a jamais eu 
que deux Paix niellées ; que les registres de la Corporation des marchands constatent 
que cette même église en a reçu deux, dont l'une de Finiguerra et l'autre de Matteo 
Dei ; qu'enfin au témoignage de Cellini celle de Finiguerra représentait un Crucifie- 
ment, on est naturellement amené à attribuer le Couronnement de la Vierge à Matteo 
Dei et à y voir la Paix commandée en 1455. Passavant repousse ce raisonnement, attendu, 
dit-il, que quand on compare le travail à celui d'une Paix de Matteo Dei, représentant la 
Conversion de saint Paul^ on trouve que le dessin en est bien différent. Cependant il ne 
faut pas oublier qu'à notre connaissance, aucun document positif n'atteste que cette 
dernière Paix soit l'œuvre de Dei, et d'ailleurs Passavant n'a point comparé entre elles 
les plaques originales, mais seulement les épreuves qui en proviennent. 

M. Milanesi, dans l'article déjà cité plus haut (voir p. 18, n* 75), arrive, au sv^ei de 
la paternité du Couronnement de la Vierge, à la même conclusion que le baron de 
Rumohr, et à peu près à l'aide dés mômes arguments, sans avoir connu sa dissertation. 
« Dans cette composition, dit-il, les gracieuses attitudes des jeunes femmes, les ptillî, 
les draperies amples et richement disposées prouvent bien que Dei s'inspira plus de 
fra Filippo Lippi que d'aucun autre artiste. » 

Cette attribution est-elle mieux fondée que l'autre? On est obligé d'avouer que non. 
La base en est» en effet, purement hypothétique, sans preuves à l'appui et même sans 
tradition. La vérité est qu'on doit regarder cette Paix comme une œuvre anonyme. 
L'argument tiré par Passavant de la beauté du travail en faveur de Finiguerra manque 
de solidité, attendu que d'abord la plaque du Crud/lemefU, décrite sous le numéro 75, 
peut être mise sur le même rang, et puis rien ne prouve que parmi les nombreux 
orfèvres-nielleurs du quinzième siècle, dont les noms seuls nous sont parvenus, il 
n'y en ait pas eu, en dehors de Finiguerra, de capables de produire une œuvre comme 
le Ciwronmment de la Vierge, 

Nous donnons une excellente héliogravure de cette Paix qui n'a pas encore été 
décrite bien exactement. 

Il en existe deux exemplaires en soufre et une épreuve sur papier (voir plus loin). 

102 bis. Le Couronnement de la Vierge. Siyet central d'une Paix 
composée de quatre nielles montés dans un cadre en cuivre doré. 



PiLAQUES NIELLÉES 31 

Assis sur un trÔne grandiose, dont la voûte est ornée de caissons, 
le Christ couronne la Vierge. Dix anges, disposés symétrique- 
ment, accompagnent Je trône* Les quatre, dan s la partie inférieure, 
avec de longues ailes, tiennent des instruments de musique ; deux 
autres viennent ensuite, dont l'un joue de l'orgue et l'autre du 
tambourin. Les deux qui occupent la partie supérieure tiennent 
des vases avec des lis ; enfin deux autres au-dessus du fronton 
déploient une banderole avec l'inscription : assvmpta. est. maria. 
in.gelvm.avb.(?)exergi.angè. — Dans le socle est un petit mé- 
daillon niellé avec le monogramme du Christ, et dans la frise un 
autre nielle avec Tinscription : pax.vobis.fvndamentvm. — L'orne- 
ment qui couronne le tout renferme un médaillon avec les ar- 
moiries du pape Alexandre VL (Passav., t. P'', p. 304, n' 552.) 

DimeDsion du nielle central : haut., 70 millim.; !arg.^ 48. 
Hauteur totale, 170 millim.; iarg., 03. 

D*après Passavaat, Dachesoe vit celte Paix, en i833, enti'e les mains du marchand 
Antonio Zen, qui possédait aussi une épreuve du nielle central (voir plus loin), l^lles 
ont appartenu ensuite, Tune et l'autre, à Edme Durand, et, à la vente faite après son 
décès (1836, n* 5), la Paix ci-dessus a été vendue 200 francs. Elle a passé depuis dans 
ta coll. Debruge^Duménil, et à sa vente, en 1849 (n^ 909), elle a été adjugée à 4i0fr. 

Le cata). Santarellî (p. 272, n» 32) signale aussi une épreuve du nielle central. 

On peut remarquer que la composition du Couronnement de la Vierge semble 
inspirée, sinon copiée, sur celle de la célèbre plaque du musée de Florence. Les armoi- 
ries d'Alexandre VI indiqueraient que cette Paix a été exécutée entre 4492 et i503, 
mais elle ne nous inspire pas une grande conûance, surtout en raison de sa faute : 
AVE, pour GAUDÊT| daus rinscription . 

— Le Couronnement de la Vierge. (Voir le n** 42.) 

2. IMAGES DE DIEU LE PÈRE, DE JÉSUS-dflRIST ET DE LA VIERGE 

— Dieu le Père. (Voir les n^' 10, 46, H9, 123, 129, 150 et 155.) 

103. Buste du Christ. Vu de profil et tourné vers la gauche. 
De sa tête partent les trois bras supérieurs d'une croix. Sur une ban- 
derole, tout autour : xps.rex.venit.in.page.et.devs.homo.fagtvs.est. 
Ce médaillon en argent est entouré d'une bordure avec des rosaces. 
Passav., t. P% p. 297, n*^507.) 

Diam., 76 millim. 



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32 NIELLES 

Ce superbe nielle, qui a appartenu à Gicognara (album n^ 74, catalogue Zanetti 
n* 75), est une répétition d'un petit tableau, des mêmes dimensions, conservé dans la 
collection Trivulzio, à Milan, et dont la peinture est attribuée à Léonard de Vinci. 

Il est enchâssé dans une espèce de reliquaire. 

L'épreuve moderne signalée dans le Catalogne Santarelli (p. 271, n<> 26) doitpro- 
nir d'une copie de ce nielle. 

104. Bicste du Christ. Vu presque de face, un peu tourné vers 
la gauche, U élève la main droite pour bénir et tient un livre 
dans la gauche. Dans le fond noir, pend à une croix une bande- 
role avec les monogrammes grecs ic-xc. (Passav., t. P', p. 297, n** 508. ) 

DiaiD., 5i millim. 

105. La Vierge et V enfant Jésus. Demi-flgures. Us sont tous 
deux presque de face. La tête de la Vierge est couverte d'un voile 
et surmontée d'une auréole en forme de plateau, derrière laquelle 
flotte une banderole portant aux deux extrémités ces monogrammes 
en grec : MP"*êv-. (Passav., t. P% p. 300, n** 527.) 

Diam., 54 millim. 

Collection Gicognara, n^* 1 3- 14. Zanetti (Caé., append., n<** i3-U) en parle ainsi : 
« Ces deux nielles, formant les deux faces d'un médaillon orné d'une bordure en 
filigrane, sont sur fond noir, et, par leur style, paraissent former le passage de l'école 
grecque à Titalienne. Cicognara semble même persuadé qu'on doit les ranger parmi 
les productions de la première. » 

106. Le Sauveur^ demi-figure, sur un fond de marqueterie en 
émail bleu. (Duch., n* 107.) 

HauU^ 25 millim.; larg., 23. 

Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 329. 

107. Le Rédempteur. 

Paix niellée, fort belle, signalée par Cicognara (Memoriey p. 62) comme se trou- 
vant à la cathédrale de Modène. Sur le revers figure le nom du nielleur, Jacques Porta, 
ou délia Porta, et la date (S. Geminiam de Mutina Jacob Porta Mut. fecU 1486.) 

108. Tête de Christ. Elle est dans un octogone, tournée à gau- 
che. (Duch., n» 108.) 

HauU^ 23 millim.: larg., 14. 

Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 3*20. 



PLAQUES NIELLÉES 33 

109-110. Deux médaillons ronds, à fond noir, dans un reliquaire. 
(Passav., 1. 1", p. 297, n^ 509, et p. 299, n' 525.) 

Diana., i9 millim. 

109. Le Christ^ en buste, vu de trois quarts, tourné à droite, 
la tête ceinte d'un nimbe crucifère. 

HO. La Vierge^ en buste, vue de trois quarts, tournée à gau- 
che, la tête couverte d'un voile et ceinte d'une auréole cannelée 
(sans inscription, contrairement à ce que dit Passavant). On voit 
ses mains. 

Collection Cicogaara, n^* 3 i et 32. o Quoique ces deux nielles, dit Zanelti, soient 
enchâssés dans un môme reliquaire, ils ne semblent pas toutefois appartenir à un seul 
graveur ni à la même époque ; la tête de la Vierge est même un peu dans Tancien 
style, tandis qu'au contraire celle du Christ offre une exécution si spirituelle et si gra- 
cieuse, qu'elle décèle évidemment l'époque et l'école de Raphaël. » 

Passavant a oublié de dire que ce sont des plaques d'argent. 

111-111 bis. Le Rédempteur au milieu de deux anges. — Deux 
martyrs. 

Deux beaux nielles signalés par Cicognara {Memorie^ p. 225) comme se trouvant 
au sanctuaire de la cathédrale de Padouesur le couvercle d'une boite à encens. 

112114. La Viet^ge^ le Christ et le Symbole de V Eucharistie. 

Trois nielles signalés par Cicognara {Memorie, p. 226) comme ornant un saint 
ciboire dans la cathédrale de Brescia. 

115-116. UHornme de douleurs. Le Christ est vu à mi-corps sortant 
du sépulcre. Nielle de fronton d'une Paix ornëe de deux pilastres et 
d'un Christ en croix en relief, se détachant sur un fond d'argent niellé 
qui représente saint Jean et Madeleine, Entre les deux plaques une 
bande d'argent niellé, avec cette inscription : sancta groge, 1544. 

Haut, de la Paix, 130 millim.; larg., 85. 

D'après Tinscription, cette Paix aurait été exécutée pour l'église Santa-Croce de 
Florence. 

A la vente Castellani, n<* 483, elle n'a atteint que le prix de 50 francs, ce qui peut 
faire douter de son authenticité. 

H7. UHomme de douleurs. Il est vu à demi, dans un sarco- 

NIELLES. 3 



34 NIELLES 

phage, les bras croisés Fun sur Tautre. A gauche, saint Dominique ; 
à droite, saint Jean-Baptiste. (Passav., t. P^ p. 297, n*» 511.) 

Diam.^ 48 millim. 
Travail italien. Musée de Dresde, 

118-119. UHomme de douleurs. Sujet central d'une Paix. Le 
Christ est debout dans le tombeau; au-dessus, la croix et les 
instruments de la Passion. 

Baut., 54 millim.; larg.^ 48. 

(119.) En haut, dans la lunette, un autre nielle représentant 
Dieu le Père bénissant^ à mi-corps. (Passav., t. I", p. 297, n"* 513.) 

Haut., 23 millim.; larg., 44. 
« Travail italien assez grossier, » selon Passavant. British Muséum. 

120. UHomme de douleurs. Debout dans son tombeau. 

Plaque ronde. Oiam., 27 millim. 

Pièce non décrite et non remplie de niellure. Travail italien d'un dessin grossier 
et d'une exécution rude. 
British Muséum. 

121. UHomme de douleurs. Il est vu à mi-corps dans le tombeau. 
La Vierge et saint Jean (demi-figures) soutiennent le corps du 
Christ. Derrière est la croix, avec l'inscription inri. à rebours. 
Fond blanc. (Passav., t. I", p. 298, n" 516.) 

Haut., 49 millim.; larg.^ 37. 

« Bon travail italien. » Bibliothèque de Vienne, provenant de la collection Âlbrizzi 
( Cat. de F. de Bartech, no 37.) 

Le catal. SantarelU (p. 271| n<> 22 ) en signale une épreuve moderne. 

122-127. UHomme de douleurs. Sujet central d'une Paix. Le 
Christ, vu de face, à mi-corps, couronné d'épines, tenant un ro- 
seau entre ses mains liées, est debout dans son tombeau. Derrière 
lui un linceul étendu. Au-dessus, sur un fond noir : ie-ro, et sur le 
soubassement, en bas, la fin du mot : so-li-ma, au trait sur fond 
blanc, les deux dernières lettres réunies. 

Haut.^ 61 millim.; larg.^ 41. 

(123.) Au tympan, dans un fronton triangulaire, un autre nielle, 
représentant Dieu le Ph*e^ à mi-corps, les bras étendus. 

Haut.^ 15 millim.; larg., 54. 



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LHOAWIE DE DOULEURS 
PAIX NIELLÉE. TRAVAIL ITALIEN DU XV SIÈCLE 



PLAQUES NIELLÉES 35 

(124-127.) Dans un médaillon orné, niellé, au milieu du socle : 
pagis|jfvndame|)ntvm. — Sur les pilastres, des plaques niellées 
(haut., 54 millim.; larg., 7) ornées A' arabesques. — Sur leurs pié- 
destaux, deux écussons niellés : celui de droite présente un lion 
rampant qui tient entre ses pattes un coing (« pomo cotogno »), ar- 
moiries des Sforza da Cotignola ; celui de gauche, un caducée entre 
deux dragons ou deux guivres affV*ontées, emblème chevaleresque 
de la même famUle. (Passav., t. P% p. 298, n" 518.) 

Hautear totale^ 135 millim.; larg.^ 86. 

GoUectioQ Cicognara (album n« il9). Zanelli (Coi., n<»* 110-125) en parle en ces 
termes : t Cette jolie Paix est toute en vermeil, d*un superbe travail, fort bien dessi- 
née et d'une exécution extrêmement gracieuse et délicate. On voit par les armoiries 
qu'elle venait des ducs de Milan, et suivant toute probabilité elle faisait aussi partie des 
richesses que d'abord les Visconti, ensuite les Sforza, amassèrent à la célèbre Char« 
treuse de Pavie. » Travail italien du quinzième siècle* 

Cette Paix figure aujourd'hui dans la collection de M. Fr. Spitzer, à Paris. Nous 
en donnons une reproduction. 

Le catal. Santarelli (p. 271, n« 16) signale des épreuves modernes qui auraient 
été tirées sur cinq des plaques de cette Paix, ce qui est absolument impossible, attendu 
que son authenticité est incontestable. Elles ne peuvent provenir que d'une copie 
moderne de ces nielles. 

128-133. L'Homme de douleurs. — Dieu le Père. — Arabes- 
ques. — Armoiries. 

Haut, totale, 135 millim.; larg., 86. 

Paix absolument identique avec la précédente et exécutée à la même époque. 
Vente Gastellani, u« 4S4; achetée 510 francs par M. Piet-Lataudrie. 

134. UHomme de douleurs. Il est à mi-corps dans le tombeau, 
soutenu par deux anges; dans le fond, deux autres anges. Der- 
rière est la croix sur laquelle on lit : inri. Dans le milieu du sarco- 
phage, un pélican qui nourrit ses petits ; des deux côtes, des ara- 
besques. (Passav., t. P%p. 298, n"519.) 

Haut.^ ?; lurg., ?. 
Nielle vu par Duchesne dans la collection Albrizzi, qui l'estimait 75 louis d'or. 

135. LHomme de douleurs. Il est en demi-figure dans le tom- 
beau, soutenu par Nicodème, dont la tête est vue vers la droite. 
Deux anges, à genoux, soutiennent les bras du Christ. On lit sur 
le tombeau : mors«mea.vitâ.tvâ. Dans le fond, la croix avec inri. A 



36 NIELLES 

gauche, des objets se rapportant à la Passion. Médaillon encadré 
dans une bordure volante de deux pouces de largeur, composée 
de douze chérubins, alternant avec autant d'étoiles. (Passav., t. P', 
p. 299, n** 520.) 

Diam., 70 millim. 

En 1833, ce nielle appartenait à Antoine Zen. 

Le catalogue Santarelli (p. 97i, n«21) en signale une épreuve moderne. 

136137. UHomme de douleurs. Il est debout dans son tom- 
beau. — Sur le revers du médaillon, la Vie^^ge^ à mi-corps , 
tenant V Enfant Jésus dans ses bras. Ce médaillon d'argent est 
monté en or. (Passav., t. I", p. 299, n* 523.) 

Diana .^ 22 millim. 
British Muséum. « Travail italien inférieur, » selon Passavant. 

438. L'Homme de douleurs. Il est debout dans le tombeau; à 
gauche la Vierge , à droite saint Jean , le soutiennent ; derrière 
le Sauveur, la croix avec la lance, et Téponge au bout du roseau. 
Sur la paroi du tombeau, dans un médaillon : ¥ vi tapo pvli 
PASSvs svM. Au dos, la date de 1509, qui paraît postérieure à la 
gravure. (Duch., n* 109.) 

plaque cintrée. Haot.^ 68 millim.; larg.^ 4f . 

Catalogue Sykes, n» 4245, puis collection Woodburn; aujourd'hui au British 
Muséum. Fac-similé dans OtUev, A Collection, 

139. UHomme de douleurs. Il est au milieu, à mi-corps, debout 
dans son tombeau; la Vierge à droite et la Madeleine à gauche 
le soutiennent. Au-dessus et des deux côtés, trois têtes de chéru- 
bins. Sur la paroi du tombeau, des deux côtés d'un anneau rivé, 

HVMAN I-GENB , . , * ^ * -ii 

on lit : Le fond, couvert de tailles croisées, n est 

RIS.RE DEMTOR. 

pas niellé. (Duch., n* 110.) 

Diam., 50 millim. 

Catalogue Sykes, n* 1245, puis collection Woodburn; aujourd'hui au British 
Muséum. Fac-similé dans Ottley, A Collection. 

140. T/Homme de douleurs. Jésus, à mi-corps, est dans un tom- 
beau sur lequel est écrit : mors.mea.vita.tva. Autour, les objets de la 
Passion, parmi lesquels : au miUeu, la croix; à droite, l'échelle, le coq 



PLAQUES NIELLÉES 37 

et la main de Judas tenant les trente deniers; à gauche, la tête de Judas 
donnant un baiser à celle de Jésus-Christ; la lance, le roseau, les deux 
mains de Pilate et une cuvette avec un vase versant de l'eau. Médaillon 
rond, entouré d'une double bordure ; la première est formée de rin- 
ceaux, la seconde offre cette inscription : -+- corporis.affligtv. 

VERBIS . ET . VLNERE . QVINO . FRANCISCO . FAVEAS . STRGAT . ET.IPSA.DOMVS. 

(Bartsch, XIII, p. 52, n'' 6. — Duch., n* IH.— Zanetti, p. 104, n*» 143.) 

Diamètre du sujet, 43 millim.; de la totilité, 63. 

Bartsch et Duchesne ( qui n'ont connu ce nielle que par le fac-similé fait pour Du- 
razzo) ignoraient que c'était une plaque d'argent et non pas une estampe. Zanetti 
dit que le travail en est mesquin. Vente Durazzo, n* 2820: 251 florins. 

Voir au numéro 72 le pendant, représentant le Portement de croix. 

141. L'Homme de douleurs. Figure à mi-corps, dans un médaillon. 
Duch., n« 116.) 

Diam., 25 iQillim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 32f^, n« 9. 

142. L'Homme de douleurs. Le Christ est à mi-corps, les mains 
croisées, la tête penchée à gauche. On voit, dans le fond, la 
traverse de la croix. (Duch., n** 117.) 

Diam.j 23 millim. 

Catalogue Sykes, n*" 1245, puis coll. Woodburn ; aujourd'hui au British Muséum. 
Fac-similé dans l'ouvrage d'Ottley, A Collection. 

143. L'Homme de douleurs. Figure à mi-corps, dans un médaillon. 
(Duch., n'* 118.) 

Diam.^ 21 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n* 8. 

144. VHomme de douleurs. Le corps tourné à droite, les mains 
croisées, il regarde à gauche. (Duch., n** 119.) 

Diam.^ 18 millim. 
Catalogue Sykes, n* 1237. 

145-146. U Homme de douleurs. Sujet central d'une Paix. Il 
est vu à mi-corps, debout dans son tombeau et soutenu par deux 
anges vêtus de longues tuniques. Sur le sarcophage se trouve lïiis- 
cription : i.n.r.i.j.xps.rex.glori^. 

Haut., ? millim.; larg., ?. 



38 NIELLES 

(146.) La plaque niellée du soubassement porte Tinscription : 
PACEM . MEAM . DO . voBis. — SuF l'entablement un autre nielle avec 
les mots : .acgipitb.osgvlvm.pagis. — Au tympan, un troisième 
nielle, avec le monogramme du Christ entouré (Tune couronne de 
laurier et accosté de detcx chérubins. 

Travail italien du quinzième siècle. La monture de cette Paix est en cuivre doré. 
Elle fait partie de la coll. de M. Fr. Spitzer, à Paris, et nous en donnons une 
reproduction. 

147-148. L'Homme de douleurs. Sujet central d'une Paix. Il est 
à mi-corps, dans le tombeau, entouré des instruments de la Passion. 

Haut., 60 miUim.; larg.^ 48. 

— Sur la frise de l'entablement de la monture, une plaque niellée 
porte l'inscription : mors . mea . vita . tva. 

( 148.) Sur le soubassement, une plaque niellée représentant : saint 
Rochj saint Christophe^ saint Bernardin de Sienne et saint Sébas^ 
tieny à mi-corps. 

Haut., 12 milltm.; larg., 44. 

— Cette plaque est accostée de deux écussons niellés, l'un por- 
tant pour armoiries : de... au bélier de...; l'autre : parti : au 1", de... 
à trois mucles de... i et 2; au 2": de... à la fasce de... armoiries diffi- 
ciles à identifier. 

Travail italien du quinzième siècle. La monture de cette Paix est en bronze doré. 
Musée du Louvre, donation du baron Charles Davillier (catal. n<»345). 

149-150. L'Homme de douleurs. Sujet central d'une Paix. Le 
Cbrist est vu à mi-corps, de face, debout dans son tombeau. Sa tête, 
inclinée à gauche, est couronnée d'épines et entourée d'un nimbe cru- 
cifère. Dans ses mains liées il tient un roseau. Derrière lui est étendu 
un linceul ; il est accompagné de l'inscription : ierosolima; dont les 
quatre premières lettres sont au-dessus de sa tête et le reste dans 
le bas. 

Haut., 60 millim.; larg., 40. 

(150.) Au tympan du fronton est un autre nielle offrant l'image 
du Père Éternel. 

Triangle. Haut., 18 miilim.; larg., 60. 



' •-• 'j >>;omont porto rinscriplion : 

■ i '.;J"l»hiJiont un autre uioUe avoc 

..M.; 4 — j\]\ i\mpan, un troisièino 

'* (hrisl enfaitrè (ïuih^. couronne de 

{ » ji.M hi'T rie c«^flo Paix est tn ruivrc rîc»rr. 
' • M Kt . *^. '/tï\ à Pan>, et nous en doniiCMis une 






^ t > *6. . ' .^'.s. SuJ«l central d'ane Paix. 11 ost 

, • !/ouré (l''s instrumeats de la Passion. 

liant., 6i« millini.: l'tr'^r., 4.s. 

;» »; îO'. :i* de la monture, une plaque niellée 

♦• î'ia'iue niellée représentant : saint 
... •' •/'(///? '^.'o isienne et 6T////< Si^bii>i- 

Haut., 12 n.tniin.; larg., 44. 

' 'o de deux é«"ussons niellés, Tun por- 
.'"/ /;/ V/T ffe.,. ; Tautre : ;;(7/ ii : av V^, (U\.. 
•' ' ?* : ('/'•.., /> /." /a.sv;<' ^/t:\.. armoiries diffi- 

' ' • •{lire d^ ccllo Paix est c:\ bronza di>n>. 
* - • '^s Daviliior (catal. n"3i:);. 

iVj . '• •'/'-\ Sîijet c* nlral d'une Paix. L<» 

(.'::. '«•<\ 4!'^bout dans son tombeau. Sa tr^»\ 

inciiijr ; • .prir,- .1 ,'])iii'^s et entourée? d'un niml^j cru- 

<'ife!« . î-iiis sc^ s 1! li<' ?.' ;'m rosemi. Derrière lui est étendu 

«i'i li- ^ «Mil; il e •• [i:pnpiié d^- I :• ^ ription : ifrosomma; dont les 

:'• :'"pr<'îu'- '.^itres sont .^u-'m.^^us de sa tête et le reste dans 

Haut.f GC mi'Iim., l-rg., 40. 

1 -r ." du rront< M •;st un au!re ni^dle offrant l'image 

Trlancîe. Haut., 18 mi.lim.; larg., CO, 



[ 



Manuel lA lamataur d artainp&r TnmeJ 3 



L'HOMME DE' DOULEURS 
X NFEUilE. TRAVAIL ITALIEN DU XV= SIECLE 
fJ^'"!i.5-jAS-ûil&cùûn.JeMJ^Jptit^ , 



PLAQUES NIELLÉES 3» 

Trayail italien du commencement du seizième siècle. La monture de cette Paix 
est en bronze doré. 

Musée du Louvre, donation du baron Charles Davillier (catal. n^ 347). 

— VHomme de douleurs. (Voir les numéros 38, 60, 73 bis, 
86, 161, 197, 268, 302.) 

151 . La Vierge avec deu/X moines. Sous son manteau ouvert, deux 
moines sont agenouillés. Au-dessus, deux têtes de chérubins. En 
bas, aux côtés, deux petits arbres. Fond noir. Médaillon dans une bor- 
dure d'argent. (Duch., n'* 210. — Passav., t. P% p. 303, n' 543.) 

Diam., 29millîm. 

British Muséum. C'est bien certainement le numéro 210 de Duchesne, ayant alors 
appartenu à Woodbum (diam., 32 millim.}. 

3. SAINTES FAMILLES 
a. Compositions de deux figures. 

152. La Vierge et T enfant Jésus, k mi-corps, ayant une auréole 
plate sur la tête, et tournée vers la droite, elle soutient l'enfant 
Jésus dont les pieds sont nus ; debout sur une table, il donne sa 
bénédiction. Tous deux portent le costume du quinzième siècle. A côté 
d'eux, des fleurs. A gauche, dans un nuage, apparaît le soleil. (Duch., 
n^ 35.) 

Plaque ronde. Diam., 50 millîm. 
Travail florentin du quinzième siècle. 

Catalogue Sykes, n» 1245, puis coll. Woodburn ; aujourd'hui au British Muséum. 
Ottley (A Collection) en donne un fac-similé. 

153. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est assise sous un balda- 
quin, et tient, à l'aide d'une espèce d'écharpe, l'Enfant Jésus assis sur 
son genou gauche. Sur le fond noir, quelques cyprès et des petits 
nuages. (Passav., t. !•', p. 300, n^ 531.) 

Diam., 38 millîm. 

Joli nieUe florentin du quinzième siècle. Médaillon en argent, monté en or, pour 
être porté au cou. Musée de Francfort. 

154-155. Deux médaillons sur la couverture d'un livre. (Duch., 
n«* 425-426.) 

Diam., 22 millim. 



40 NIELLES 

154. La Vierge ^et V enfant Jésus. Vue de face, la tête un peu 
tournée à gauche, elle soutient Tenfant Jésus tout nu, marchant 
vers la droite. 

155. Dieu le père, au milieu d'un cercle rayonnant et 
flamboyant. 

Ces deux nielles, dont le premier surtout esl d'une belle exécution, figurent, 
enchâssés dans des plaques losangées, sur les deux plats de la reliure en velours d*un 
livre d'Heures manuscrit du quinzième siècle, orné de miniatures peintes par Girolamo, 
fils de François, surnommé Dai Libri, et ayant appartenu au duc de Buckingham, 
à Stowe. 

156. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est à mi-corps, tournée 
vers la droite, soutenant de la main gauche l'enfant Jésus qui est 
nu et passe son bras droit autour du cou de sa mère. La Vierge 
porte un voile, un manteau couvre sa robe. Le fond, non niellé, est 
doré et a des tailles croisées. (Duch,, n* 36.) 

Diam., 48 millim. 

Catalogue Sykes, n» 1245, puis col^. Woodburn ; actuellement auBritish Muséum . 
Fac-similé dans Ottley, A Collection. 

157. La Vierge et l'enfant Jésus. Elle est à mî-corps, ses che- 
veux sont flottants, elle a le regard dirigé vers la gauche, et tient 
à demi-couché l'enfant Jésus dont on ne voit que la moitié du 
corps. Le fond, non niellé, est doré. (Duch., n® 39.) 

Diam., 25 mllliin. 
Collection Woodburn ; aujourd'hui au British Muséum. 

158. La Vierge et l'enfant Jésus. Il est sur le bras gauche de sa 
mère. (Duch., n^ 40.) 

Diam., 25 millim. 

Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Mal^spina, t. IV, p. 328, n*^ 5. 

159. La Vierge et l'enfant Jésus. Il est dans ses bras, à sa 
droite. (Duch., n" 41.) 

Diam., 25 millim. 
Travail ita'ien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n*6. 

160-161. La Vierge et l'enfant Jésus. Il est dans ses bras, à sa 



PLAQUES NIELLÉES 41 

gauche. Médaillon niellé des deux côtés. — Au revers, YHomme de 
douleurs. (Duch., n~ 42 et H5.) 

Diam.^ 23 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n» 7. 

162. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est à mi-corps ; assise, 
un peu tournée vers la droite, avec son divin Fils sur ses genoux. 
(Duch., n« 43.) 

Diam.^ 23 millim. 
Catalogue Sykes, n* 1245; aujourd'hui au British Mu<;eum. 

163. La Vierge et Venfant Jésus, Elle est à mi-corps, tournée 
vers la gauche; son Fils est dans ses bras. (Duch., n' 44.) 

Diam.^ 23 millim. 
Catalogue Sykes, n^ 1245 ; aujourd'hui au British Muséum. 

164. La Vierge et Venfant Jésus. A mi-corps, tournée vers la 
gauche, elle soutient Tenfant Jésus debout sur un appui. Médaillon 
ovale, doré en entier. (Duch., n* 45.) 

Haut., 22 millim.; larg., 13 millim. 
Collection Revil, vente de 1830, n^ 1, adjugé 150 francs. 

165. La Vierge et Venfant Jésus. A mi-corps , tournée vers la 
gauche, elle tient l'enfant Jésus assis sur ses bras. Double bordure 
linéaire. (Duch., n" 46.) 

Diam., 21 millim. 
Catalogue Sykes, n^ 1245 ; aujourd'hui au British Muséum, 

166. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est à mi-corps, ayant un 
voile, tournée vers la gauche, tenant sur son bras l'enfant Jésus, 
qui a la jambe droite pliée. (Duch., n** 47.) 

Diam., 21 millim. 
Collection Woodburn. 

167. La Vierge avec Venfant Jésus. Il est dans ses bras, à gauche. 
(Duch., n« 48.) 

Diam., 21 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 327, n* 2. 

168. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est tournée vers la gauche. 



42 NIELLES 

couverte d'un grand manteau, et prend dans sa main gauche le pied 
de l'enfant Jésus, nu, qui est assis sur son bras droit. (Duch., n® 49.) 

Diam.^ 18 millim. 
Catalogue Sykes, n» 1236. 

169. La Vierge et Venfant Jésics. Il est dans ses bras, à droite. 
(Duch., n^ 50.) 

Diam., 16 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 321, n? 4. 

170. La Vierge et Venfant Jésits. Elle est vue de face, assise 
dans un paysage et tenant Tenfant Jésus sur son genou gauche. 
Leurs têtes sont ceintes d'auréoles cannelées. A droite, un petit la- 
pin. Au fond, un arbre de chaque côté. (Passav., t. I*', p. 300, 
n^ 528.) 

Diam., 29 millim. 
Travail du commencement du seizième siècle. Collection Cicognara, n* 28. 

171. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est à mi-corps et drapée. 
Nielle dans un baiser de Paix en cuivre doré avec pilastres finement 
ciselés. 

Haut totale de la Paix, 165 millim.; larg., 97. 
Vente Gastellani, n« 481 : 1,500 francs. 

172-173. La Vierge allaitant Venfant Jésiis. Elle est à mî-corps, 
derrière un mur d'appui marqué d'un V (Vtrgo). Autour du mé- 
daillon, on lit : DVLGissiMo. lacté, edvcavi. te. — Au revers, un 
autre nielle : Saint Jean-Baptiste^ debout entre deux petits anges 
nus, dont l'un aide à soutenir la croix, avec la banderole : ecgb 
DEi, tandis que l'autre joue du tambourin. Aux pieds du saint, la 
lettre B (Baptiste). On lit autour : nvnqvam.obliviscar.tvi. (Passav., 
t. I", p. 300, n* 530, et p. 305, n^ 554.) 

Diam.^ 36 millim. 

Cicognara {Memorie, p. 109) indique ce médaillon comme se trouvant en 1831 
entre les mains du marchand San Quirico, à Venise, et il fait observer que le nielle 
n*a pas suffisamment pénétré dans le fond, qui est à saillies croisées. 

A la Bibliothèque de Vienne, épreuves de ces deux sujets, imprimées d*un ton 
bleuâtre et provenant de la collection Albrizzi (Cat. de F. de Bartsch, u? 39). 

Le catal. Santarelii (p. 271, n* 28) en signale également une épreuve. 



-^^. 



s « 



PLAQUES NIEL'LÉES 43 

174 175. Deux médaillons taillés en pointe vers le haut et dans 
une double bordure linéaire. (Passav., t. I", p. 300, n* 529; p. 309, 
n° 579, et p. 314, n'» 610.) 

Haut.^ 18 millim.; Urg.^ 16. 

17i. La Vierge et Venfant Jésus. Elle est assise, vue 
jusqu'aux genoux, tournée vers la gauche, et tient debout 
devant elle Tenfant Jésus nu. 

175. Saint Etienne^ à mi-corps, tourné vers la gauche, 
tenant une palme dans la main droite, et un livre dans l'autre. 

ColIeclioQ Gicognara, n<>* 33 et 34. « Travail italien très médiocre, » dit Passavant, 
sans ravoir vu; il ne fait qu'un seul de ces deux médaillons, et oublie de dire que 
ce sont des plaques et non pas des épreuves. Le second sujet est la même chose que 
son numéro 610 : un Ange, nom donné à tort par Zanelti à cette figure. 

Ces nielles, ainsi que celui représentant saint Christophe et saint Sébastien (voir 
le numéro 333), provenaient d'un ostensoir de Tabbaye de Carrare, près Padoue, et ont 
été donnés àCicognara parle chevalier de Lazzara. L'abbaye de Carrare fut érigée au 
seizième siècle en commanderie de la famille de Médicis. « Cette circonstance, dit-il, 
plus que toute autre, porte à présumer qu'on doit attribuer ces nielles, quel que soit 
d'ailleurs leur mérite, à un artiste florentin. » 

C^est sur le second de ces médaillons que Cicognara fit son premier essai do 
décomposition de la niellure^ par un procédé chimique. Ayant pleinement réussi, 
il fit tirer, de la plaque ainsi vidée, une dizaine d'épreuves. 

176. La Vierge et Venfant Jésus. La Vierge, à mi-corps, tient 
l'enfant; aux côtés on voit des têtes de chérubins. 

177. Sainte Catherine^ figure entière. (Passav., t. I", p. 271, 
n* 8.) 

Diam., 27 millim. 

Ces deux médaillons, qui faisaient partie de la collection Durazzo, n* 2825, n'ont 
été vendus que 71 florins. 

178. La Vierge et Venfant Jésus, en demi-flgures. 

Plaque ronde. Dîam., 27 millim. 

Médaillon d'argent niellé vu par Duchesne, en 1834 (Voyage cPim Iconophile, p. 224), 
dans la collection Nagler, à Berlin. 

— La Vierge et Venfant Jésus. (Voir les numéros 105, 137, 
196, 238, 267, 291, 297, 301. ) 



44 NIELLES 



b. Compositions de trois figures. 

179. La Vierge^ Tenfant Jésus et saint Georges. Elle est assise à 
gauche, tenant sur ses genoux l'enfant Jésus bénissant saint Geor- 
ges qui est à cheval; à gauche, une montagne et quelques arbres. 
Le fond est blanc. (Duch., n*" 65.) 

Diam., 34 millim. 
Collection Trivulzio, à Milan. 

180. La Vierge^ Venfant Jésus et un religieux. La Vierge as- 
sise tient Tenfant Jésus sur ses genoux ; elle remet au religieux qui 
est à gauche les règles de son ordre. (Duch., n" 62.) 

Diam., 48 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 327, n° 3. 

c. Compositions de plus de trois figures, 

181. La Vierge et Venfant Jésus accompagnés de saint Sébas- 
tien et de saint Roch. Sujet central d'une Paix. La Vierge est assise 
sur un grand trône, Tenfant Jésus est dans ses bras. A gauche, 
saint Roch; à droite, saint Sébastien. (Duch., n** 56.) 

Plaque cintrée. Haut.^ 95 millim.; larg., 65. 

Beau travail florentin du quinzième siècle. 
Catalogue Mal asiûna» t. IV, p. 326. 

Dans la même collection Malaspina se trouve une Paix émaillée offrant la même 
composition et les mêmes dimensions. 

182. La Vierge et Venfant Jésus avec saint Jean VEvangéliste 
et saint Jean-Baptiste. Elle est assise sur un grand trône, et tient 
Tenfant Jésus sur ses genoux. A gauche, saint Jean TÉvangéliste ; 
à droite, saint Jean-Baptiste. Un fond de paysage. (Duch., n"* 57. ) 

Haut., 81 millim.; larg., 68. 

Cette planche ne se trouvait pas, comme dit Ducliesne,en la possession du prince 
Stanislas Poniatowski (qui en avait peut-être une copie), mais elle est dans la ga- 
lerie de Florence. Une copie dessinée au trait a figuré au catalogue Sykes, n<> i2i0. 

183. La Vierge et Venfant Jésus accompagnés de deux religieux. 
La Vierge est assise au milieu, regardant à droite, et tenant à 



PLAQUES NIELLÉES 4a 

demi-couché sur ses genoux l'enfant Jésus, qui se tourne du côté 
gauche pour bénir une jeune femme, vue de profil, et à genoux 
près de lui. Des deux côtés de la Vierge , deux religieux tenant 
chacun la palme du martyre. La jeune femme n'a pas d'auréole. 
On lit sur le devant : be.sp.ag.et.dx.ml., que Duchesne expli- 
que ainsi : Benedictio salutiferi agni est deletrix malL Le fond 
est blanc. (Duch., n** 60. ) 

Diam.| 65 milllm. 
Collection du marquis Trivulzio, à Milan. 

184. Même composition, plus petite, avec des changements . La 
Vierge regarde à gauche. L'enfant Jésus est assis, la main gauche 
appuyée sur le bras gauche de sa mère. Il bénit de la droite la 
jeune femme à genoux. Le saint qui est à droite tient une branche 
de lis. Le fond est blanc. L'inscription en deux lignes est écrite 
ainsi : +BE+sp+AG+ESTi-DX+MLi+. Même signification que précédem- 
ment. (Duch., n*61.) 

Diam., 32 miUim. 
Collection Trivalzio. 

185. La Viergey Venfant Jésus et deux religieux. Elle est debout, 
à mi-corps; l'enfant Jésus est assis sur son bras droit. A droite, 
saint Dominique tenant une branche de lis ; à gauche, un autre 
religieux. L'enfant Jésus et les deux religieux ont des auréoles 
rayonnantes; celle de la sainte Vierge est un simple cercle se dé- 
tachant en blanc sur un fond noir. (Duch., n» 66.) 

Diam.) 29 millim. 
Collection Trivulzio . 

186. La Vierge et Venfant Jésus, Daniel et sainte Marguerite. 
Marie est au milieu, assise sur un grand trône, et tient sur ses 
genoux son divin Fils debout. A gauche, un personnage debout 
tient une banderole sur laquelle est écrit : daniel ; à ses pieds on 
voit des têtes de lions. A droite, sainte Marguerite couronnée et 
tenant une palme; elle foule un dragon. Dans le fond, quatre pe- 
tits trous, deux en haut, deux en bas. (Duch., n° 63.) 

Diam.^ 48 roillim. 
Travail italien d*un dessin faible et d'une exécution médiocre. 



's. 



y* 



46 NIELLES 

Catalogue Sykes, n^ 1245, puis coll. Woodburn; aujourd'hui au British Muséum. 
Ottlej (A Collection) en donne une reproduction. 

187. La Vierge, Penfant Jéstis et deux saints. Elle est assise 
sur un trône et donne le sein à l'Enfant Jésus. A gauche , un 
évêque; à droite, un moine. (Passav., t. I", p. 272, n* 10.) 

Plaque ovale. Haut., 52 millim.; larg.^ 39. 
Très beau travail italien. Vente Durazzo, n« ^827 du catal., 36i florins. 

188. La Vierge, Venfant Jésus et deux anges. Elle est assise sur 

un trône richement orné, et soutient du bras droit Tenfant Jésus debout 

sur son genou ; de la main gauche, elle tient un livre. (Passav., t. P', 
p. 302, n* 538.) 

Plaqae cintrée. Haut., 77 millim.; larg., 52. 

Nielle vu par Duchesne dans la collection Âlbrizzi, qui Testimait 30 louis d*or. — 
Passavant signale une épreuve sur papier de cette même composition à la Biblio- 
thèque de Vienne (Cat. de F. de Bartsch, n* 36), mais dont les dimensions sont plus 
grandes. 

189. La Vierge, T enfant Jésus, trois anges et deux saints. Elle est 
assise sur un trône richement orné, tenant Tenfant Jésus sur ses ge- 
noux. Â droite, debout, saint Jacques ; à gauche, saint Jean Baptiste. 
Au-dessous du trône, un ange assis; deux iautres planent en Tair. 
(Passav., t. P^p. 302, n" 540.) 

Plaque ciotrôe. Haut., 68 millim.; larg., 38. 

Nielle tu par Duchesne dans la collection Albrizzi, qui Testimait 70 louis d*or. 
Le catal. Santarelli (p. 272, n« 31) en signale une épreuve moderne. 

190. La Vierge, Venfant Jésus, des anges et quatre saints. Marie 
est assise sur un trône, allaitant l'enfant Jésus. Sur une frise soutenue 
par deux colonnes : maria . gratia . plena. Deux anges se tiennent de 
chaque côté. — En bas, sur le devant, on voit, à gauche, saint Jean- 
Baptiste et un autre saint ; à droite , sainte Catherine et la Madeleine. 
Plaque d'argent montée dans 'un encadrement d'or. (Passav., t. P', 
p. 302, V? 541.) 

Plaque cintrée. Haut. 81 millim.; larg., 41. 

En 1833, cette Paix appartenait à Antoine Zen. 

Le catal. Santarelli (p. 271, n<> 30) en signale une épreuve moderne. 

191. La Vierge avec Venfant* Jésus et six saints. Assise sur 
un trône, avec l'enfant Jésus étendu sur ses genoux, elle est ac'^ 



PLAQUES NIELLÉES 47 

compagnée des saints Dominique, Pierre le martyr, Jérôme, Jean- 
Baptiste, Antoine de Padoue et Thomas d'Aquin. 

I^aut.y ?n)illim.; larg.^ ?. 

Nielle cité par Gicognara [Memoriej p. i07) comme fort beau et appartenant à la 
famille des comtes de Remondinii de Bassano. Il en a été publié un fac-similé, assez 
peu habile, et que nous n'avons pas vu. 

192. La Vierge avec l'enfant Jésus et six saints. Elle est as- 
sise sur un trône élevé de trois gradins, les mains jointes, l'enfant 
Jésus étendu sur ses genoux. A gauche, saint Dominique, saint 
Pierre le martyr et saint Jérôme ; à droite, saint Jean-Baptiste, saint 
Antoine de Padoue et saint Thomas d'Aquin. Sur la cimaise du 
trône, deux petits anges. Sur l'archivolte, on lit : ave. regina. 
CELi. (Passav., t. P', p. 303, n* 542.) 

Haut., ? millim.; larg.,. 7 

Cette Paix se trouvait en i8o3 chez le marchand Albrizzi, qui en demandait 
120 louis d'or, avec une épreuve sur papier. Gicognara (Memoric, p. 107) rapporte sur 
ce nielle des renseignements intéressants qui ont échappé à Passavant. Placée dans un 
cadre moderne, celte Paix rectangulaire avait appartenu à la famille Rezzonico, et 
probablement au pape Clément XIII (+ 1769) issu de cette maison. Ce serait une répéti- 
tion, bien postérieure, de la plaque décrite au numéro précédent. 

Une copie de ce nielle, dit Duchesne, a été exécutée h Naples; c'est peut-être la 
plaque d'argent moderne qui est au cabinet des estampes de Paris et dont il existe des 
épreuves. 

193. La Vierge et Venfant Jésus entourés â! anges et de saintes. 
Elle est assise sur un trône élevé et surmonté d'un dôme; des 
deux côtés, deux grands anges debout. La Vierge est tournée vers 
la gauche, l'enfant Jésus vers la droite. Au-dessous, des deux côtés, 
sept saintes, parmi lesquelles on remarque, à gauche, sainte Lucie 
vue de face, tenant un plat avec deux yeux. Au milieu, sur le devant, 
sainte Madeleine est à genoux, vue de dos; sainte Catherine est à 
droite, vue de dos et appuyée sur sa roue. Tous les personnages ont 
des auréoles plates, qui sont dorées, de même que les ailes des 
anges, etc. (Duch., n"* 55.) 

Plaque cintrée. Haut., 95 millim.; larg., 61. 

Ce nielle est attribué à Maso Finiguerra, attendu qu'il offre le môme faire que la 
célèbre Paix du Courotmemmt de la Vierge (voir plus haut, n*> 102^, dont l'auteur ce- 
pendant n'est pas certain. En tout cas, il est sorti des mains d'un grand artiste. 



48 iNlELLES 

La plaque est entourée d'un riche cadre en vermeil, ciselé et orné d'émaux ; sur les 
socles des pilastres, sont les initiales G. R. 

Elle a appartenu à Giuseppe Storck, de Milan, et lui fut achetée en 1818 par 
Woodburn, qui Ta vendue à sir M. Sykes. A la vente de la collection Sykes (Catal. 
n® 1244) cette Paix superbe a atteint le prix de près de 8,000 francs, et fut rachetée 
par Woodburn, qui Ta revendue à M. Gonyugham, avec la collection duquel elle est 
entrée au British Muséum. On trouve dans VEssai de Duchesne une reproduction de la 
plaque niellée seule, et dans Otlley, A Collection, un fac-similé de la Paix entière ; 
dans certains exemplaires même le nielle est imprimé en argent. 

194-195. Sainte Anne, la sainte Vie7^ge^ l'enfant Jésics et deux 
anges. Sainte Anne, assise sous un dais, prend l'enfant Jésus qui, des 
bras de sa mère, assise à terre à droite, veut monter sur les ge- 
noux de son aïeule ; un ange debout de chaque côté du dais. Dans la 
bordure du médaillon : sancta.annaorapronobis. -f-. — Nielle en- 
touré d'un cercle d'argent, et joint, dos à dos, à un autre nielle re- 
présentant la Messe de saint Grègob^e. (Passav., t. I",p. 312, n** 602.) 

Diam., 41 roillim. 

Ce joyau attaché à une chaîne fait partie de la collection du prince d'Arenberg, à 
Biux elles. Travail néerlandais, gravé dans la manière du Maître S, mais avec peu 
de flnesse. Décrit par M. de Brou, avec un fac-similé de la sainte Anne, dans la "Revue 
universelle d*^s Arts; Bruxelles, 1859, t. VIII, p. 517. 

4. SUITES DES SUJETS SACRÉS VARIÉS 

196-201. Suite de six médaillons ronds, avec un étroit rebord 
blanc. 

Diam., 89 millim. 

196. La Vierge e?i adoration. Elle est à genoux devant TEn- 
fant Jésus, couché à gauche et environné de rayons. A droite, 
un arbre sur un rocher, (Passav., t. !•', p. 288, n^ 465.) 

197. V Homme de douleurs. Il est vu à mi-corps, de trois 
quarts à gauche, dans le tombeau auquel il s'appuie. Derrière 
lui, la croix, et, au fond, des arbres et des montagnes. (Passav., 
t. !•', p. 299, n° 522.) 

193. L'Agneau pascal. Il est couché, dirigé à gauche, la 
tête contournée et entourée d'une auréole à trois rayons. Entre 
ses pattes est la bannière de la Résurrection. (Passav., t. V% 
p. 299, no 524.) 



PLAQUES NIELLÉES 49 

199. Saint Jérôme. Il est à genoux, tourné à droite et 
tient une pierre dans la main droite. A côté de lui est son 
lion, dont on ne voit que la partie antérieure du corps. Dans 
le paysage, une croix et quatre petits arbres. (Passav., t. I", 
p. 310, n» 588.) 

200. Saint François. Il est à genoux, tourné vers la gau- 
che, et lève les yeux vers une croix qui plane au-dessus de 
lui et dont les rayons lui impriment des stigmates. Paysage 
rocailleux avec arbres. (Passav., 1. 1", p. 311, n' 592.) 

201. Saint Antoine de Padoue. Couvert d'un capuchon de 
moine, il prie à genoux, tourné à gauche, devant un crucifix. 
Une auréole entoure sa tête. Paysage rocailleux avec arbres. 
(Passav., t. P^, p. 311, n» 593.) 

Passavant a dispersé dans son catalogue ces six médaillons, sans indiquer aucun 
point de contact entre eux et sans même dire, sauf pour le premier et le troisième, 
que ce sont des plaques niellées et non des épreuves. Cicognara les a pourtant am- 
plement décrites, et les reproductions qu^il en donne (album, n'^* 15 à 20) suffiraient 
à montrer que ces médaillons faisaient partie d'une même suite et que leur art est 
bien homogène. Le collectionneur italien nous dit qu'ils remontent au temps de 
Mantegna et qu'ils attestent le faire des plus vieux maîtres de la Toscane, par le carac- 
tère dévotieux des flgures (qui primait tout & celte époque), par le style des draperies 
et surtout par la forme des arbres, en guise de pommes à pin. 

202-210. Suite de neuf nielles : 

202. La Nativité, avec les deux animaux de la crèche, 
des bergers et une gloire d'anges. 

Diam.^ 81 znillim. 

203-210. Les quatre Èvangélistes^ saint Pierre^ saint Paul, 
saint Prosdocimo et saint Joseph. 

Le premier sujet est au centre d'une patène, les huit autres, très petits, ornent le 
pied du calice qui j appartient. Ces deux objets sont conservés dans le trésor de la 
confrérie de Saint-Roch, à Venise. Cicognara (Ifemone, p. 224) en fait grand éloge. 

211-212. Deux médaillons. 

Diam.^ 36 millim. 

211. Adoration des mages. 

NIELLES. 4 



50 NIELLES 

212. Le Mariage mystique de sainte Catherine. Dans le 
haut, la légende : avb regina goeli. En bas, les portraits des 
donateurs. 

Ces nielles, d'un dessin remarquable, ont été signalés par Gicognara (Jfemorîe, 
p. 234} comme se trouvant chez le marquis Aia Ponzone, k Crémone. 

213-232. Vingt plaques niellées formant les deux plats de la 
reliure d'un Évangéliaire. Chaque plat oflfre d'abord une grande 
plaque rectangulaire, découpée dans le milieu, en forme de losange, 
où s'enchâsse un autre nielle. Cette grande plaque est entourée d'une 
large bordure, formée de huit nielles, reliée aux angles par des plaques 
séparées intérieurement au moyen de deux listels d'argent doré, en 
forme de demi-cercle. Tous ces nielles sont reliés entre eux par des 
listels semblables, fixés de distance en distance par des clous à tête 
ornée. 

Haut, totale, 415 millim,; larg,^ 295. 

Plat de dessus. Plaque rectangulaire centrale. 

Haut., 277 miUim.; larg.^ 159. 

213. L'Annonciation. La scène se passe dans une grande 
chambre au plafond à poutres apparentes et à plusieurs ouvertures 
à travers lesquelles on aperçoit les arbres et les maisons de de- 
hors. La Vierge est agenouillée à droite, à côté d'un pupitre sup- 
portant un livre. Elle est vue de trois quarts, tournée à gauche, 
les mains croisées sur la poitrine. Vis-à-vis d'elle est l'archange 
Gabriel, le genou droit en terre, tenant une branche de lis dans la 
main gauche, et le bras droit levé. Il est vu de profil, et un ban- 
deau retient ses longs cheveux bouclés. Les plis de sa robe sont 
drapés avec art. Par une ouverture pratiquée dans le plafond, le 
Saint-Esprit descend vers la Vierge sur des rayons célestes. Der- 
rière un pilier placé au centre est une banderole à enroulements, 
où on lit partiellement le texte afférent de l'Évangile : avb... gra- 
TiA PLENA... Cette composition occupe le haut et le tiers environ 
de cette plaque. — Au-dessous, dans les espaces triangulaires 
formés par la rencontre avec le losange du milieu, sont deux demi- 
figures de Prophètes qui avaient annoncé la venue de Jésus- 



.2 I *^ 



PLAQUES NIELLËES 51 

Christ; Tun et l'autre sont accompagnés de banderoles où se 

trouvent inscrites leurs prophéties : Gabriel 

— EccE viRGo coNCBSPFT — Dans le bas, au-dessous du 

losange, est représentée V Adoration des mages. A droite, devant 
une étable, où apparaît la tête du bœuf et celle de Tàne, et au- 
dessus de laquelle voltigent plusieurs oiseaux, est assise la sainte 
Vierge> tenant le petit Jésus assis sur son genou droit et se tour- 
nant vers elle. Derrière la Vierge, à l'extrême droite, saint Joseph, 
assis, tient sur ses genoux un vase dont il soulève le couvercle. 
Un vieux roi, agenouillé et s'appuyant contre terre sur son bras 
gauche, prend de la main droite le pied de Jésus pour l'embrasser. 
A côté de lui, sur le devant, est un lévrier, et, du côté opposé, un 
jeune page qui tient le chapeau couronné de son maître. Derrière 
eux, deux autres rois debout, tenant chacun un vase, et accom- 
pagnés de leur suite. 

Plaque losangée du centre. 

Le côté du losange, 99 millim. 1/2. 

214. La Nativité. Dans une étable en ruines, où l'on voit l'âne 
et le bœuf mangeant dans une auge, la sainte Vierge, à genoux, 
placée à droite, contemple l'enfant Jésus, couché à terre et qui 
joue avec un oiseau que lui présente un petit ange agenouillé à 
côté de lui; un autre ange est à gauche. Derrière la Vierge, saint 
Joseph dort assis, ayant à ses pieds un chien. Derrière le mur 
ruiné de l'étable, on aperçoit deux bergers regardant un ange 
planant dans les airs qui leur annonce la naissance du Christ et 
tient une banderole avec l'inscription : glorlâ. in excelsis deo. 
A gauche de retable passe un fleuve, au delà duquel apparaît la 
ville de Bethléem. 

Bordures latérales, échancrées en haut et en bas. 

Uaut.^ 288 millim.; iarg.^38. 

215-216. Anges musiciens et Armoiries. De superbes rin- 
ceaux forment par leurs volutes, dans chaque bordure, quatre 
médaillons, deux en haut, deux en bas. Un cinquième, celui du 
milieu, oflte un écusson avec ces armoiries : D'azur au chevron 
d'or^ accompagné de trois têtes de lion de sa&fe/l'écu est sur- 



52 NIELLES 

monté du chapeau de cardinal. Chacun des autres médaillons 
représente, en demi-flgure, un ange musicien; ceux de la bordure 
de gauche jouent des instruments à cordes : viole, cythare, guitare 
et harpe; ceux de la bordure de droite jouent des instruments à 
vent : clarinette, trompette, fifre et orgue. 

Bordures inférieure et supérieure, échancrées sur les côtés. 

Haat., 38 miliim.j larg., 150. 

217-218. Armoiries. Deux sphinx à tête de femme, et dont 
les corps sont terminés par des enroulements de rinceaux, accom- 
pagnent un médaillon avec les armoiries ci-dessus. Ces deux bor- 
dures sont assez semblables, sans être identiques. 

Plaques angulaires, à angles droits extérieurement et en demi- 
cercle intérieurement. 

Haut, etlarg., 44 millim. 

219-222. Les Quatre Èvangélistes. Ils sont à mi-corps, accom- 
pagnés de leurs symboles, et chacun d'eux tient un livre. En haut : 
saint Jean et saint Marc; en bas : saint Luc et saint Mathieu. 

Plat de dessous. Plaque rectangulaire centrale. 

Haut., 277 millim.; larg., 159. 

223. Les Noces de Cana. Les convives, au nombre de six, 
sont assis à une table, derrière laquelle on aperçoit une riche 
tapisserie. Jésus occupe la seconde place, ayant à sa gauche la 
sainte Vierge. Au premier plan, à gauche, se tient debout un per- 
sonnage vêtu d'une longue robe à ramages ; un petit page lui pré- 
sente une coupe. A droite, un domestique apporte un plat; à côté 
de lui est un chien. Sous la table, plusieurs vases à vin. Cette com- 
position aussi occupe le haut et le tiers environ de la plaque. Au- 
dessous, dans les espaces triangulaires formés par la rencontre 
avec le losange du milieu, sont des rinceaux avec des fêtes de 
chérubins. — Dans le bas, audessous du losange, est représen- 
tée la Résurrection de Lazare^ composition mouvementée de dix- 
huit personnages. Au milieu, Lazare, nimbé, se lève dans son 
tombeau. A gauche Jésus-Christ, accompagné des apôtres et 
la sainte Vierge à genoux ; à droite, de nombreux assistants. 



PLAQUES NIELLÉES 53 

Plaque losangée du centre. 

Le côté du losange, 99 millim. 1/2. 

224. Le Baptême de Jésus-Christ. Au milieu, Jésus, vu de trois 
quarts, tourné à gauche, est dans le Jourdain, le genou droit en 
terre. A droite, sur le bord du fleuve, saint Jean-Baptiste lui verse 
de l'eau sur la tête. A gauche, deux anges agenouDlés tiennent 
les vêtements du Christ. Dans le haut, le Saint-Esprit, et à côté de 
lui une banderole avec une inscription. La scène est représentée 
dans une contrée sauvage ; plusieurs animaux apparaissent au 
milieu des bois. 

Bordures latérales, échancrées en haut et en bas. 

Haut.^ 288 millim.; larg , 38. 

225-226. Anges musiciens et Armoiries. Mêmes dispositions 
qu'au plat de dessus. Les anges de la bordure de gauche jouent 
des instruments suivants : tambour, cymbales, trompe et disques ; 
ceux de la bordure de droite : du luth, de la flûte, du tambourin et 
de la double flûte. 

Bordures inférieure et supérieure, échancrées sur les côtés. 

Haut.^ 38 millim.; larg., 150. 

227-228. Armoiries. Dans le haut, deux femmes ailées, dont le 
corps se termine par deux pieds de cheval et par un enroulement 
de rinceaux, tiennent une couronne de laurier au milieu de 
laquelle sont les armoiries déjà décrites. Aux deux extrémités, 
dans les volutes de l'enroulement de rinceaux, deux anges, vus à 
mi-corps, sonnent de la trompette ; ils ont sur la poitrine un écus- 
son armorié portant trois croisettesy deux et une. — Dans le 
bas, deux femmes ailées tiennent une couronne de laurier avec 
les armoiries du cardinal. Dans les volutes formées par des rin- 
ceaux qui partent de leurs corps, deux anges à mi-corps sonnent 
de la trompette. 

Plaques angulaires, de même forme que celles du plat de dessus. 

Haut, et larg., 44 millim. 

229-232. Les qvutre Docteurs de VÈglise. Ce sont, en haut : 



54 NIELLES 

saint Grégoire, en habits pontificaux ; — saint Jérôme, vêtu en 
cardinal et tenant un livre ; — en bas : saint Ambroise, en évê- 
qûe, tenant une croix pastorale dans la main gauche et un 
fouet dans la droite ; — saint Augtistin, avec une crosse dans 
la main gauche et un livre dans Tautre. 

Ces deux superbes plats décoraient la reliure d'un évangéliaire offert au pape 
Paul II par Jean Baloe, le fameux ministre de Louis XI, après son élévation au car* 
dinalat en 4467. Les armoiries, répétées huit fois, sont bien celles de cet orgueilleux 
parvenu, à qui des flatteurs trouvèrent une filiation noble. La date de Texécution de 
cette reliure peut être circonscrite dans des limites assez étroites. Elle est postérieure 
au i8 septembre 1467, qui est celle où Balue reçut la pourpre romaine, et antérieure 
au dernier quart de Tannée 1649, où il fut enfermé, par ordre du roi, pour crime 
de haute trahison, dans une cage au château de Loches, dont il ne sortit qu'en 
1480- D'ailleurs son protecteur, le pape Paul II, à qui Tévangéliaire revêtu de cette 
reliure fut offert, mourut le 23 juillet 1471. Elle fut donc probablement exécutée dans 
le cours de Tannée 1468. Le cardinal Balue, en raison de son avarice, ne s'adressa 
point à un artiste de premier ordre ; c'était cependant l'époque des grands orfèvres, 
de Maso Finiguerra, de Verrocchio, de Baldini, etc. L'art dans ces plaques est bien 
florentin (à cette date, l'orfèvrerie niellée n'était pour ainsi dire pas cultivée à Rome), 
mais les exécutants n'en étaient pas des plus excellents. 

La Salutation angéliqtte est empreinte d'une grâce particulière, et dénote une main 
exercée, tandis que les autres sujets portent encore le cachet du gothicisme : une cer- 
taine raideur dans les figures, le manque de proportions et l'absence de perspective. 
Pour le Baptême du Christ, par exemple, nous sommes loin de celui de Verrocchio, un 
contemporain pourtant (né en 1435), également célèbre comme peintre, orfèvre et 
sculpteur. Toutefois, l'ensemble de ces plaques niellées, les plus grandes que Ton con-^ 
naisse en ce genre, est imposant, et le côté décoratif est plein de charme. 

C'est Gicognara (Memorte, p. 60) qui a signalé le premier cette belle reliure, 
mais la description qu'il en donne n'est ni parfaitement exacte, ni suffisamment dé- 
taillée. Elle tigurait alors dans la galerie Manfrin à Venbe. Ces plaques niellées (avec 
d'autres objets de la même col'ection) furent vendues à l'amiable, en 1862, à H. Bar- 
ker, de Londres, qui les céda, deux ans plus tard, & M. le baron Anselme de Rothschild. 
Après la mort de celui-ci, elles passèrent entre les mains de M. le baron Nathaniel de 
Rothschild, de Vienne, qui a daigné nous permettre de les reproduire héliographi- 
quement, et de les faire ainsi connaître aux studieux des choses de Tart. 

233-242. Dix plaques niellées, décorant la reliure en velours d'un 
Livre d'Heures, manuscrit florentin du seizième siècle. De chaque côté 
se trouve au centre un médaillon rond, et aux angles une plaque ayant 
la forme d'un quart de cercle, offrant Timage d'un saint ou d'une sainte, 
en demi-flgure. 

Médaillons ronds : diam., 20 millim. Les autres plaques : côté deTangle droit, 26 militm. 



PLAQUES NIELLÉES 55 

Nielles du plat de dessus : 

233. La Visitation de sainte Elisabeth. Demi-flgures. 

234. Saint Pierre le Martyr^ avec un couteau dans la tête. 

235. Sainte Catherine. 

236. Saint Christophe. 

237. Sainte Marguerite. 

Nielles du plat de dessous : 

238. La Vierge avec Venfant Jésus. Il est sur le bras droit de 
sa mère. Demi-flgures. 

239. Saint 

240. Saint Dominique. 

241. Saint Antoine. 

242. Saint Nicolas^ crosse et mitre, tenant trois pains. 

Très beau trarail florentin da commencement da seizième siècle. 
Collection de M. Fr. Spitzer, à Paris. 

243-290. Scènes de la vie de Jésus-Christ. — Saints. — Orne- 
ments. Quarante-huit plaques niellées décorant un saint ciboire en 
vermeil. 

Dans Tanneau de la coupe sont enchâssées quatre plaques niellées, en forme 
de trapèze symétrique renrersé, plus large en haut qu*en bas, de dimensions va- 
riables. 

243. La Nativité. La Vierge est couchée, la tête à gauche. 
L'enfant Jésus est par terre, sur le devant. A droite, saint Joseph 
assis, assoupi. Derrière la Vierge apparaissent des bergers. 

Haat., 18 millim.; l&rg. en haiit^27; en bas, 24. 

244. Jésus au milieu des docteurs. Il est assis dans une chaire. 

Haut. y i8 millim.; larg. en haut, 24; en bas, 19. 

245. U Entrée à Jérusalem. Le cortège se dirige vers la 
droite. 

Haat, 18 millim.; larg. en haut, 27; en bas, 25. 

246. Jésus au jardin des Oliviers. Il est à gauche, tourné vers 
la droite. 

Haut., 18 millim.; larg. en haut, 22; en bas, 20. 

Sur Tanneau du couvercle se trouvent quatre autres plaques niellées, en forme de 
trapèze symétrique, mais plus large en bas qu*en haut. 



5A NIELLES 

247. V Arrestation de Jésus. Au centre, Judas donne le baiser 
à Jésus. A gauche, un homme portant une torche ; à droite, saint 
Pierre coupe l'oreille à Malthus , et en arrière on voit deux 
soldats. 

Haut., 20 miilim.; larg. oq haut, 23; en bai, 25. 

248. La Flagellation. Composition de cinq figures. 

Haut., 20 miilim.; larg. eu haut, 22; en bas, 24. 

249. Jésus en croix. A gauche, un ange recueille le sang cou- 
lant de la plaie du Seigneur. Madeleine prosternée embrasse les 
pieds du Christ, qui touchent presque au sol. A droite, saint Jean à 
genoux, et derrière lui la Vierge debout, d'une taille démesurée. 

Haut., 20 miilim.; larg. en haut, 25; en bas, 27. 

250. Résurrection de Jésus-Christ. On ne voit point le tom- 
beau. Jésus, tourné à gauche, est debout, entouré de rayons et 
tenant sa bannière. Adroite et à gauche, des soldats endormis. 

Haut., 20 miilim.; larg. en haut, 19; en bas, 22. 

251-266. Ornements. Chacune de ces huit plaques est accos- 
tée de deux nielles demi-circulaires à ornements variés. 

Haut., 18 à 20 mHlim.; larg., 9 à 10. 

267-272. Autour du nœud de la tige, six nielles ronds repré- 
sentent la Vierge avec Venfant Jésus^ VHomme de douleurs et 
quatre Saints^ en demi-flgures. 

Diam., 14 miilim. 

273-275. Sur le pied, trois médaillons offrant l'image de sainte 
Catherine, de sainte Marguerite et d'une sainte tenant dans la 
main droite une flèche. 

Diam., 22 miilim. 

276-281. Ornements. Sur le sommet du couvercle sont six 
pièces niellées, de forme ovoïde, décorées de rinceaux et de têtes 
de chérubins, chaque nielle étant d'une ornementation différente. 

Haut., 32 miilim.; larg. eu haut, 4; en bas, 7. 

282-287. En dessous de la coupe figurent six autres nielles, en 
forme de poire, à ornements variés. 

Haut., 21 miilim.; larg. eu haut, 6; en bas, 4. 



PLAQUES NIELLÉES 57 

288-290. Sur les rebords du pied, trois nielles en forme de 
demi-lunes, à ornements de rinceaux. 

Haut., 10 millim.; larg. en haut, 47. 

Travail espagnol ou portugais de la seconde moitié du seizième siècle. 11 est 
d'un intérêt particulier en raison de son origine. 

Ce ciboire fait partie de la collection de M. Fr. Spitzer, à Paris. 

291-296. Suite de six médaillons, figures à mi-corps, d'un travail 
semblable ; ils ont probablement servi à décorer un même reliquaire. 
^Duch., n** 141-146.) 

Diam., 18 millim. 

291. La Vierge et Venfant Jésits. Tournée vers la gauche, 
elle soutient son divin Fils. A droite, un arbre. 

292. Saint Jacques. Il est tourné vers la gauche, et tient 
un bourdon de la main droite; il porte un chapeau rond. 

293. Saint Jérôme. Il est tourné vers la gauche ; du même 
côté, une croix sur un rocher. 

294. Saint Augustin {?). Il est coifTé de la mitre, et tient sa 
crosse de la main droite et un livre de l'autre. 

295. Saint Chrysostôme (?). Il est coiffé de la mitre, et tient 
la crosse de la main droite; sous son bras gauche, un livre. Dans 
le fond, à droite, un arbre. 

296. Saint Antoine de Padoue (?). H est vu de face, tenant un 
livre de la main droite; il élève l'index de la gauche. Dans le 
fond, à droite, un arbre. 

Ces six médaillons figurent au catalogue Sykes, n* 1245. Ils ont fait ensuite partie 
de la collection Woodburn. Aujourd'hui au British Muséum. On en trouve des fac- 
similés dans Touvrage d'Ottlej , A Collection, Travail inférieur. 

297-300. Suite de quatre médaillons, figures à mi-corps. (Duch., 
n~ 147-150.) 

Diam.^ i6 millim. 

297. La Vierge. Elle porte l'enfant Jésus, debout, du côté 
gauche. 

298. Saint Jean-Baptiste. Dans sa main gauche est une croix ; 
sur un livre qu'il tient de sa main droite, on voit l'agneau. 



60 NIELLES 

319. Saint Luc. Demi-figure, tournée vers la gauche, la tête de 
face. Il soutient un livre de la main gauche ; une plume est dans 
sa main droite. A droite, la tête du bœuf. 

320. Saint Jean. Vieillard à longue barbe, il est tourné vers 
la gauche et écrit dans un gros livre. Dans le fond, l'aigle. 

321. La Résurrection. On voit au milieu un tombeau, dont le 
couvercle est enlevé. Au-dessus, le Christ tenant de la main 
gauche l'étendard de la croix. Six petits anges en adoration, 
et de chaque côté des têtes de chérubins. Sur le devant, quatre 
soldats renversés; un cinquième, vu de dos, tenant en Tair son 
bouclier, s'enfuit. 

322. Saint Grégoire. Demi-figure, vue de face. Il appuie la 
main droite sur un livre ; on voit, à gauche, le Saint-Esprit. 

323. Saint Jérôme. Demi-figure, vue de profil, tournée vers la 
droite. Il écrit sur une table ; dans le fond, le chapeau de car- 
dinal. 

324. Saint Ambroise. Demi-figure, vue de face. Il tient de la 
main gauche un livre ouvert, sa main droite est sur sa poitrine ; 
à gauche, une partie d'un ange. 

325. Saint Augustin. Demi-figure, vue de face. Il tient de la 
main gauche un livre ouvert, et de la main droite une épée. 

Duchesne a vu ce Pontifical, en 1834, entre les mains du marchand AnU Zen, qui 
en demandait cent soixante louis d*or. « Les figures, dit Passavant, sont dessinées dans 
le style du Parmesan. » 

Duchesne a vu chez le môme marchand une épreuve sur papier fort, teinté, de 
V Adoration des bergers, et le citai. Santarelli (p. 271 , n^ 24} signale des épreuves mo- 
dernes des cinq dernières plaques. Tous ces nielles, décorant la reliure d'un manus- 
crit moderne, pourraient bien être des supercheries 

326-331. Chérubins. Chacun d'eux a les ailes étendues; 

Forme .demi-circulaire. Haut., iOmiilim., larg., 21. 

Six plaquer niellées non décrites, enchâssées dans un médaillon, autour d'une 
Nativité sculptée en nacre. Travail italien. British Muséum. 



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PLAQUES NIELLÉES 



5. SAINTES 



— Saint Ambroise. (Voir les !!«• 231,324, 373 et 382.)* 

332. Saint Antoine de Padoue. Fond doré. (Duch., no 187.) 

Diam.^ 32 millim. 
Travail italien du seizième siècle . 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, d* 20. 

— Saint Antoine de Padoue. (Voir les n°» 201, 241, 296 et 362.) 

— Saint Augustin. (Voir les n"232, 294, 325, 369 et 407.) 

— Saint Bernard. (Voir les n^ 350 et 409.) 

333. Saint Christophe et saint Sébastien. Le premier est à 
droite, appuyé sur une perche et portant sur l'épaule gauche 
l'enfant Jésus, avec lequel il traverse un fleuve. A la gauche est 
saint Sébastien, attaché à un arbre, les mains liées derrière le 
dos et le corps percé de dix flèches. (Passav., 1. 1", p. 310, n<> 584.) 

Diam., 27 millim. 

Très beau nielle de même provenance que les n<** 174 et 175, tous trois donnés par 
le chevalier de Lazzara, à Gicognara (n^ 29). « En voyant, dit-il {Memorief p. 76), le 
mouvement des figures, on dirait que ce travail appartient à des temps moins éloignés, 
en ce que dans cette gracieuse composition les deux saints et Tenfant Jésus, qui est 
au-dessus, sont très naturellement et ingénieusement groupés à remplir sans la 
moindre afifectation la forme circulaire du nielle. » 

VoirZanetti, Cat., p. 92, n* 118. 

Ce nielle fut le second que le comte Gicognara soumit à une opération chimique 
pour en décomposer la nieUure. Il en fit ensuite tirer cinquante épreuves, dont il 
envoya une à Duchesne, pour le convaincre de la facilité^ d'enlever chimiquement la 
niellure, chose dont celui-ci avait révoqué en doute la possibilité. 

— Saint Christophe. (Voir les n~ 148 et 236. ) 

— Saint Chry$ostôme{?). (Voir le n^ 295.) 

— Saint Dominique. (Voir le n® 240.) 

— Saint Etienne. (Voir le n** 175.) 

334. Saint François d'Assise. Il est vu à mi-corps, tourné vers la 
droite, tenant une croix de la main droite et un livre de l'autre. Il 
porte les stigmates. (Duch., n* 186.) 

Diam., 23 millim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue SykeS| n" 1245 ; aujourd'hui au British Muséum., 



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62 NIELLES 

335. Saint François d'Assise recevant les stigmates. (Duch.,n<^ 185.) 

Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n° i9. 

— Saint François d'Assise. (Voir le n^ 200.) 

336. Saint Georges. A cheval, armé de toutes pièces, il se dirige au 
galop vers la gauche et enfonce sa lance dans la gueule du dragon, 
qui gît terrasse à ses pieds. Dans le lointain, du même côte, est la 
reine de Lydie à genoux, et à droite on voit un château sur une mon- 
tagne. Fond noir. Médaillon entouré d'un double ovale en dehors de 
la gravure. (Bartsch, XIII, p. 53, n'* 9. — Duch., n' 178. — Zanetti, 
p. 104,nM41.) 

Diam., 32 'millim. 

Bartsch et Duchesne ignoraient que c'était une plaque d^argent dont ils n*ont 
connu que le fac-similé fait pour Durazzo. A la vente de cette collection (n**2822), elle 
n'a atteint que 101 florins. 

C'est le pendant de Jésus en croix, décrit plus haut, u9 82. 

— Saint Georges. (Voir les n^ 353, 377 et 383.) 

337. La Messe de saint Grégoire. Il est assisté de plusieurs digni- 
taires de rÉglise. Autour de ce médaillon, destiné à être porté au 
cou, on lit l'inscription suivante en caractères gothiques : salvâ . 

NOS . IHESV. PRO . QVIBVS . VIRGO . MATER . TE. ' 

Diam., 47 millim. 

TravaU italien du quinzième siècle. 
Collection de M. Fr. Spitzer» à Paris. 

338. La Messe de saint Grégoire. Médaillon dans une monture 
avec anneau, destiné à être porté au cou. 

Diam.y 43 mlllim.. 

Travail néerlandais du quinzième siècle. 
Collection de M. Fr. Spitzer, à Paris. 

— La Messe de saint Grégoire. (Voir plus haut, n^ 195.) 

— Saint Grégoire. (Voir les n^ 229, 322 et 3680 



PLAQUES NIELLÉES 63 

339. Saint Jacques le Majeur. Il est vu de face , à mi-corps, 
coiffé d'un chapeau de pèlerin, et s'appuyant de la main droite sur 
un bourdon. (Duch., n"" 130.) 

Diam., 21 millim. 

Collection Woodburn. Ai]gourd*hui au British Muséum. Fac-similé dans Ottley, A 
Colkction. 

— Saint Jacques le Majeur. (Voir les n*** 292 et 308.) 

340. Saint Jacques le Mineur. A mi-corps, tourné vers la gauche, 
il tient son fouloir de la main gauche. Il y a du même côté une 
espèce de soleil rayonnant. (Duch.^ n^ 131.) 

Diain.y 23 miliim. 

Catalogue Sykes, n» 1245, puis collection Woodburn. Aujourd'hui au Brilish 
Muséum. Fac-similé dans Ottley, A CoUetiion, 

341. Saint Jean-Baptiste y demi-flgure. (Duch., n* 172.) 

DianLj 21 miliim. 
Travail italien du seizième siècle. 

Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n^ 14. 

342. Saint Jean-Ba/ptiste^ vu à mi-corps, tourné à droite, tenant sa 
croix. (Duch., n* 173.) 

Diam.j 18 millim. 
Catalogue Sykes, n* 1237. « Assez mauvais travail, » dit Duchesne. 

— Saint Jean-Baptiste. (Voir les n^ 173, 298, 307 et 375.) 

— Saint Jean VÈvangèliste. (Voir les .n~ 219, 306, 320, 366, 367.) 

343. Saint Jérôme. Il est agenouillé devant sa grotte, et se frappe 
la poitrine avec un caillou. A gauche, un lion; adroite, une lionne. 
Dans le fond, on voit le saint lisant dans un livre devant une croix ; 
il est de profil, tourné vers la droite. En haut, à droite, un château et 
une chapelle, au-dessus desquels le soleil darde ses rayons. (Passav., 
t. P', p. 310, n» 585, et t. V, p. 20O, n« 4.) 

Haut., 81 millim.; larg.^ 56. 

British Muséum, provenant de la collection Wilson (Gat^d., 4828, p. 9, n» 3). 
Plaque d^argent niellée avec quelques dorures, a très bien exécutée, dit Passavant, 
dans le style de Francesco Francia, auquel on Tattribue et, selon toute apparence, 
avec raison ». 

344. Saint Jérôme- Il est à genoux, tourné vers la droite et tenant 
une pierre de la main gauche. Devant lui est une croix de roseau 



64 NIELLES 

appuyée contre un rocher, et derrière lui est un lion couché près d'un 
arbre, sur lequel on voit un oiseau et un écureuil. Le fond est doré et 
on remarque dans le hautuntrou irrégulier. (Duch., n'^lSO. — Passav., 
t. P%ï). 310, n"587.) 

Diam., 50 miilim. 

G*est le pendant de VAnnùnciation, décrite plus haut, n^ 7. Passavant n*a pas su 
Tidentifier. 

Calai. Sykes, n^ i245, puis coll. Woodburn; aujourd'hui au British Muséum. 
Gravé en fac-similé dans l'ouvrage d'Ottlej, A Collection. 

345. Saint Jérôme, Debout, dans l'attitude d'adoration, tenant une 
croix delà main gauche. A droite, un arbre derrière lui. 

Plaque ronde. Diam., 19 miliim. 

Plaque non décrite. Travail italien, très rude. 
British Muséum. 

— Saint Jérôme. (Voir les n~ 199, 230, 293, 300, 323, 372 et 379.) 

346. Saint Joseph (?). Il est à mi-corps, vêtu en religieux et nu-tête ; 
il tient un bâton de la main droite, un livre est sous son bras gauche. 
(Duch., y 169.) 

Diam., 21 mîl]im. 
Collection Woodburn. 

— Saint Laurent. (Voir les n»* 309 et 314.) 

347. Saint Léonard^ une sainte et saint Janvier. A gauche, le 
premier saint vu de trois quarts, tourné à droite, la tête tonsurée, 
vêtu d'une dalmatique par-dessus une robe. Sa main gauche est posée 
sur la poitrine, et dans la droite il tient des chaînes. A côté de lui, sur 
fond noir, l'initiale L. A droite, un religieux tourné vers la gauche, 
tenant dans la main droite un livre et une branche ; à côté de lui, l'ini- 
tiale I. Entre eux deux, une religieuse, vêtue d'une robe et d'un man- 
teau à capuchon relevé. Au-dessus de sa tête, une banderole portant 
l'inscription (dont plusieurs lettres sont liées) : fides-tva.te-salvam. 
FEGiT. Les nimbes des trois personnages sont cannelés. (Duch., 
n«324. — Passav., t. P^ p. 281, n*» 324, et p. 307, n« 565.) 

Diam., 48 milliro. 

Catalogue Sykes, n^ 1245, fpuis collection Woodburn. Aujourd'hui au British 
Muséum. Fac-similé dans Ottley, A CoUecOon. 



P.LAQUES NIELLÉES 05 

Duchesne a donné une description inexacte de ce nielle et Ta classé sous le titre 
d'Allégorie sur le Martyre, tandis qu'il ne s'y trouve aucun emblème qui puisse y 
autoriser* Ottley y a vu un saint Laurent et un saint Antoine de Padoue. Cependant 
l'objet que tient le premier n'est ni un gril ni un instrument de supplice quelconque, 
comme le prétend Duchesne, mais une chaîne, symbole de saint Léonard, ce qui con- 
corde, d'ailleurs, avec l'initiale placée à côté de lui, et désignant, sans doute, comme 
cela se voit souvent, le nom du saint. Ceci établi, on peut conjecturer que l'initiale I 
indique que le second saint peut bien être saint Janvier (lanuarius)^ dont le culte est 
très répandu en Italie {Gennaro). Ce nielle est, en effet, bien italien et d'un très beau 
travail . 

Passavant en a donné deux descriptions différentes. 

— Saint Luc. (Voir les n*^ 221, 319, 365, 370.) 

— Saint Marc. (Voir les n^* 220, 318, 364, 371 et 403.) 

348. Saint Martin. Il est à cheval. (Duch., nM82.) 

Diana., 21 raillim. 
Travail italien du seizième siècle. 
Catalogue Malaspina, t. IV, p. 328, n» 16. 

— Saint Mathieu. (Voir les n«' 322, 317, 363, 374.) 

349-350. Les archanges Michel^ Gabriel et Raphaël. Ils sont de- 
bout. Saint Michel, placé à gauche, tient une épée d'une main, et de 
l'autre, le globe du monde surmonté d'une croix. Gabriel, à droite, 
tient une branche de lis de la main gauche. Au centre, est Raphaël, 
la main gauche à sa ceinture. Dans le fond, un château. — Sur le re- 
vers : la Vision de saint Be^mard, vu de profil, assis devant un 
bureau et écrivant dans un livre. A gauche, la figure de la Vierge, 
à mi-corps, tenant une banderole, et soutenue en l'air sur les ailes de 
plusieurs chérubins. Derrière le siège du saint, une figure. Le fond 
offre un paysage rocheux avec arbres. (Duch., n*^ 167 et 183.) 

Diam., 46 millim. 
Catalogue Sykes, n* 1241 ; aujourd'hui au British Muséum. 

351. Saints Michel, Gabriel et Raphaël, debout. (Duch., n® 166.) 

Diam., 46 millim. 

Duchesne indique cette plaque comme ayant appartenu au prince Poniatowski. 
{\e n'était peut-être qu'une copie de Tune des précédentes, dont les dimensions et le 
sujet sont identiques . Une copie dessinée au trait était dans le cabinet Sykes, n* 1210. 

NIBLLBS. 5